‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 59 sur 241 · IX. Vermischte Schriften, Berlin, 1850, 5 vol. in · texte numérisé non relu

IX. Vermischte Schriften, Berlin, 1850, 5 vol. in

SAVION (Louis), de Nismes, réfugié à Genève pour cause de religion, y obtint les droits de bourgeoisie le 9 mai 1 555. Son fils, Jean, né en 1 565, conseiller en 1 594, six fois syndic dans respace de 20 ans, de 1608 à 1628, et président du tribunal en 1623, rendit des services à sa ville natale dans différentes missions dont il fut chargé tant en France qu'en Savoie. Un de ses descendants, Jacques, à laissé enmsc.

Métnoiresrecueillis pour servir de suite aux chroniques de Michel Roset, de 1562-1603.

En 1670, le commissaire général des troupes suisses au service de France portait un nom presque identique : il se nommait Gabriel Sauvion et descendait également de Réfugiés français.

SAVOIE (Clau de de) comte de Tende et de Sommerive, flls de René, dit le Grand bâtard de Savoie, et d'Anne Lascaris, né le 27 mars 1507 et mort subitement à Cadarache, le 23 avril 1566. Le comte de Tende épousa en premières noces Marie de Cbabaunes, qui lui donna plusieurs enfants, entre autres. Renée, mariée dans la maison d'Urfé, Anise, qui fut successivement la femme de Jacques de Saluces, à" Antoine deClermont-d'A mboise et de Georges de Clermont'Gallerande ( 1 ) , et Ho-

(1) Selon d'aairw, Ajum éuitnée da second lit.

SAV

SAV

norat^ comle de Sommerive, puis de Tende^ après la mort de son père^ le principal cher des Catholiques enProvence^niort empoisonné àMontéllmart^ le S sept. 1572. Resté Teuf^ le comte de Tende se remaria avec Françoise de Foix y qui le rendit père d'un second flls^ Rbné^ seigneur de Cipièrbs.

AUié à la famille de Montmorency, le comle de Tende devait être naturellement porté à prendre le parti des princes du sang contre les Guise. L'exemple de sa seconde femme^ qui avait embrassé les opinions nouvelles , devait aussi lui inspirer des sentiments favorables aux Réformés; cependant nous ne voyons pas qu'il se soit déclaré ouvertement cbef du parti huguenot en Provence,avant l'explosion des guerres civiles. C'était^ selon de Thou^ mti ingenio vir et qui naturd iranquilUiati publicœ studeret, a II était bon^ditaussl un auteur contemporain^droiturier^ aimant justice et raison , ennemi d'oppression et de tyrannie^ Adèle serviteur du roi et ami du pauvre peuple. » Le même écrivain ajoute qu'il ne fut ja* mais protestant ; il aurait dû dire seulement qu'il ne fut Jamais fanatique.

Nous avons dit ailleurs que la ville d'Aix^où dominait un parlement ultracatholique, refusa d'exécuter l'édit de Janvier et d'ouvrir ses portes aux commissaires du roi, chargés de son exécution (Voy, IV, p. 128). Crussol alla donc trouver le comte de Tende, pour le prier de lui prêter main-forte en sa qualité de gouverneur de la province.

Tende, qui n'avait point de troupes à sa disposition, et qui désirait d'ailleurs éviter reffusion du sang, eut recours d'abord aux négociations. Ses propositions ayant été rejetées avec mépris, il se vit alors dans la nécessité d'employer la force. Il appela à son aide les Protestants qui s'étaient assemblés à Riez, sous la présidence de V orages y afin d'aviserauxmesuresàprendre pour triompher de la résistance des Catholiques, et marcha à leur tête contre Aix, oii Flassans commandait. Avant d'en venir aux mains, le sage gouverneur s'a-

dressa encore une fois au parlement , qui lui ouvrit les portes de la ville, les modérés y ayant par hasaid obtenu la majorité. Tende entra donc dans Aix, accompagné des commissaires royaux, nomma de nouveaux consuls, désarma les habitants et y laissa pour gouverneur Antoine March, dit Tripoli. Il se mit ensuite à la poursuite de Flassans, chef des ultra-catholiques, qui venait de passer au Ûl de l'épée la population entière de Tourves et s'était jeté dans Barjois. La place fut emportée d'assaut et les Protestants y exercèrent de terribles représailles. La tranquillité rétablie, au moins en apparence. Tende, à la prière du parlement, donna ordre de dissoudre les compagnies, ne gardant auprès de lui que cent cavaliers dont il donna le commandement à Mou' vans ; mais il se vit bientôt forcé de les rappeler sous les drapeaux.

La Popelinière affirme que le comte de Tende fut du nombre des seigneurs compromis par les dépositions de La Sague, La vigueur qu'il venait de déployer contre les Catholiques fanatiques était d'ailleurs très-propre à le rendre suspect au triumvirat. Mais le destituer pouvait être dangereux; on eut donc recoursà un autre moyen, qui s'accordait mieux aussi avec la politique de la reine-mère. On le laissa en place, en lui opposant son Qls Honorât, qui s'était livré aux Guise, moins par zèle pour sa religion, que par ressentiment contre son père, dont il était devenu l'ennemi personnel. Nommé gouverneur de la Provence, avec pouvoir de commander même lorsque le comte de Tende serait dans le pays, Sommeri ve s^'empressa de lever des troupes et commença à persécuter les Huguenots avec un cruel acharnement (Koy. Pièces Justif., N« cm). Pour arrêter les atrocités qui se commettaient, le comte de Tende assembla des troupes à son tour. Il donna le commandement de la cavalerie à son fils Cipières, alors âgé d'une quinzaine d'années, et celui de l'Infanterie à son gendre, puis 11 alla attaquer le cbàtean de Lauris qu'il prit et livra an pillage.

SAV

SAV

Toutes les villes au delà de laDurance tombèreut successivement en son poa- YOir, à l'exception de Perthuis^ oh s'était retiré Sommer! ve. Une mine fit sauter un pan de la muraille ; mais^ au moment de livrer l'assaut, l'amour paternel fit oublier au comte l'ingratitude de son flls^ et il leva le siège. Sommerive fut peu touché de cette marque d'affection; il n'y vit qu'un signe de faiblesse et n'en devint que plus audacieux. Il se mit à la poursuite de son père et le força à s'enfermer dans Sisteron. Reconnaissant trop tard sa faute ^ Tende envoya Cipières et Mouvons en Daupblné pour demander du secours à Des Adrets, qui marchait alors sur Grenoble. Heureusement peut-être pour le comte^ que Sommerive M, vers le même temps^ appelé dans le comtat Yenaissin, et qu'il ne revint attaquer Sisteron qu'après cette expédition marquée en caractères de sang dans l'histoire par le premier massacre d'Orange (Voy, m, p. 217). Le comte avait eu le temps de rassembler 4000 hommes d'Infanterie et 500 chevaux. M Jugeant point à propos de rester enfermé derrière des murailles, il confia la défense de la ville à Beaujeu (Voy. ce nom)^ et alla camper avec le reste de ses troupes sur le plateau d'Enlraix.

