‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 97 sur 241 · XXX. Alsalicarum rerum scriptO' rts^ Basil., 1768, in-fol · texte numérisé non relu

XXX. Alsalicarum rerum scriptO' rts^ Basil., 1768, in-fol

XXXI. Alsatia diplomatica,}llBXinh., Fars /, 1772; Pars II y 1775, in-fol.

XXXII. opéra oratoria, Aug8b»| 4 769, 2 tom. en t vol. in-4«. — Ouvrage potthumo palUié par Ring aveo la Vie de l'auteur.

iehftpflhi a poMié, e& oatré, dans

les Mém. de TAcad. des insc. (T. X) : Diss, sur un monument de la 8« légion d^ Auguste ;^ (T. XV) : Diss, sur un monument des Tribocs;^ (T. XVII) :

Mém, sur l'origine de l'imprimeri9 à Strasbourg ; — (T. XVIII) : Résultat de recherches sur la jonction du Danube avec le Rhin projetée par Charlemagne; — (T. XXIII) : Recherches sur les monnoies brtic tuâtes. Dans les Comment. Acad. Théodoro-Palatln», on trouve de lui (T. I) : De Cœsareo Ingelheimensi palatio; De ard votivâ Ladenburgemi;^^ (T. Il) : De sepulcro romano prope Schrishemium r»perto; De comité palatinoCkillicBiRu" pertus Cœsar defensus ; — (T. lll) : Ds Guilielmo VII, Juliaci comité; Prœleetio de duellis et ordaUis veteris Fran*ciœ Rhenensis; Diss, de Eoangelii D. Marci codice apud Venetos, Enfin il a donné, Strasb., 1 734, in-4% une édit. corr. et augm. des Annales Arsacidarum. par l'abbé de Longuerue.

SCHOMBERG(FRfiDÊRiG-AiiifAN]) de)> comte, puis duc de Scbomberg, comte de Merlola, baron de Labersen •t d'Altorir, comte de Coubertetde Vitry en Brie, marquis d'Harwlch,comlo de Brentford, duc de Tetford, chevalier tfel'ordrede la Jarretière, grand de Portugal, maréchal de France, gouverneur de la Prusse ductile, généralissime des troupes brandebourgeoises, général en chef de rartiilerle anglaise, etc., fils de Hans Meinbard, comte de Scbomberg, tnarécbal du Palatinat, gouverneur de Clèves et de Juliers, et d'Anne de Sut-» Ion, comtesse de Dudiey, naquit en 1608. Dès son enfance, il manifesta ses inclinationsguerrieres.il portad'aberd les armes sous le drapeau suédois et ée trouva à la bataille de Nordiingen. Il passa ensuite avec Rantzau au serviea de France, combattit, sonS ses ordres»

en Frauf^he-Comté et en Allemagne | puis, l'empereur ayant confisqué tel biens, il alla olTrir son épéeaux Etats* Généraux. Après la mort de (;uillau*> me II en 1650, il revint en frauee et «ervit comme volontaire en Flandres pendant les campagnes de 1651 et de

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1653. Ayant acheté la compagnie des gardes écossaises, ii en fut nommé ca* pilai ne-lieutenant parprovislons du 2S oet. 1652, et le même jour fut signé le brevet qui l'éleva au grade de maréchal de camp. Deux nouvelles campa* gnes qu'il fit en Flandres dans les an« nées 1653 et J65l^ lui méritèrent le brevet de lieutenant général. C'est avec ce grade qu'il servit sous Turenne, à la prise de Landrecies, Condéet Sainte Gniiain, dont il obtint le gouvernement. En 1656, ii se trouva au siège de Valenclennes, où un de ses fils fut tué, et il déploya les talents d'un grand capi* taine dans la retraite de l'armée fran* çaise. Assiégé, au mois de mars 1 657, dans Saint-Guilain,ii ne se rendit qu'après une vigoureuse défense. Quelques mois après, il s'empara de Bourbourg, dont il fut nommé gouverneur. L'année suivante, ii assista à la bataille des Dunes et au siège de Dunkerque. La paix des Pyrénées ayant été conclue en 1 659 entre la France et l'Espagne, le gouvernement français, violant la promesse qu'il venait de faire de n'accorder aucun secours aux Portugais, engagea ions main Schomberg à entrer au service de la reine-régente de Porlugal, moyennant une pension de 1 2,000 écus et le grade de mestre-de-camp général.

Schomberg, afin de ne pas compromettre Louis XIV, qui, pour mieux cacher encore son double jeu, le dépouilla da ses charges, se rendit d'abord en Allemagne, puis en Hollande, où il s'embarqua pour Londres. Séduit, dit-on, par la perspective d'un mariage avec l'infante de Portugal, Charles II, qui venait de remonter sur le tréne, promit de secourir les Portugais. Schomberg mit donc à la voile en 1 660, avec 80 officiers et 400 vieux soldats rompus au métier des armes, que le gouvernement français avait fait passer f^ecrètement en Angleterre. Il fut reçu à Lisbonne avec de grands honneurs, mais les intrigues de la Cour, la jalousie des Grands, les calomnies d'oiliclers aussi iDTieva qu'ignorants, le délabrement des finances, lalàcbetéet l'indlsciplina

