XII. Lucius Ampelius, Voy. N» II
\{U,£[nstolaadJoh, Beverot^icium, in J. Beverovicii libro : De calcule renum et vesicœ (Lugd. B., Elzev., i 638, in- 16).
XIV. De Usuris liber, Lugd. Bat., ex ofl'.£lseviriorum,l638,iu-So,pp.686, sans les Index et la Préface. C'est le premier des ouvrages de notre savant qu'aient édité les Elzévirs et encore ne s'y prètërent-ils que de mauvaise grâce. L'impression s'en ût très-lentement « par la malice de l'imprimeur, qui, &crivait Saumaisc,esl à vendre et à dépendre à mon antagoniste. »Ën 1 634, il marquait à P. Dupuy : « Les Elzévirs qui sont les meilleurs [imprimeurs ici] sont en la puissance de celui que vous sçavés [Daniel Heinsius] et ne font que
pour ceux qu'il veut . Il les a empeschés jusques ici de rien faire pour moi. d Saumaise rappelle dans sa préface, adressée à Jean de Coppenburg, docteur en théologie et pasteur à la Brille , en Hollande, qu'ayant été retenu par les glaces dans celte petite ville, à son retour de France, en 1 637, ce pasteur lu! avait demandé son avis sur un traité qu'il avait publié contre le prêt à in* térèt et qu'il se disposait à traduire du flamand en latin. Saumaise ne lui dissimula pas qu'il différait de sentiment avec lui; que, dans son opinion, le prêt à intérêt n'était contraire ni au droit naturel ni au droit positif divin, et il promit de lui envoyer, après son retour à Leyde, ses raisons par écrit. Il tint parole, mais ce qui devait n'être qu'une simple lettre devint un gros volume tout bourré de savoir; la question de droit y est noyée dans des flots d'érudition. De nos jours, nos économistes ont traité la question plus humainement, qu'on nous permette cette expression ; mais ils sont tombés dans un autre excès, ils l'ont traitée en mathématiciens qui prétendent tirer d'un principe reconnu pour vrai les dernières conséquences. Ni les érudits, ni les mathématiciens ne sont des hommes d'Etat.
Personne ne nie que l'argent ne soit une marchandise tout comme une autre, mais c'est une marchandise, nous dirions plus, une denrée de première nécessité et jusqu'à ce qu'on ait fondé des institutions nationales de crédit, il est bon de la soumettre à la taxe, de crainte d'accaparement, de coalition et par suite de disette factice. La liberté de faire ou de ne pas faire le mal ne doit pas aller au-delà des limites que lui assigne le bien-être de la société. L'intérêt du corps passe avant l'intérêt de l'individu. Ne donnons pas raison au fameux axiome de l'économiste ; que le droit s'arrête là où l'immoralité commence. La question était brûlante. Malgré tous ses ménagements et son honnêteté reconnue, Saumaise souleva une grosse tempête : théologiens et jurisconsultes descendirent à l'envi sur le
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terrain^ l'injare à la bonche. Le combat qui dura plusieurs années, coûta à notre savant la perte d'un temps précieux qu'il aurait pu mieux employer.
Selon Papillon, Saumaise se tira assez mal de cette dispute, surtout à l'égard des jurisconsultes qui le raillèrent avec quelque justice d'avoir avancé trop légèrement des paradoxes sur une matière qu'il n'avait pas suffisamment approrondie. Mais il eut néanmoins ses partisans et qui n'étaient pas des plus petits, Grotius entre autres. «De tuo judicio série triomphe, lui répondait-il.
Apud me pluris es quàmsi omnesquotquot hodiè vivunt homines benè de eo [libre]. sentirent, tuque solus disseniires. »Dans une lettre du 1 0 mai 1 638, il écrivait à Dupuy : « Ce qui Tasche nos ministres est que je monstre par l'antiquité que Tusure doit seulemei\testr6 deffenduë aux ministres de l'autel, et non point au peuple. Ils n'osent dire que c'est ce qui les Tait crier. Mais en effect, c'est là l 'encloiiure . » Méchanceté toute gratuite, car s'ils condamnaient absolument l'usure, ce ne pouvait être pour s'en réserver le bénéfice. Ne sontils pas^comme tous les autres chrétiens, soumis à la loi qu'ils enseignent? Saumaise divisa sa matière en deux parties : il recherche dans la première si le prêt à intérêt (et non pas l'usure) est autorisé par les lois divines et humaines, ce qui forme son premier volume; dans la seconde, il traite des mesures à prendre pour régler le taux de l'intérêt, per quœ impedialurnc res con^ fessœ etprobaiœutiUlaliSySi moderata sityinperniciem couver latur nisi intra suos ac légitimas co'érceatur fines. Ce second volume parut l'année suivante.
On ne peut disconvenir que notre savant n'ait soutenu unebonne cause,celle du progrès, mais il aurait dû le faire en économiste et non pas en pédant.