L'arrivée de Sorrèze et de Mouvans, le 18 juin., à la tète d'un renfort, enlevant à Sommerive l'espoir de se rendre maître de Sisteron^ il leva le siège; mais une nouvelle faute du comte de Tende qui écrivit à Cardé de différer l'attaque du camp catholique, a ayant l'espoir de défaire l'ennemi sans perte en peu de Jours, »lui permit de le reprendre dès le 27 août. On en connaît l'issue (Koy. BiXTHASAR DB GËRENTE). Lorsque la paix se conclut, en 1 563^ le comte de Teqde, qui s'était retiré à Turln^ rentra en France et fut un des commissaires pour l'exécution de l'édit en Provence.

Le 20 déc. de la même année, Tambassadeur d'Espagne annonçait à sa Cour, que l'on était sur le poiut d'éter l'autorit^ au comte de Sommerive^ « qui a faict merveilles ces années passées, »

dit-il, et de remettre le pouvoir entre les mains du comte de Tende, « ung vieul fol, qui s'est faict huguenot par le moyen de sa femme, n) C'est la demie»

re fois que l'histoire, à notre connaissance, fasse mention de ce seigneur.

Son flls René, sieur de Cipières, lui ressemblait beaucoup , au rapport de l'historien de Thou; il était d'un caractère aussi doux et aussi aimable. S'il faut en croire les Pièces fugitives d'Aubaïs, il avait été destiné à l'état ecclésiastique, et avait même été pourvu de l'abbaye de Sorrèze. Son extrême Jeunesse ne lui permit pas déjouer un rêle bien important dans la première guerre civile; mais il se signala, danslaseconde, parmi les plus vaillants chefs huguenots. Dès que la nouvelle arriva en Provence que Condé avait repris les armes, Cipières, secondé par Valavoire, SainUDidier, Rives, de Digne, Sénas, Malijai, Beaujeu , Tourettes , Barge' mont, La Burlière, Saint-Martin, de Bormes, Thanaron, etc., se saisit de Sisteron. Appelé dans le Languedoc, il en partit le 15 oct., laissant dans la place, comme gouverneur,^eauj>u,qul céda bientôt après le commandement à Valavoire, llarrivaàNismesle 1 Onov., aida les Nismois à s'emparer du château, et courut au secours de à' Acier, qui assiégeait le fort Saint-Pierre (Foy. IV, p. 133). Après la prise de ce fort, il contribua , comme nous l'avons dit ailleurs, à faire lever le siège du Pont- Saint-Esprit; puis, averti que Saint- Martin (1 ), qui avait succédé à Valavoire, était vivement pressé dans Sisteron par Sommerive, il se sépara de d'Acier pour voler à son secours, à la tête de plus de 6,000 hommes, commandés par les capitaines dauphinois Oroze, Furmeyery Champoléon, Lesdiguières, Saint-Bonnet, de Serres, La B loche. Du Rival, Salette, La Grraudière , Bochet et PUhon, Les Catholiques levèrent le siège, et Sisteron, où Cipières laissa le capitaine Coste^res-

(1) Ce Balat-llartiB, f«l éUlt, dit-on, «tndn P. Boagerâl.

SAV

SAV

U au pouvoir des Protestants just^k la paix.

Daos le court intenralle qui sépara la seconde de la troisième guerre^ Glpières, ayant appris que le doc de Sa* voie^ son parent, s'étail rendu à Nice, voulut aller lui offrir ses respects. A son retour, il fut averti que trois cents assassiDS, sous les ordres du baron Des Arcs, enseigne du comte de Tende, son frère, l'attendaient dans un bois pour l'égorger. liévitaceguet-apens et arriva àFréJus avec son escorte de SO à 40 cavaliers, suivi de près par I^es Ares^ qui, ameutant la populace au son du tocsin, alla l'attaquer dans l'b^tellerie ou 11 était descendu. Les magistrats s'interposèrent, et Des Arcs consentit à se retirer si Gipières et les gentilshommes de sa suite déposaient les armes.

Ainsi fut fait ; mais une heure après, Il revint et fit massacrer tous ceux qu'il trouva dans rhétellerle. Surpris de ne point reconnaître Gipières parmi les morts et se doutant que les consuls Ta* valent caché, il le leur demanda en leur promettant par serment de lui sauver la vie. Dès qu'il le tint en son pouvoir, il le fit poignarder, le 50 juin 1508. Ce meurtre infÀme resta impuni,ce qui ]ustifla le soupçon qu'il avait été commis à l'instigation du comte de Tende, qui ne voulait pas partager avec son frère l'héritage paternel. La mort de Gipières n'empêcha pas le parlement de ToutoQse de le comprendre dans son arrêt (1) contre les auteurs de la Mlchelade.

S A VOIS (Pierre), ministre de 1% vangile , assista , com(ne pasteur de Lectoure, à l'assemblée de Lunel en 1614. Appelé, quelques apnées après, à desservir l'église de Castres, il fut député au Synode national de Charenton, en 1623. Interdit par la Chambre de l'édit de Castres, U porta plainte au Synode national de Cbarenton, tenu

(1) Dans Tarrêt rapporté p^ VkMTit il Mt >rpelé Pierre de Satoie ; c'est uoe erreur, dani laquelle il nous a entretnè [Voy. I^p. S6). Glpièrtf n'aiistant pins, De poarait être eondamA à Bor|{ anasl la parlaiiiaiit m 6paiml»4-U 4'arriaik ner la confticatloB de sei bien*. ;

en 16S1, qui ordonna aux députés généraux de poursuivre la cassatloa de l'arrêt devant le Conseil privé. Sar vois fut rétabli dans ses fonctions, et pendant plus de vingt ans encore, tl continua à édifier son église. En 1651^ il fut appelé à présider le synode du Haot-LaDgoedoc, qui se tint à Castrei le 14 sept. Cinquante-six églises y éh talent représentées : 4 par plasieurt pasteurs ou anciens, savoir; YabrOj Rigail, min., de Castelverdun et Du Teil, anc. ; Castelnau, Sers, min., d« Fonblanc eiBey, anc; Castres, Saix/itj Gâches et Jaussaud, min., Malacare et de Crouao (?), anc; Montauban, ÀrbussiyialJï.fiarrisson et Bossaldi^iXDCi — 24 par un ministre et un ancien :

Angles , Balaran et de La Porterie; Brassac, Vialasei Laraguion; La Crouxette. Violas et Térond;Là Cabarède, Carrière eiPost; La Canne, de La ilf> voire et Brousson ; Roquecourbe, Coras et Célarier; Esperausses, Ollier et û'Escroux; Paulin, Cayrol et Lavivie; Cajarc, Selon et Cajarc; Milhau, iirbussi et Conducher; St-A(frique, Claude eiBoyer; Gaumont, Hubert et S.