des troupes, opposèrent de tels obstacles à son xèle, que plus d'une fois le dégoôt et le découragement l'auraient porté à s'éloigner, sans les pressantes Instances des rois de France et d'Angleterre. Malgré les difficultés coutre lesquelles il eut à lutter, il soutint vie* torieusement pendant huit ans tous iei efforts des Espagnols. En 1 661 et 1 663, il sut tenir en échec, avec des forces inégales, don Juan d'Autriche. En 1 66S^ il battit l'armée espagn >le à Evora et reprit cette ville. En 1 664, il se rendit maître de Valence d'Alcantara, défit le doc d'Ossone à Castel-Rodrigue, gagna sur le marquis de Caracène la victoire de Montes Cldros, en 1665, le força à lever le siège de Vlllaviciosa, le défit de nouveau près de Badajoz, ^rit Ben* sez, Guardia et quelques autres villes.

En 1666, il emporta Alquerie, Paytmogo^ San-Lucar, tandis que son filf détruisait le régiment de Rougemont.

En 1667, la prise de Forcira couronna cette suite de brillantes campagnes, qui affermirent la maison de Bragancê sur le tréne. La paix s'étanl faite entre l'Espagne et le Portngal, le 12 fév.

1 6G8,Schomberg,qu'Alphonse VI avait nommé gouverneur de l'AlenlcJoet créé grand de Port u gai sous le titredecomte de Mertola, se h&ta de revenir en France et rentra dans ses charges. En 1672, il fut envoyé en Angleterre, à la demande sans doute du roi Charles, qui voulait discipliner son armée à la française; mais les Anglais furent asset sages pour repousser les fers que le despotisme leur préparait, et Schomberg ne tarda pas à repasser la Manche. En 1674, Louis XIV lui confia le commandement de l'armée de Catalogne. La prise de Figuicres, de Baschara, de Bcllcgarde et d'autres places lui fit donner enfin lesojuill. 1675, le bâton de maréchal, qui lui avait déjà été offert à son retour de Portugal, mais qu'il n'avait pas voulu acheter par une abjuration. oMareligion,avait-i1 répondu au roi, m'est plus chère que toutes choses; si elle m'empêche de monter àce poste élevé, c'est assez pour m'enc^n-

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soler, qae le roi m'en ail Jugé digne. » Auprès la mort de Jurenne, la nécessité fit taire le bigot isme; maisSchomberg perdit les bonnes grÀces du monarque.

En 1 676, il servit dans les Pays-Bas et força le prince d'Orange à lever le siège de Maëstricht. £n 1678, il fut chargé du commandement de l'armée d'observation sur la Meuse. £n 1 684, il couvrit le siège de Luxembourg, qui se rendit le 4 Juin. Celte campagne termina sa carrière militaire en France.

Lorsque Tèdit de Nantes fut révoqué, Schomberg demanda la permission de sortir du royaume; mais il ne put l'obtenir qu'au mois de mars 1 686 et à la condition qu'il iraitenPortugal(i4rc/t.

gén, 0. 28), <c au grand regret de toute la France, dit Sourcbes, qui perdait en lui le meilleur et le plus expérimenté de ses généraux. » Il n'y resta pas longtemps. Les persécutions que lui suscita l'Inquisition, sans égard pour ses anciens services, et sans doute aussi les projets du prince d'Orange sur l'Angleterre, le décidèrent à quitter le Portugal. Il se rendit d'abord à Cièves, où il assista, en 1686, à une entrevue de l'électeur de Brandebourg et du prince d'Orange, dans laquelle fut discutée Timportanle question d'une descente en Angleterre, puisde là à Berlin, enl 687. A son arrivée dans cette ville, le consistoire de l'église françaisele fit complimenter par ^66a(/fe, G(2u/^t>f,^nctïloriy le marquis de Venours,ûcMaxuel et de Montignac. De son côté l'électeur le nomma gouverneur général de la Prusse, ministre d'Ëtal, membre du Conseil et généralissime de ses troupes. L'année suivante, Schomberg se rendit en Hollande, où le prince d'Orange poussait avec activité les préparatifs de son expédition en Angleterre. De tous côtés, les Réfugiés français exercés au maniement des armes accouraient sous ses drapeaux. Des compagnies presque entièrement composées de Protestants sortis de France étaient déjà formées à Breda, sous les capitaines La Berlicre, Pralon, û'AuteuU, û'Esparron, LoMe, La Périne ; à Ma-

ëstricht, sous le colonel de Boncourl et les capitaines de Boncourt fils. Du Bac, Marsilly, Falantin; à Berg-op- Zoom, sous Saint-Germain; àBois-le- Duc, sous les capitaines Carmon, Tugny, Rieutorty La Mérie ; à Zutpben, sous Dortoux, Ronset, Malbois, Blanche fort; à Nimègue, sous Belcastel, û'Avéjan,àe Maricourt,û'£ntragues, de Saint-Sauveur ; à Arnheim, sons Massole-de-Montaut, Monpas, Chalais, La Rimballière; à Grave, sous le capi taine Cabrol ; àUtrecht, sous Gastines, de L'Isle, Ville, Traversy,ûeChavemay, Rapin ; à LffHaye enfln, sous les capitaines Petit, Montbrun, Jaucourt et Fabrice, La plupart de ces capitaines, avides de servir sous les ordres d'un homme de guerre aussi illustre que Schomberg, s'empressèrent d'entrer dans le régiment qu'il forma en 1 689^ lorsqu'après le débarquement de Jacques lien Irlande, Schomberg reçut ordre du roi Guillaume de passer dans cette lie pour arrêter lés progrès de son compétiteur (i). Dans cette première