Crou (?); Sorrèze, Bourdin et La Blaquière; Puy-Laurcns, Bonne fons et Foumi^r; Revel, Bonne fons ei UmUermi; Mazamet,Gérar(iet Be/;St-Paul-Hmiatle. Voisin et de Scalber (?); Manr vesin, Texier et Mourin (?) ; L'Isie- Jourdain, La Serre et Faria; St-Anthonin, Bardon et Bruguière ; Gaus(K|de, Baux ei Froisse; Négrepelisse ^ Gaillard aXs et Monteil; Bruniquel»

Terson et Sorte; Verlhac, Brassard et Grujat; — 18 par leurs ministres seulement : Réalmont, Vignier ; Montredon, Desplanes; St-Jean-du-BreuU , Jac(mes; Ponl-de-Camarès, Maroui^; Mazeres, Gaussides fils; Séverac, Aforsolan ; Les Bordes, Gale ; Le Carla,Bavle; Mas-d'Azil, Boudin; Saverdon, iff val; St-Amans, de Lespinasse; AniJllon, Maillebiou; Mas-Garnier^ LamQtie; Réalvilie, Barbât; Mauzac, J?er^lier; Le Bias, ùe Roche fort; Corbariffi)^

Cruvel; Puicasquier, Frp^jeTt— CW»maing envoya deux anciens : Caias et

SAV

SAV

Banoun; — 6 églises n'cD dépulèrent qji'xin : Ferrières, le baron de Ferrie" fes;SéDéga8^ le baron de S^n^^(u; La Case, Lautter; Cenevières^ de LaGentié ; St-Sever^ de Linas ; Pont-de- Larn^ de Montledier, Enfin Viane> Briatexte et Sain(-Rome-de-Tarn nefarenl point représentés^ leurs ministres /.Groj^et, Joseph Grasset et NadcU s'étant excasés (Arch, gén, Tt. 290). Pierre Sa- Tols moarot en 1655. Son éloge^sous le titre de La Mort de P. Savois, a été écrit par Jean Baricave, ministre à Castres ; nous ne savons s'il a été imprimé.—Nous ignorons aussi quel degré de parenté unissait au pasteur de Castres Alexandre Savois, mort à Franeker en 1 722, à qui Ton doit Catalogus librorum bibliothecœ publicœqtiœ est in illustri academid Franequer<i-' nâ, Franeq., 1723, in-fol., et Pierre Savois, son fils sans doute, qui nous est connu par une dissertation De generatione hominis ex ovo , Franck. , 1711, ln-4».

SAVONIÈRE (N.), un des chefs du tumulte qui éclata à Montauban en 1661 , lorsque le gouvernement de Louis XIV dépouilla les Protestants de leur collège pour le donner aux Jésuites. Depuis quelque temps déjà, les fils de Loyola avaient été mis en possession delamoitiédececoUége.Eni 661, selon leur habitude, ils voulurent faire jouer une tragédie par leurs élèves, et, avec l'autorisation du recteur, ils se construisirent un théâtre dans la cour qui servait habituellement de promenoir aux écoliers protestants. Il n'en fallait pas tant pouf échauffer des collégiens.

Dans leur irritation, ces Jeunes éventés démolirent le théAtre et gouonèrent les élèves des Jésuites. Le magistrat, informé de ce désordre, fit mettre en prison quelques-uns des plus mutins. Cette sévérité , qui violait d'ailleurs les privilèges académiques , ne servit qu'à exaspérer leurs camarades; ils coururent à la prison et les délivrèrent. Un gouvernement sage et paternel n'aurait vu dans la conduite de ces Jeunes gens qu'une escapade d'écoliers;

mais le Conseil du roi y trouva l'occasion de frapper sur les Huguenots. Hotman. Intendant de justice, reçut Tordre de donner tout le collège aux Jésuites. Les Réformés, qui formaient encore à cette époque la grande majorité des habitants, ne purent se voir tranquillement dépouiller de ce qu'ils regardaient , non sans raison , comme leur bien. 11 se forma quelques attroupements que la prudence des magistrats et les exhortations des ministres dissipèrent bientôt. Tout serait promptement rentré dans Tordre, si le Conseil n'avait jugé à propos de faire de la force. Saint-Luc, lieutenant du roi en Guienne, reçut Tordre de marcher sur Montauban. Il y entra, à la tète de 4 à 5000 hommes, qu'il logea exclusivement chez les Protestants, en sorte que telle maison en reçut jusqu'à 25, surtout après qu'on eut pris le parti de décharger du logement les apostats.Holman, de son côté, se mit à informer.

Plusieurs personnes furent arrêtées.

Deux des accusés furent pendus, dont l'un était un prosélyte; d'autres condamnés au fouet , d'autres au bannissement. Du nombre de ces derniers fut Sayonière, le seul des condamnés dont le nom soit arrivé jusqu'à nous. Comme la sentence prononçait la confiscation de ses biens, sa femme, i4nne Cayla, voulant conserver ses droits, se pourvut devant la Chambre mi-partie de Castres, qui, conformément à la législation en vigueur, la maintint dans la jouissance de ses biens paraphernaux ; mais un arrêt du Conseil cassa l'arrêt de la Chambre de Castres. Le gouvernement ne s'arrêta pas d'ailleurs en si beau chemin ; on dirait que S. M. voulait venger Taff^ront subi par son père devant Montauban. Le reste des fortifications fut démoli, le consulat ôté aux Réformés, et Tacadémie, qui faisait vivre beaucoup d'habitants, transférée à Puy-Laurens.