(1) Le manuscrit de Botlaqwt noug fait con> naùre les noms des oflBcîers qui sertaienl sous Schomberg en 1689; les Toîci tels qu'il nous a été po»Kible de les déchiffrer : colonels, Petit, Louvigny. Chalant-de-Romaignac ; lieutenantcolonel, Casaubon ; mè'iOïi^ La Bailide^ Sainte- Hermine; capitaines, Maricourl^ Brateelay^ de LotVr, La Condrière, YaUery^ û\Avènet,é'Arè- ««, Bn-nastre^ MontauU, La Hoche, La MilUire» Belcaittlf Hubacj La Fabrigu*, Vf «tan , Boncour atité, Vesançay, La Fontan^ Petit ^Des Moulins^ Louvigny f Dolon, QueUebrune, Mollien, é*Entraguet, Montarguet, Boelaçuel^ La Grangerie, Tenae, Ctuty, Pa$ty, Haut- Charntoi», La Roquière, Bondou, Champagnéf Tugny, Saint-Cyr-Soumain, Lltle, Monptu, d'Aippe, Jonquière, Varangues, d'£#ciiry, Vtvans, baron de Neufville, Bmgièrea, La BattiAe, Londigny, Montroy, Sansay, La Cuimenière; lieutenants, DaHont, MaiUeray, ClervavXf Roekemontf Blanzae, Boudinot, Londigny, Mazèret, Det OuêcheM, La Bouchetièref VhUf Le Blanc, Teiuonnière, LenliUac, do Salles, La Catterie, Boitribeau, Liverne, Mercier, Fontanee, Bumiany, Pascal, La Beitide, (kmlombièree, Chabrieret, Pineau, Ferment, La Cloche, Moneomet, La Boistonade, La Cailletièrs atné. Du Buy, de Sève, Le$90ur$, Boncour, La Cailletière cadet, Daloy, Lourdonnel, Bernard, Maisonneuve, Quiraud, Louvigny, Tournier, Senoite, NiteoUet, U Bdtie, Fontanier^ Boitmoret, Eschelberg, Roum, Béraud-Du Pont, Braglet, La Boulaye, Des Champê, La BrooM**

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campagne^ toatce que l'habile général put faire avec une armée de nioilié moins nombreuse que celle de Tennemi et manquant de munitions et d'argent^ fut de tenir en échec les troupes de Tex-roi. L'année suivante^ Guillaume se rendit en personne sur le théâtre de la guerre. Les deux armées se trouvèrent en présence sous les murs de Drogheda, séparées par la Boyne. A la vue des régiments français qui combat^ taient pour le roi Jacques, la cavalerie du roi Guillaume, presque toute composée de Réfugiés, se jeta dans la rivière sous la conduite de Meinhardt de Schom* berg, et se précipita sur l'ennemi avec fureur. Guillaume la suivit de près avec le reste de son armée. Les Irlandais prirent lâchement la fuite, les régiments français furent rompus et la victoire Uxée sous le drapeau du nouveau roi d'Angleterre. Cette bataille, qui décida de la fortune des Sluarts, se livra le 11 juin. 1690. Elle coûta ta vie au maréchal deSchombergqui fut frappé à mort dans la poursuite de l'ennemi, et tomba, comme Turenne, enseveli dans son triomphe. Son corps fut inhumé avec pompe dans l'église St- Palrice à Dublin.

Rapio-Thoyras a Iracé ce portrait de Schomberg dans son Histoire d'Angleterre : a C'éloit un homme posé, appliqué, d'une grande conduite, qui pensoit mieux qu'il ne parloit, intègre, modeste, obligeant, civil. On le consi-

Fortitif Ca*9el^ Domanf La Strre^ La Lande^ Chdteaunfuf, La Melquièref Luyraud^ La Rouvièrif Lavitf Hozet-de'Caut$e, Sal^gre^ Tobi$ Roêset; maréchaux des logis, Vt/mÎMon, 7Ao> tuas y Vemy^ Pineau y Samton, RicardyLa Aoqutf Chapelle; corneltes, comte de Paulin, BoiiragonfRochemonl d^néyPeré-de-Fontenelleê^ Blanzae cadet, La Lizardière, Malairarguetf Mancalf Dericq, Aivery, La Cour, La Strre, d*Hour9, Lamberty Du Chetne^ La Boitide, La Rouvière, La Coele, marquis de La Barre, Do* ton fils, Lubières, Dupuy, Loulin, Vervillont Boneour jeune, Laâsaut, Firon^ deux Coti«fantin, La Batocke, Coutenu, Martel, Sahmon, Gaume, Vauelot,àeni Maillé, Du CA««oy,Jfoiil* pinton, Ricard, Soutnain^-Vallière, La Lowbi^e, Lamy, Arabin, Le Roux, Baneelin, Du Val, La Marie, Térond, Dumay, La Moque, Beau-jeu, Fonlgrave, J4aume, Combee, Du Lae, La B^rlanderie,

déroit comme le premier capitaine de son siècle après le prince de Condéet le maréchal de Turenne. Il connoissolt à fond les hommes et les affaires, il étoit de moienne taille, bien fait, le teint beau, une santé robuste, un air de grandeur qui imposoit du respect; se tenant à cheval avec une grâce peu commune. Il aimoit beaucoup la propreté dans ses habits et conservoitan milieu delà vieillesse la gaieté de ses premières années. »

Le maréchal de Schomberg avait été marié deux fois, en premières noces, avec sa cousine Jeanne-Elisabeth de ScJiomberg, qui lui donna cinq fils, et en secondes, avec Susanne d'Aumale, fille de Daniel d'Auinale, sieur d'HaiH court, et de Françoiser de Saint-Pol, dame d'un esprit très-distingué et fort zélée pour sa religion. Ce dernier mariage, qui resta stérile, fut célébré le 14 avril 1669, dans te temple deCbarenton, en présence de PkiUppe de Madaillany Jean-Jacob Frémont-d'Ablancourt, Marguerite de Rohan, Jeanne d'Aumale et Madeleine de Mont marency (Reg. de Charenlon). Ses enfants furent: Frédéric, quisuit;— 2*MBm- HARDT, qui suivra; — 3* Othon, tué sous les murs de Valenciennesen i 656; — 4° Henri, mort à Bruxelles des blessures qu'il avait reçues dans un combat où il fut fait prisonnier; — 5* Charles, duc de Tetrord, qui se retira en Allemagne avec son père et fut nommé gouverneur de Uagdebourg. Il se signala dans l'armée des alliés en Piémont, combattit en héros à Marsaille, à la tête de cinq bataillons de Réfugiés, tomba entre les mains des Français et mourut de ses blessures, en 1693.

I. Frédéric de Schomberg, comte de Schomberg et de Mertola, baron d'Altorff etde Labersen, grand de Portugal, entra au service de France comme guidon des gendarmes écossais, en 1656, et devint enseigne de la même compagnie en 1661. Il passa en Portugal avec son père. De retour en France, il fut fait mestre-de-camp d'un régiment de cavalerie de son nom, qu'il comman-

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da à plOBienrs siégea et à la bataille de '8éner, eu 1674. Nommé brigadier de eatalerie par brevet du 1 2 mars 1675^ Il servit avec distinction sous les ordres de Créquy Jusqu'en 1678, qu'il se démit de son régiment. Il avait été éle-> vé, en 1 677, au grade de marécbal de oamp. En 1684, il fut encore employé dans l'armée de son père. Retiré en Allemagne après la révocation de Tédit de Nantes,llvivaitàRhingauenl725. U ne laissa pas d'enfants mâles, quoiqu'il eût été marié deux fols, lal'^avec Catherine-Emestine de Buchholtz, la S* avec la baronne de Spaan.

II. Melnhardt de Schomberg, dacde Leinster, comte de Merlola, baron de Labersen et d'AltorfT, seigneur de Couberty Nogent, etc., cbevalier de Tordre de la Jarretière et grand de Portugal, servit aussi avec distinction sous le drapeau français comme colonel d'un régiment de cavalerie. Il entra, en même temps que son père au service de rélecteur de Brandebourg, qui lui donna le grade de général de cavalerie et de colonel des trabans; puis à celui du prince d'Orange qui, après son avènement au trône d'Angleterre, le nomma brigadier de ses armées, et le créa duc de Leinster, en 1691. Il flt les campagnes de Piémontet de Portugal; mais, mécontent des ministres de la reine Anne, il quitta le service et se retira dans sa maison d'Hillington, où il mourut le 16 juill. i7l9,à l'âge de 79 ans. Sa femme, Charlotte Rhingrave, fille naturelle de l'électeur palatin Charles* Louis et de Louise Rhingrave, qu'il avait épousée en 1 685, lui avait donné trois enfants: PCharlfs-Louis, comtede Schomberg, marquis d'Harwick, né le 15 déc. 1685, mort en Irlande eni7l4,coloneld'unréglmenlangla{s; «-i>2« Frédériqub, femme de lord Holdemess, puis, en 1724, de Benjamin Mildmay;— 30 Marie, qui épousa, en 1717, le comte de Degenfeld.

L'Illustre famille de Schomberg était divisée en plusieurs branches.

Ce&t à la branche du Palalinat qu'appartenait aussi fhéodoric ou Thierry

de Schomberçy qui vint en France avec l'armée de Jean-Casimir en «567, et qui continuaà combattre dans les rangs huguenots jusqu'à la bataille d'ivry, où il fut tué ; mais Gaspard de Schom" berg, qui prit part, en 1 562, à la défense d'Angers, où il faisait alors ses études, et qui fut, après la prise de cette ville par les triumvirs, envoyé en Allemagne par le prince de Condé, pour presser les armements du duc de Deux- Ponts et du landgrave de Hesse, descendait de la branche de SachsenburgétablieenMisnie.Onsaitqueplus tard Gaspard de Schomberg abjura la religionprolestante et servit Charles IX avec beaucoup de dévouement.