SAVOYE (Dànibl), peintre et graveur, né à Grenoble, en 1 644, et mort à Erlangen, en 1 7 1 6. Il étudia à Paris sous Sébastien Bourdon t pois il entre-

SAX

SAX

prit, pour achever son édncation, on Toyage en Italie, en Hoilanée, en Angleterre et en Allemagne. A la fin, il se fixa à Dresde où il séjourna 1 8 ans. Son œuvre consiste en une foule de petits sujets, dont beaucoup, dit Nagler, doivent s'être perdus. En effet, nous ne trouvons le nom de Savoye dans aucun catalogue. La Galerie de Dresde ne possède de lui que le Portrait de $a /tf mmf . B . Vogel,Hekenauer,Marchand, J.-A. Seupel, Seiier, G.-P. Rugendas, J.-G. Wolfgang, etc., ont gravé de ses portraits. On a de lui-même plusieurs gravures : l« La fuite en Egypte. La Sainte famille se repose auprès de la fontaiue, trois anges l'entourent; à gauche, se voit l'âne attaché à un arbre. Signé D. S. se. — 29 Suite de 12 petits sujets de genre, avec soldats et officiers dans dilTérentes poses. Ces gravures, dit Nagler, ne rappellent pas la manière de la feuille précédente ; mais, comme elles portent la signature D. S. sculpsit, on peut les lui attribuer, à moins qu'elles ne soient du peintre flamand Charles de Savoye, qui vécut dans le même temps. — 5<» Costumes de la Noblesse française sous Louis XIII, fond de paysage. Cette suite de 6 petites feuilles, avec le monogramme de Daniel Savoye , est très- rare.

SAXE (ARMUfius-MAURiCB db), un des plus grands capitaines de son siècle, fils naturel d'Auguste II, électeur de Saxe, et de la comtesse de Kônigsmarck. Quoique né à Dresde, le 19 octobre 1 696, il appartiendraiiàlaFrance par l'éclat que ses victoires ont Jeté sur le règne de Louis XV, lors même qu'il n'aurait pas obtenu, en 1 746, des lettres de naturalité en récompense de ses glorieux services.

Les premiers penchants de Maurice de Saxe révélèrent un homme de guerre; les exercices militaires furent l'unique amusement, la seule occupation de son enfance. A l'âge de douze ans, il s'arracha des bras de sa mère, qui l'adorait, pour aller servir comme volontaire dans Tarmée du prince Eugè-

ne. 11 assista au siège de Lille en 1 708, et, l'année suivante, il remplit les fonctions d'adjudant à celui de Tournai, oà il eut un cheval tué sous lui. Le mépris du danger qu'il montra à la bataille de Malpiaquet lui mérita des éloges et lui attira en même temps des réprimandes de la part du prince Eqgène. Avide de gloire et de dangers, tl alla offrir, en 17I 0, son épée au ciar Pierre, qui faisait le siège de' Riga; mais, la ville prise, il retourna en Flandres. Il se trouvait au siège de Béthune, qui se rendit le 29 août. Kn 1711, il suivit son père en Poméranie» et se signala par son intrépidité au siège de Slralsund. Charmé de la valeur de son ûls, le roi Auguste lai permit de lever un régiment de son nom. Maurice apporta le plus grand soin dans le choix de ses officiers , et forma une troupe d'élite à la tête de laquelle iicombattità Gadebuscb. Trois fois il ramena à la charge son régiment, qui fut presque détruit, en sorte qu'il ne put prendre part aux opérations de la campagne suivante. L'inaction à laquelle il se trouva ainsi condamné, laissa dans son cœur un vide que vinrent combler de faciles amours.

Dans l'espoir que le mariage amortirait rimpétuosité de ses passions , aa mère lui fit épouser la comtesse deLoben ; mais son attente fut trompée, et cette union malheureuse fut finalement rompue par un divorce. Après avoir remis sur pied son régiment, Maurice partit pour la Poméranie, qui était tlors le théâtre de la guerre. Les Confédérés de Saudomir ayant tenté de l'enlever eu route, il leur échappa auprès une défense héroïque que l'on a comparée à celle de Charles XII à Bender. Après la prise de Stralsund, défendu par le roi de Suède en personne, et la conclusion de la paix , le jeune comte, qui ne pouvait supporter les hauteurs du ministre favori de s^ père, alla comkmttre comme volontaire en Hongrie sous les drapeaux du prince Eugène. Au retour de cette campagne, Auguste II le décora de l'ordrede

SAX

— ao6 —

SAX

l'Aigle blanc; mais le séjoar de Dresde ne Ini en devint pas plus agréable^ en aorte que^ dès 1720^ il flt on voyage en France , où il trouva une noavelle patrie. Le duc d'Orléans , à qui il fut présenté, lui proposa d'entrer au ser- Tice de Louis XY avec le grade de maréchal de camp. Maurice accepta du consentement de son père, et il obtint en même temps un régiment d'infanterie allemande, qu'il s'appliqua à exercer d'après une nouvelle méthode, fmit de ses méditations et de son expérience. Dès lors, entouré d'un petit eerde d'amis, au nombre desquels on eomptait le chevalier Folard, qui devina son génie, le comte de Saxe se li- Tta avec ardeur à l'étude des mathématiques, surtout de la partie qui concerne l'attaque et la défense des places, fuyant la Cour et ne cherchant de distractions que dans la société des actrices ou d'autres femmes aux mœurs légères. Les Courlandais l'enlevèrent à cette vie de travail et de plaisirs en rélisant duc de Gourlande, en 1726.

Maurice, acceptant l'honneur dangereux qui lui était offert, partit sur-leehamp pour Mittau. La duchesse douairlèfe Anne Ivanovena, nièc« de Pierre-le-Grand, qui s'éprit d'amour pour lui, se prononça en sa faveur ; mais la Clarine Catherine se déclara son ennemie, et les Polonais, de leur c^té, le proscrivirent. Maurice essaya de lutter à la tète d'une poignée de soldats que la générosité de M^i* Lecou- ? reur, sa maîtresse, le mettait en état de soudoyer, jusqu'à ce que les Etats de Courlande, intimidés par les Russes et les Polonais, eussent consenti à animler son élection. Dans cet abandon général, Maurice comprit que la partie était perdue; il revint donc à Paris, en i 729, et se replongea dans les voluptés et dans l'étude. La guerre suscitée par l'élection de Stanislas Lec- Itnski au trône de Pologne, lui ouvrit enfin la carrière qu'il devait parcourir avec tant de gloire. Employé à l'armée dn Rhin, sous le maréchal de Berv^ ick, fl se fit remarquer par son courage

intrépide, notamment à la prise de Kebl, qu'il fut chargé d'investir, à Tailaque des lignes d'Etlingen, où il décida la victoire , et à la conquête de Philipsbourg. Elevé au grade de lieutenant-général en J 734, il servit successivement sous les maréchaux d'Asfeld et de Coigny, et il eut l'honneur de tenir en échec le prince Eugène, qui ne put pénétrer dans le pays Messin. La paix, signée le i l avril 1 736, le condamna de nouveau au repos. Au retour d'un voyage à Dresde, dans le but de faire valoir ses droits sur la Courlande, l'objet constant de ses regrets, Maurice consacra ses loisirs h.