SCHRAGE (Jean-Adam), docteur en droit, conseiller et avocat à Strasbourg, rendit à sa patrie de grands services dans diverses missions dont il fut chargé. Il a, dit-on, beaucoup écrit sur le droit, l'histoire, etc.; mais, malgré toutes nos recherches , nous n'avons trouvé dans les bibliographies que trois ouvrages de lui : I. Berichi von Erfindunq der Buchdruckerey in Strasburg, SÎrasb., 1640, in-4«; — II. De assecurationis confroctti, Arg., 1 64 2 ;— 111. Disp, f^ynoptica universi juris feudalis. Il moUrut le 30 janv.

1687, à l'âge de 70 ans. Son fils Fat- DfiRic, docteur et professeur de droit à Strasbourg, est auteur d'un assez grand nombre de dissertations qui doivent être devenues fort rares, puisque les bibliographes ne donnent des indications complètes que pour quelques-unes. Les voici : I. Dis.^. tnauguralis de fidejussionibus correorum debendi mutuiSy Arg., 1669, in-4''; — II. Introductio ad Digesia, Arg.,

1688, in-8»;— m. Introductio in Jus canomcutn, Arg., 1689; 1694, in-8«; Welrlar, 1715, ln-8»; — IV. Intrth ductio in IrtsHtutioneSy Arg., 1 694, in-8« ; — V. Adnotationes ad J, Meieri tract, de culpd in eontracUbus prwS' tandd, Arg., 1696, in-4»; — VI. De jure horterèsi, Arg., 1697; 1699, la- 4«*.»vn. Norma eccmninie candida* forum ad ossessoratum S. R, 1, jud.

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tameralis prœsent,, Wetzlar^ 1720, la-4«. Us citent, en outre, sans antre indication : Vlll. NuUitas reunioniê Aisaiicœ; — IX. Inlroductio in Pan^ dectas;^^li. De constitutionittus pet»

tonalibus , quœ et privilégia specialiû dicuntur; — XI. !>« vicêsimd hœre»

ditalum; — Xf[. De compositione amicabili;^\{\l. De monomachiâ seu dueUof-^XW, De quasi-patriâ potes* taie tutorum in jmmUob ; — W. De M'gatiopibus; — XVI. De suceessitme parentum binuborum in bona liberO' rutn ex priori matrirmmio intestafO' fum; —XVII. De rfomimo, •—XVIII.

De IcÊsione licite; — XIX. De exprO' miêsione ; — XX. De variationc ; -* XXI. Scrutinium scrutinii electionis ; —XXII. De processu in contumaciam eriminali; — XXHI. Diss. II de jure, ut aptitudineniy potestatem et obliya" Honem agendi prrsonœ competenlem iigniflcat; — XXIV. De conditione, cùnêcriptione, permutatione, etc. mtiitum, nec-non de disciplina militari; ^-XXV. Fundamenta actionnm foren' num; — XXVI. De potentatu magistratuum et officiorum.

SCHGCH (Wolpgang), prêtre catbolfque, brûlé vif à Nancy, comme hérétique, le 19 août «525. Sectateur des opinions nouvelles, Scliucb le.<« prêchait avec un grand succès à Salnt- Hippolyle, petite ville d'Alsace alors placée sous la souveraineté des ducs de Lorraine, lorsque la guerre des Paysans éclata. Dans la crainte d'être confondu avec les Rustauds (tel est le nom qu'on donna en Lorraine aux paysans révolté:^), il adressa au duc An* toine une Lettre admirable de candeur^ de simplicité et d'énergie, qui nous a été conservée par Crespin. Après une exposition claire et précise de la fol du pasteur et du troupeau , il y repousse avec beaucoup de force les soupçons de sédition et de révolte, oppose hettemcnl au principe de l'insurrcctioa le principe évangélique de l'obéissance passive^ et se déclare prêt à rendre rftison de sa foi et de son espérance. Cette lettre, dit dom Calmet, ne servît

« qu'à Irriter davantage le pieux prince. » En apprenant « que le due Antoine persistolt en cette tolonté de faire saccager la ville de SaInt-HipptK lyte, il [Schuch] vint se rendre àNaihcy, raconte Crespin, pour rendre ni*son de sa doctrine et décharger lespan* vres citoyens, en dérivant k soi tout le faix de la coulpe que ses adversaires, prêtres et moines, leur mettolent sus.»

Ce noble dévouement est d'autant plut admirable , que Schuch était marié el père de sept enfants. A peine arrivé^ H fut Jeté dans une prison infecte oh U eut beaucoup à soufiTrir. L'inquisIteOf de la foi en Lorraine voulut avoir l'avii de la Sorbonne et lui envoya quatre cahiers écrits par l'accusé avec trente et une propositions tirées de ces ca«' blers ou empruntées à ses interrogatoires, roulant principalement sur iê sacriflce de la messe, le mérite dei œuvres, le culte de la Vierge et des Saints, le mariage des prêtres. La censure de la Sorbonne est datée dn 2î mars 1524 (a. s.). Dès lors, .les derniers Interrogatoires de Schuch ne furent plus qu'une vaine formalité. Gon^ damné au feu, comme il s'y attendait, il marcha au supplice, selon le témol^ gnage de dom Calmet, avec une fermeté admirable, en chantant le ps. Ll.

Malgré les doutes émis par notre ami, M.Coquerel, dans son intéressante notice sur W. Schuch, publiée dans le Bulletin de l'hlst. du protestantisme, nons n'avons pas hésité à adopter, pour l'exécution de notre martyr, la daté donnée par Crespin et admise par dom Calmet. Lors même que nons n'aurions pas vérifié cent foisla minutieuse exaetilude des renseignements fournis I l'auteur du Martyrologe, il nous se»

rait difficile de reconnaître Wolfgang Schuch, père d'une famille nombreuse, dans a le beau Jeune homme entre mille « dont parle la Chronique de Met7, comme ayant été brûlé le 21 juin 1525. N'est-il pas plus simple desup* poser qu'il y avait deux curés à Saint- Hippolyte, et que tons deux tembrasseront les opinions de Luther?

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SCHU LER(éBRyÀi8),en latin Scliolasiicus, natif de Strasbourg, mais élevé en Saisse, était vicaire de révèqae de sa ville natale, lorsqu'il embrassa la Réforme. Ze// l'envoya com« me pasteor à BiscbwlUer, sur la demande des habitants, en 1525. Il eut beaucoup de désagréments à éprouver de la part du coseigneur de ce bourg, et vit avec chagrin beaucoup de ses paroissiens prendre parti dans la guerre des Paysans. Pour se consoler de ses peines, il composa un beau cantique qu'à la prière de ses amis, il consentit à publier sous ce titre : Ein christlich Lied mit seiner Auslegung, Haguenau, 1527, in-4<». Il y répond aux calomnies de ses ennemis, et s'élève contre les Anabaptistes et autres sectaires, qu'il appelle desa chrétiens charnels qui fondent le trouble sous l'apparence de l'Evangile.» Onaaussi de lui une paraphrase de Toraison dominicale, sous ce titre : Dos christlich Gebett, Vatter unsery mit kurtzem Verstand aussgelegt. Nous ignorons si elle a été publiée. En 1529, Scbuler avait déjà quitté Bischwiller pour retourner en Suisse. Il eut pour successeur Jean H ockard, suisse donation, qui fut consacré à Strasbourg parCo/vin lui-même, et qui vécut tranquille dans sa cure sous la protection de Louis d'Eschenau,

SCIIULER (Jean), curé de Colroar depuis 1563, déposé en i 571, comme sectateur du luthéranisme. Le dimanche de l'Epiphanie 1571, cet homme Juste et craignant Dieu osa censurer du haut de la chaire les mœurs du clergé catholique et reprocher hautement aux prélats mêmes leur vie criminelle et leur grossière ignorance.

Ce sermon lui gagna l'estime et la confiance de la bourgeoisie, mais il souleva contre lui la haine de ses confrères. Malgré la protection de Link et de GoU, il fut cité devant le chapitre, fortement réprimandé et déposé. Son sort est resté inconnu.

SCHULTHEISS (Nicolas), sUlmeistre de Colmar, en 1628, c'est^-

dire à l'époque de la réaction catholique qui alluma la terrible guerre de Trente ans. L'empereur d'Allemagne Ferdinand ayant défendu l'exercice du culte protestant à Colmar, avec ordre à tous ceux qui n'embrasseraient pas la religion romaine dans un délai donné de sortir de la ville, Schullheiss et ses collègues DamWStrr, Joseph Glaser, Antoine Burger, Conrad Ortlieb n'hésitèrent pas à sacrifier non-seulement leur position, mais (ce qui est plus rare) à abandonner familles, amis^ fortune, pour rester fidèles à leurs convictions. Antoine Schott fut le seul des magistrats municipaux qui resta en place, sans qu'on l'obligeât d'abjurer.

Les habitants catholiques étaient si ignorants, qu'on n'aurait pu le remplacer, et, bon gré mai gré, il fallut le conserver. 11 parait que Schultheiss se retira à Strasbourg, où nous trouvons, dès 1 530, un Wolfgang Schullheiss, affilié à une secte d'enthousiastes qui blâmait l'intervention du pouvoir civil dans les aflaires de l'Eglise, accusait les ministres d'opprimer les consciences et de rétablir le papisme, et réclamait pour chaque Ûdèle le droit d'enseigner ce que Dieu lui révélait.

Ce parti acquit quelque considération par l'adjonction d'Olto Brunsfels, célèbre par ses écrits pédagogiques et ses connaissances médicales; mais il n'eut pourtant qu'une existence éphémère; on cessa de s'occuper de lui après le départ de Brunsfels pour Berne en 1 553.