réfléchir sur ses campagnes et à coucher par écrit le résultat de ses méditations. Telle fut l'origine de ses Bé»

veries, ouvrage informe, sans doute, car Maurice n'avait reçu aucune éducation littéraire, mais écrit d'un style mâle et rapide et rempli de vues neuves, hardies, profondes. On sait que la mort de Charles VI replongea l'Europe dans les horreurs de la guerre.

Le comte de Saxe reçut le commandement de l'avant- garde dans l'armiée qui envahit la Bohème. C'est lui qui conçut l'audacieux projet d'enlever Prague par escalade. Chargé d'exécuter ce coup de main, il réussit, contrairement à l'opinion des plus vieux officiers, et, ce qui rehausse singulièrement sa gloire, il adopta de si sages mesures, que la capitale de la Bohême échappa aux horreurs presque inséparables d'une prise d'assaut. Après la reddition d'Egra, dont il dirigea le siège, il partit pour Pétersbourg dans l'intention de réclamer des biens appartenant à sa mère en Livonie. A son retour, il trouva la situation complètement changée. Les Autrichiens avaient pris une telle supériorité sur leurs ennemis, qn'il ne resta aux Français d'autre parti que d'évacuer la Bohème et de se replicrsurle Rhin. Pour lut témoigner sa satisfaction des services qn'il avait rendus dans cette campagne, Louis XV lui permit de lever un régiment de bonlaus, qu'il

SÂX

SAX

composa d'hommes choisis, eodorcis aux fatigues de la gnerre, et ifu'il cou* duisit en Alsace, où it fut chargé de la défense des lignes de Laulerboorg.

Peu de temps après, le roi le rappela pour le mettre à la télé de l'eipéditiou qu'on préparait contre l'Angleterre.

Une tempête ayant dispersé la flotte, il revint à Paris et fut déclaré maréchal de France. Dans la campagne de 1 744, il obtint le commandement de l'armée d'observation qui couvrit les sièges de Menin, Ypres et Fumes. A son départ pour l'Alsace, le roi le laissa en Flandres avec des forces trop inférieures à celles de l'ennemi pour qu'il pût rien entreprendre. Réduit ainsi à la défeiH sive, Il prit position derrière la Lys sous Courtray, et par ses savantes dispositions, il tint les alliés en échec et conserva les conquêtes faites au début de la campagne. Commandant en chef dans la campagne de 1745, le maréchal de Saxe, quoique malade, et près* que à la mort, déploya une activité surprenante. Sa première entreprise ftit le siège de Tournay. Les alliés ne totilurent point laisser tomber cette place importante sans essayer de la secourir. Le maréchal marcha à leur rencontrent prit position à Fontenoy.

La bataille s'engagea le i i mai, dès faube du jour. Elle dura jusqu'à trois heures, et, après diverses péripéties, un suprême effort donna la victoire aux Français. Tournay ouvrit ses portes aux TBinqueurs; Gand, Bruges, Oudenarde, Ostende, Nieuport,Ath, tombèrent au pouvoir du maréchal, que le roi récompensade ses services par une pension de 40,000 livres, avec la jouissance du château de Charobord. Maurice passa l'hiver à Gand, méditant la prise de Bruxelles, dont il s'empara en effet par un hardi coup de main; puis il revintàPa- Ms. Son voyage à travers les provinces ressembla à une marche triomphale, et son court séjour dans la capitale fut tne perpétuelle ovation. Dès le i 5 awil, il retourna à Gand pour ouvrir la isampagne de 1746, qui fut signalée par la prise de Malines et d'Anvers,

et par la glorieuse, nuds stérile vie»

toiredeRocoux (i i oct.). Par provision du J 2 janvier 1747, Louis XV, quoiqu'il n'aimât pas son général et qu'ilse méflât même de lui, parce qu'il était étranger et protestant, le nomma maréchal-général, titre qu'un général huguenot, le grand Turenne , et Villara avaient seuls porté avant lui. Les moifrvements de l'ennemi rappelèrent bientôt Maurice dans les Pays-Bas. Il fit occuper la Flandre hollandaise par le danois Lowendahl, et se chargea luimême d'assiéger Maëstricht ; mais avant de commencer le siège de cette forte place, il jugea nécessaire d'éloigner l'armée ennemie, qui occupait à Lawfeldt une formidable position. H alla donc l'y attaquer, le 2 juillet 1747. Après une lutte acharnée, le duo de Cumberland, qui commandait les alliés, se retira en bon ordre, et les Français, restés maîtres du champ de bataille, eurent une victoire de plus ù inscrire dans leurs fastes militaires.

Par provision du 1 3 janvier 1 748, le maréchal fut nommé commandant général des Pays-Bas. La paix, qui se conclut peu de temps après, mit m\ terme à ses exploits. 11 se retira à Chambord, oii il vécut an milien d'un luxe asiatique, partageant son temps entre les manœuvres, les bals, le»

concerts, les parties de chasse, les festins, la galanterie, et cherchant à oublier, au sein de plaisirs étourdissants, le duché de Oourlande, dont il avait failli d'être le souverain. Comme César, il eût mieux aimé être le premier dans un village que le second dans la capitale du monde. A cet égard, sa passion allait si loin, qu'il eut, dit-on, l'intention d'abandonner sa délicieuse retraite de Chambord pour aller prendre possession de la souveraineté de l'Ile de Tabago !