D'autres protestants de Colmar se retirèrent à Mulhouse, à Riquewir, à BÀle. Du nombre de ces derniers furent les quatre pasteurs Matthias Konen, George Hopf,Jac, Slephaniei Elie Pelletan, Quelques-uns seulement, comme Matthias Goll, qui fut nommé statmeistre, lorsque le général suédois Gustave Hom rétablit le culte protestant à Colmar, ne purent se résoudre à émigrer; toutefois ils continuèrent à professer leur religion. Ils se rendaient dans les villes protestantes des environs pour assister au service divin, et, à leur retour, ils payaient l'amende

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d'après ce tarif : Pour le chant d'un psaume^ 5 à lO couronnes; pour un baptême, 20 couronnes et au delà; pour un mariage, 60 couronnes ; pour participation à la Cène, i 00 couronnes.

SCHWEIGHiEUSER (Jean), célèbre philologue, professeur de grec à Tacadémie et au séminaire protestant de Strasbourg, naqnitdans cette ville, le 26 juin 1 742, et y mourut d'une fluxion de poitrine, le 19 Janv. 1830.

Fils de Jean-Georges Schveigh&user, chanoine de Saint-Thomas et ministre de cette église, et de Ptiscct- Barbara Ehrlen, fille du pasteur de Sainte-Aurélie, Jean Schweigh&user fit avec un étonnant succès ses humanités dans les écoles de sa ville natale. Son père désirant qu'il suivit la carrière ecclésiastique, il s'appliqua à l'étude de la théologie, en y joignant, dans son insatiable désir d'apprendre, celle de la botanique, science pour laquelle il conserva beaucoup de goût jusque dans les dernières années de sa vie, de la zoologie, de Tanatomie, de l'astronomie, et surtout de rhistoire de la philosophie, à laquelle il se livra avec une véritable passion. 11 acquit ainsi dans un âge encore peu avancé celte universalité de connaissances qui est, pour ainsi dirç, nécessaire au philologue, aussi bien qu'au théologien, et il se prépara, sans s'en douter, à parcourir avec honneur la route que les circonstances lui tracèrent. En 1 767, il soutint avec éclat sa thèse : Systema morale hujus universi, Arg., 1767, in-40. Quelque tempsaprès, son père, que la piclé filiale ne lui permettait pas de quitter, étant mort^ Schweighàuser fut libre d'exécuter un projet qu'il caressait depuis plusieurs années. Il vint à Paris oii, sous les auspices du savant de Guignes, il apprit l'arabe et le syriaque. 11 visita ensuite l'Allemagne, l'Angleterre, la Hollande, explorant avidement les bibliothèques, assidu aux cours des professeurs les plus illustres, et nouant des relations d'amitié avec les philologues les plus célèbres de tous ces pays. De retour à

Strasbourg, il fut nommé, en 1770, professeur adjoint de logique et de métaphysique. Il fit rinauguration de sa chaire par une thèse : Clariome certiorque homini data sit rerum corpo' rearum, quàm propriœ mentis cognù tio, Arg.^ 1770, in-4«, qui aété réimp.

dans ses Opuscules académiques, ainsi que d'autres écrits philosophiques qu'il publia vers le même temps, comme Hutchêsoni synopsis metaphysica, Arg., 1772, in-8»; De sensu morati, Arg. , 1773, in-40 ; Sententiarum phi^ losophicarum fasciculi IJI, Arg., 1774-75, in-80. Toutes ces dissertations prouvent sa vive sympathie pour la philosophie écossaise, dont il a raconté l'origine dans une autre dissertation mise en tète de son édition de la Logique de Hutchesonjmp.à Strasb.

en 1771. Son grand bons.ens, son esprit positif et lucide l'éloignèrent toujours, en effet, de la philosophie allemande; il n'avait aucun goût pour les subtiles spéculations des philosophes d'outre-Rhin, et ses préférences furent constamment acquises à la morale, la science qui, avec la religion, influe le plus puissamment sur le perfectionnement de l'humanité.

En 1775, Schweighàuser épousa la fille d'un notaire de Strasbourg, CatherineSalomé Hcering, et bientôt après, la mort do Jean- Frédéric Scherer, en lui donnant la chaire de grec et des langues orientales, dont il^prit possession par un discours : Jnierphilosophiœ atque Utiyuarum studiacot" latiuy lui ouvrit en même temps la carrière dans laquelle il devait s'illustrer. 11 y débuta en publiant, à Tusage des écoles, SophocUs Electra et Euripidis Andromache, Arg., 1779, in-8% et Siophoclis Œdipus tyrannus et Eu" ripidis Orei>>\,Sy Arg., 1779, in-8«, deux excellentes éditions par lesquelles il préluda à des travaux plus importants. Encouragé par le médecin anglais Samuel Musgrave, il entreprit de donner une nouvelle édition des Histoires d'Appien, et afin d'attirer l'attention du public lettré sur cette publica-

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iHùXï, Il fit paraître deux dissertations: Exercitatiortetf in Apfnani AUœandrim romavas Hisiorias, Arg. , 1 78 1 , In- 4*, et De impressis ao rnanuscriptis Hûftoriarum Appianicodicibus, Arg., 1781^ ln-4S réimp. l'une et l'aulre dans ses Opuscules. L'ouvrage lulnéme rut mis en vente quatre ans plus tard, sous ce titre : Appiam Alexaivdrini Romanarum Historiarum quœ iupersuntyUps,, 1785, 3 vol. ln-8».