Mauricede Saxe avait reçu de la nature une santé de fer, une force prodigieuse. Sa haute taille, son teint basané, ses sourcils noirs et épais donnaient à sa physionomie quelque chose de dur qui était tempéré par un sou-

SAX

SAY

rire gracieux. Son abord était sévère et brusque; mais son cœur était plein d'humanité et sa générosité sans bornes. Avare du sang de ses soldats^ il se montra toujours Jaloux de leur bienêtre ; aussi en était-il adoré. Ses officiers s'accordaient à reconnattrQ en lui les talents du bon général, le coup d'œil , Tesprit de ressource, la vigilance, Tart de deviner les projets de l'ennemi, celui non moins difficile de garder le secret sur les siens, et le talent d'exécuter ses plans avec rapidité. Aussi l'armée française avait-^lle en lui une confiance entière, et le gouvernement même était si bien convaincu de son mérite , qu'il le laissait arbitre absolu de toutes ses opérations.

Les excès dans lesquels se plongeait le comte de Saxe avaient, depuis plusieurs années, ruiné sa robuste constitution, lorsqu'il fut attaqué d'une fièvre putride contre laquelle échoua tout le talent de Sénac, premier médecin du roi (I). H mourut le 30 no V. 1750. Son corps, transporté à Strasbourg, fat déposé dans le temple Saint-Thomas, où Louis XV lui fit élever un magnifique mausolée, chef-d'œuvre du célèbre Pigalle.

Après la mort du maréchal, on publia , comme extraits de ses papiers.

I. Mémoire sut V infanterie y La Haye, i 755, in-S«; Basle, i 753, in-8«; trad. en allem., Strasb., 1753, in-8*.

IL Mémoires sur l'art de la guerre de Maurice, comte de Saxe y ou ses Rêveries , augmentées d'une Histoire de sa vie, Paris, 1757, 2 vol. in-4o, avec flgg.; Dresde, 1 757, 2 vol. ln-8s avec flgg.; trad. deux fois en allem., Leipz., 1757, in-foL, et 1767, in-S*.

lU. Esprit des loix de la tactique et des différentes institutions mili' taires, ou Notes du maréchal comte de Saxe, commentées par Bonnei)ille, Lyon, 1762, in-4«, avec ûgg.

(1) Jean-Baplisle Sénae était né, en 1698,

4*iiie famille prolesianle de la Gascogne ; il vtni

même été proposant, s'il faut en croire la Biogr.

^ mi?.; mais il avait abjuré longtemps avant d'avoir

'acquis la moindre réputation. W dat sa fortune

Ml maréchal de Saxo.

IV. Lettres et mémoires choisis parmi les papiers du maréchal de Saxe, Paris, 1794, 5 vol. in-S».

SAY, famille protestante, vraisemblablement originaire du Languedoc, mais réfugiée en partie dans la Grande-Bretagne, où nous trouvons, dans le XVIII* siècle , un pasteur dissident, Samuel Say, mort à Londres en 1743, à l'âge de 68 ans, qui s'est fait connaître par un recueil de poésies, imp.

iii-40 sous ce titre : Poems, with two Essays on the /larmont/, variety and power ofnumbers, et un capitaine du génie, H. Say y dont on a Description of an instrument proper to measure the fx>lume of a body without plun* ging it into any liquida ins. dans le Journal de Nicholson (l 797).

Une branche de celte famille s'est fixée en Amérique. Thomas Say^ ayant abandonné l'église épiscopale pour se réunir à la secte des Quakers, se joignit à Guillaume Penn et alla s'établir en Pennsylvanie. Son fils Benjàmiii, médecin à Philadelphie, servit dans la guerre de l'indépendance. Il a publié, dans les Memoirs medic. (1792), Case ofa spasmodic affection ofthe Eyes.

Nous savons qu'il laissa plusieurs enfants de son mariage avec Anne Bon- «a//; mais nous ne connaissons que l'ainé, Thomas, né le 27 juill. 1787, qui fut élevé dans l'école des Quakers à Westtown, au sortir de laquelle il fut placé dans une maison de commerce.

Passionné, dès son enfance, pour Tétude de l'histoire naturelle, Thomas Say y consacrait tous les instants qu'il pouvait dérober à ses autres occupations. Peut^tre ses alTaires en pàtirenirelles; ce qui est certain, c'est qu'elles ne prospérèrent pas et qu'il perdit tout son patrimoine. Ses études favorites le consolèrent de sa ruine.

Appelé sous les drapeaux dans la dernière guerre des Etats-Unis contre l'Angleterre, il dut nécessairement les interrompre; mais la paix faite, il s'y remit avec un redoublement d'ardeur.

Dès 1812, c'est-à-dire dès sa fondation, rAcadcmie dcsscieaces naturel-

SAY

SAY

les de Philadelphie l'admit dans son sein; il lui rendit d'importants services, en prenant notamment la part la plus active à la rédaction de son Journal fondé en l8J7,et en enrichissant considérablement ses collections. Attaché aux expéditions qui furent envoyées en Floride, en 1817, dans les Montagnes Rocheuses, en i 8 i 9, et aux sources du S. Peter's River, en 1823, Il rapporta un riche bulin de ces excursions scientifiques. En 1825, il fut un des fondateurs de Ne^-Harmony.

C'est là qu'il se maria avec Lficy W.

Sistarcy de New-York, et qu'il composa ce que Ton possède de son Entomologie et de sa Conchyliologie. Sa santé affaiblie par l'excès du travail ne put résister à une attaque de fièvre typhoïde qui le conduisit au tombeau le 10 oct. 1833, pendant une visite qu'il flt à Philadelphie.

Ce laborieux écrivain a publié une foule d'articles très - remarquables , principalement sur les animaux invertébrés d'Amérique, dans le Journal of the Academy of natural sciences(T . I-V), dans les American philosophical Transactions (T. 1, II, IV de la nouvelle série), dans les recueils des Lyoeum de Philadelphie et de New-York, dans le New-Harmony Dissemluator .Dans l' Account of an expédition from Pittsburg to the Rocky Mountains performed in the years I819and 1820, tonte la partie zoologique est de lui. On lui doit aussi les notes relatives à la zoologie et à la botanique, une partie du voca« bulaire des dialectes indiens, etc., publiés dans le Narrative of an expédition to the source of S. Pèleras River, performed in the year 1 823. Tous les articles d'histoire naturelle dans l'édition américaine de l'Encyclopédie de Ni»

cholson, sont également sortis de sa plume. Enfln il est auteur de i4mmcan Entomologyy publié dans le Philadelphia Muséum (T. Mil) 1824-28, et du Glossaire imprimé en 1825; — de A* merican Conchology (six numbers and a glossary) imp. de 1830 à 1834, à New-Harmony, Indiana; — et de

T. IX

DescHpiionsofnew sptcits of curcwlionites of North Americaf New-Harmony, 1831.

Une autre branche de la même famille resta àNismes. C'est là qu'habitait,au commencement du XTin« siècle, Louis Soy, dont les deux fils François- SÀ]iuEL,pasteurà Wheler-Street (i),et JSÀN, marchand drapier, furent reçus bourgeois à Genève, le 28 août 1730.

C'est apparemment du second que descendait le célèbre économiste /eau- Baptiste Say, né à Lyon, le 5 janv.

1767, d'un négociant honorable.

Jean-Baptiste Say sortant de notre cadre, nous nous bornerons à rappeler les principaux incidents de sa vie, en prenant pour guide le très-bon article que Blanqui lui a consacré dans la Biographie universelle. Son père l'envoya en Angleterre pour y apprendre la langue anglaise et le commerce. De retour en France, il entra dans une maison de banque dirigée par Clavière, depuis ministre des flnances. Il débuta dans la carrière littéraire par une trèsmédiocre brochure sur \Si Liberté de la presse, Paris, 1789, in-8», qu'il publia sous le voile de l'anonyme. Mirabeau l'employa ensuite à la rédaction du Courrier de Provence. En 1792,11 fit la campagne contre les Prussiens.

Deux ans après, il fonda avec ses amis la Décade philosophique, dont il fut»

pendant six ans, le rédacteur en chef.

En 1799, il entra dans le tribunat, mais son amour pour la liberté le flt bientôt éliminer. Dès lors il ne reparut plus sur la scène politique; il se tourna du côté de l'industrie, et à force de travail, il réussit. Parlerons-nous de l'espèce de nouvelle sentimentale qu'il fit imprimer sous ce titre : Olbie ou Essai sur les moyens de réformer les mœurs d'une nation, Paris, 1800, in-8*, après l'avoir, sans succès, présentée à rinstitut pour un concours ?

(1) Nom foapçonnonf que ca François-Stffloel Mt le même que It poète dont nous «Tons perlé plu bMi, et peauétre le capiUine 4a génie H. 8ey eit-il identiqae etec Horae« Say, dont noni dirons un mot ai Heurt. Nooi a'tfonf tocaomoyw de noue en assurer.

SAY

Ce n^est pas snr de semblables bagatelles que s'est fondée sa répatation.

Elle repose sur une base bien autrement solide; nous voulons parler de son Traité d'économie politique, Paris, 1 805, 2 vol. in-8% réimp. six fols et trad. dans toutes les langues. An Jugement de Blanqui, si Say n'a pas trouvé les vérités fondamentales de la science qu'Adam Smith avait découvertes avant lui, il a su les fortifler par des preuves nouvelles, les exposer avec méthode et une grande clarté, et les mettre ainsi à la portée de toutes les intelligences. Ce qu'il y a de pins neuf dans son livre, c'est la théorie des débouchés. 11 démontre parfaitement la solidarité des peuples, la folie de la guerre, l'union de la paix avec la prospérité des nations. Certes on reconnaltraavec Blanqui^qu'il fallait du courage, sous l'Empire, pour prêcher la paix au milieu de guerres sans cesse renaissantes, la liberté du commerce eaprésence du blocus continental, l'allégement des charges en regard de Taugmentation des impôts de consommation, réconomie au sein d'un effroyable gaspillage. Ce courage, Say l'a eu; c'est un titre de gloire; mais, d'un autre côté, il faut avouer que s'il a fort bien signalé les sources de la richesse publique, il a laissé à ses successeurs le soin de résoudre le terrible problème de l'équitable répartition des produits du travail. Après la restauration, il alla en Angleterre pour constater la situation industrielle du pays. A son retour, il fit paraître De l'Angle' terre et des Anglais , Paris, 1815, in-8o; 3« édit., 1816, suivi bientôt du Catéchisme d économie politique, Paris, 1815, in-12; 2«édit. augm.,Paris, 1822; nouv. édit. avec uue Préface de Ch. Comte,Paris,1834,in-i2.

Quelque temps après, sous le titre de Petit volume contenant quelques operçus des hommes et de la société, Paris, 1817, in-18, il publia un reeueil de pensées, où il se montra» tel qu'il était dans la vie privée, sceptique, railleur, ennemi de tout préjugé, sé-

vère pour lui-même comme pour autrui, indépendant, laborieux, économe. » Cependant ses doctrines , qui comptaient déjà un grand nombre de partisans, rencontraient aussi dans Halthus, Ricardo, St^morufi et d'autres de puissants antagonistes. C'est au milieu des luttes qu'il eut à soutenir pour les défendre, qu'il fut appelé à donner au Conservatoire des arts et métiers des leçons qu'il publia sous ce titre: Cours complet d'économie politique, Paris, 1828-50, 6 vol. in-8o,(( vaste encyclopédie économique, ditBlanqui,oii Say a réuni les faits destinés à lustifler ses théories et à les éclairer.» Le gouvernement de Juillet l'appela à la chaire d'économie politique au Collège de France. Il ne la remplit pas longtemps. Une attaque d'apoplexie termina ses jours le 15 nov. 1852. Il laissa de son mariage (1795) avec M»« de Loches, deux fllles,dont l'une épousa Ch. Comte, et deux flls, l'un desquels, Horace-Emilb, membre du conseil général de la Seine et du Conseil d'Etat sous la seconde République, s'est fait connaître par plusieurs ouvrages sur Té-, conomie politique.

Outre les écrits déjà cités, on doit à Say quelques ouvrages moins importants. Nous mentionnerons encore VEeonomie politique sur la balance des consommations avec les productions, Paris, 1824, ln-8% et les Mélanges et correspondance d'économie politique, Paris, 1 835, in-8% ouvrage posthume dans lequel on a inséré les Lettres à Malthus, publiées d'abord en 1 820.

Jean-Baptiste Say avait deux frères.

L'un d'eux, Horace, chef de bataillon du génie, collaborateur de la Décade philosophique et auteur d'un Cours de fortifications publié dans le T. 1 du Journal de l'Ecole polytechnique, mourut à Gésarée des blessures qu'il avait reçues au siège de St-Jean-d'Acre.

L'antre , Louis , raffineur de sucre à Nantes, mort à Paris en 1840, a publié quelques écrits d'économie politique assez médiocres, dans lesquels 11 affecte de critiquer les doctrines de son

SCA

— îll —

SCH

Mrs. lA plot important est ton Traiii Uémentaire de la richesse individveUe et de la richesse publique, Paris, 1 827, In-go; trad. en angl., Nantes, 1829.

ftCALBERGE (PiBRRB), peintre et Yilet de chambre du roi, mort à Paris et enterré anx SS. Pères, le 24 déc.

1640, à rage de 48 ans. On ne sait rien sur sa vie. Scalberge s'adonna aussi à la gravure avec quelqne succès. On connaît de lui environ 50 estampes dont plusieurs, au jugement de Robert Dumesnil, témoignent « qu'il eut quelque talent pour la composition et qu'il visita ritalle. )}Nous ignorons si sa femme, Marie Le TeUier^Wii donna des enfluits. On doit sans doute voir un de ses parents dans la personne du ministre de Chartres Scalberge, qui fut député à on synode de Charenton, en 1653. Ce dernier était vraisemblablement PMlippe Scalberge, dont on a une thèse De peecato origiruài, insérée dans les Thèses de Sedan.

Voici quelles senties pièces de rentre de Pierre Scalberge : !• Adam et Eve chassés du Paradis terrestre, d'après lui-même. — 2» Le Sacrifice d' Ahraham, d'après Raphaël. — S^ Le Ju* gement de Salomon, d'après le même.

— A* Sainte famille, d'après lui-même.— 5« Jésus au jardin des Oliviers^ d'après lui-même. — 6* Saint-Jean- Baptiste, d'apr. le chev. Joseph Cesari d'Arpino, dit le Josépin. — 7» Saint- Jérome, d'apr. lui-même. Ces 7 gravures portent la date de 1 657. — 8« Le corps de J.-Ch, devant le sépulcre^ d'apr. lui-même, 1638. — 9» L'ense^ velissement de Notre Seigneur, d'apr.

Jacques da Ponte, dit le Hassan, 1638.

Pet. Scalb. pictor, et in sre cœlalor delineabat Parisiis. — 1 0» Le Christ porté au tombeau, d'apr. Raphaël. P. Scalb.

delin, — il» L'enfant Jésus et le petit Saint-Jean, a Composition dans un paysage, sans nom ni marque, et dont les flgures sont traitées dans le goût de Robert Picou; p attribuée à Scalberge par Ottley. — 12'' La bataille de Con* stantin, d'après Raphaël, 1 637 . — 1 3»

La Statue équestre de Marc'Aurèle

animée ; suite de 1 S eitampes, y compris le frontispice, 1 637.— {*• Psyché dans l'Olympe, d'après Louis Çardf , dit le Cigoli ou Civoli, 1637. — 15* L'it ducation de l'Amour, suite de 12 es* tampes, fond de paysage, 1 638.— l $• Les Nymphes de Dianedisputant kpri9 de l'arc, d'apr. Dominique Zampierrii dit le Dominiquin. — 17» Jeux d'eti* fants ; J. Lagniet ex. ; suite de 4 estampes dont 3 sans marque. — 1 8« Ba»* chanales en forme de frises ; deux pièces dont l'une sans nom, sur l'antre Uuart excu. — 19o L'Amour en chasse ; sans marque. — 20^ Le Jugement de Pil^ ris ; sans marque. — Les morceaux sans marque sont attribués à Scalberge par Ottley.

SCALIGER Voy. L'ESCALE.

SCH AD (DAiaBL), en latin Schadceus. Saxon d'origine, fut appelé comme pasteur à Oberkircb, où la Réforme avait étépréchée pour la première fois, en 1571, par Paul Soldintis, sous la protect i on de Wolfgang d' Oberkirch^i l Son troupeau n'étsit pas nombreux,* peine son église comptait-elle une centaine de fidèles, y compris quelques h*> bitants d'Obernay, qui la fréqueotaienl assidûment, depuis que l'intervention de Strasbourg avait forcé le magistrat de cette ville impériale à lever la défense qu'il avait faite à ce sujet. Après la mort de Wolfgang [9 Janv. 1585], dont Schad prononça l'oraison funèbre (imp. à Slrasl>ourg, 1 585, in-4<»), le pasteur eut beaucoup à souffrir des per« sécutions des Catboliqiies,persécutiens qu'il a consignées dans une espèce de journal, qui existe encore en msc. et qu'il a intitulé : Verzeichniss was sich zwischen mtr und meinem GegentheU den Papiiten zu Oberehnheim zugetrsh' gen. Un sermon prêché par lui contre la messe, qu'il traita d'idolltrie, aolieva d'irriter ses adversaires, comme il

Ji) Plosievif ««tcM iMBiUei Mhlei i^àâmm »ras8èreiit toMi U reUgiM ^olettaBlt et Pte. Irodaisirent daM leun ëosainM, ctase Im FUckemtein, 1m fTuruter, Im BëcUim, Mmrm d'Echteeriheim, Loms de Beek^ siev éb G«it- (heim, Sébastien Mwg^ liear de BoSsbeiBiy les seigneor» de Bàntett. etc.

scù

SCH

le raconte lui-même dans son Kurzer wahrhaftiger Bericht dass die paps^ Hsche Opfermess cïn schrôcklich J[6gôttereisey, 1589, in-4». L'empereur Rodolphe flt fermer son église en 1 590. Schad seretiraà Francfort-sur-le-Mein, oh il fit imprimer son sermon d'adieu, en 1591, in-4«; mais bientôt après, il fut appelé comme pasteur à Laybzsch, dans la principauté d'Altenbourg, s'il faut en croire lôcher, qui lui attribue DerJugend TVbW-Le6én,réimp. àLeip- 7ig,en 1 659, et deux sermons Vom heiligen Abendmahl,

Son flls Elib, né à Liebenwerda, vers 1545, pasteur et professeur de langue bébraïque à Strasbourg,se montra toute sa vie animé d'un grand zèle pour la conversion des Juifs. Il fonda une société dans ce but cl publia : nTZTDH > dos ist Funff Bûcher des newen Testaments durch if. Eliam Schadeum und mit seinen Schrifften gedruckt zu Strasbourg y 1 592, in-1 2. C'est la traduction allemande des Evangiles de Luc et de Jean, des Actes des apôtres, des Epttres aux Romains et aux Hébreux,et de quelques prophéties tirées des Prophètes et des Psaumes, imprimée en caractères hébraïques. Jdcher affirme qu'il a écrit aussi sur les prophètes Amos et Jonas, et que l'on trouve de lui dans le Yergniignen miissiger Stunden (P. lY) de Th . Grusius, un Jugement sur les écrits théologiques de Paracelse. Il mourut le 1 9 no V .1595(1), laissant un flls, nommé OsÉB, qui a été aussi pasteur à Strasbourg et à qui l'on doit, selon Jôcher :

Page 1