Cette édition, où le texte, collationné avec soin sur plusieurs manuscrits et enrichi de tous les Tragmenls qui nous restent de l'historien grec, est accompagné d'une traduction latine très-exacte, de notes, de commentaires et d'indices, est un chef-d'œuvre de discernement, de sagacité et d'érudition; aussi fut-elle parfaitement accoeillie. Le savant Heyne engagea fortement l'éditeur à traiter de mêmePolybe, et Schweighâuser, écoutant les conseils de son ami, renonça à une édltion d'Hérodien qu'il préparait, pour s'occuper uniquement de l'historien de Mégalopolis. Sur ces entrefaites, la Révolution éclata.Jalouxdecontribuer^ dans la mesure de ses forces, au triomphe des grands principes proclamés par l'Assemblée constituante,ilaccepla avec empressement une place dans le conseil de la commune; mais sa modération et ses liaisons avec le maire Dietrich (Voy. ce nom) le rendirent suspect. Il fut jeté en prison en i 793. Cependant, au bout de vingt Jours de détention, on Texila à Baccarat. C'est dans celte petite ville de Lorraine, où il passa un an, qu'il composa en partie ses notes sur Polybe. Peu s'en fallut que ses veilles, prolongées fort avant dans la nuit, n'attirassent un nouvel orage sur sa tête; ses voisins soupçonnaient quelque complot.

Heureusement pour lui, il avait fait hommage au gouvernement des premiers volumes de son Polybe, et la lettre de remerclments arriva au moment même où il allait être arrêté. La cbute de Robespierre le rendit k ses foyers. Peu de temps après, lors de l'é-

tablissement des Ecoles centrales, fl fut nommé professeur de grec et de latin à c<*lle qui fut placée k Strasbourg. A la création de l'Université de France, il fut attaché à l'académie de Strasbourg en qualité de professeur de littérature grec^fne, et en 1809, il fut nommé doyen delà Faculté des lettres, place dont il se démit en 1824. Depuis 1 806, il avait succédé à Oberlin comme garde de la bibliothèque de la ville, à laquelle il rendit d'import-inls services Jusqu'en 1825, qu'il fut remplacé par son fils Godefrol.

Ces occupations mullipliéesn'empéchèrent pas l'infatigable philologue de s'occuper de travaux littéraires; Il y mettait unetelle ardeurque sa vue,déjà faible, finit par s'user à déchiffrer à la loupe de vieux manuscrits et des palimpsestes presque illisibles. En 1795 parutle dernier vol . de son Pol) be, sous ce titre : Polybii Megalopolitani Hiêtoriarum quidquid superest, Li|)S. , 1789-95, 8 tomes en 9 vol. in-8». Les quatre premiers vol. contiennent le texte; les quatre suivants, les notes elles indices,et le neuvième, un Lexicon Po' lybianum. A cet ouvrage, où l'on retrouve les qualités de toutes les éditions données par Schweighâuser, c'est-àdire, pureté du texte, version latine fldèle, notes savantes, critique judicieuse, succéda Epicteti Manuale et Cebe- Us tabula, publ. en grec et en latin, Lips., 1 798, in- 1 2; puis Eptcteteœphihsophi'œ monumettta, Lips., 1799- 1800, 4 vol. in-8*. Ce dernier ouvrage terminé, Schweighâuser se chargea, pour la collection de Deux-Ponts, d'une édit. d'Athénée, qui fut imp. sous ce litre : Alhenœi Naucratitœ Deipnosnphistarum libri XV, ex optimis codd, nunc primùm collatis emendavit ac supplevit, nova lat . versione et animad^ versionibus cumis. Casaubcnialiorumque tum suis illustravit, indicibusque instruxit, Arg., 1801-1807, 14 vol.

in-80. Les notes seules forment neuf volumes. Après Athénée vint une nouvelle édition des lettres de Sénèque collatlonuées sur trois manuscrits que pos*

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aède laBIbllothëqae de Strasbourg. Elle parut sous ce litre : L. Annœi Sene* eœadLuciliumEpistotœmoraleSfkrg,, 1809, 2 vol. ln-8«. Cette publicdtion terminée^ Scbwelgbâuser, malgré son âge avancé et raflaibllssement graduel de sa vue, ne craignit pas d'entreprendre une nouvelle édilion d'Hérodote, et Il mena cet immense travail à bonne fin. En voici le titre : Hfirodoti Musœ sive Bistoriarum iibri IX, Arg., 1 S 1 6, 6 vol. in-8». Dans le premier volume^ Il avait promis un LeœikonHerodoteum; il le mit efTectivementauJour, Arg.et Paris., 1824, 2 vol. in 8^ Ce Tut son dernier ouvrage.

Tant et de si importants travaux n'étaient pas restés sans récompenses ho* Doriflques. Dès i 798, Schweighftuser fut associé à l'Inslilut des sciences et des arts ; en 1 802, il le fut à la Société desleltresetdesartsdeNancy;enl8l9, la Société de l'agriculture, des sciences et des arts de Strasbourg voulut l'élire président, honneur que sa santé ne lui permit pas d'accepter, mais ce fut en 1821 seulement que le gouvernement de Louis XYUl se décida à lui donner la croix de la Légion d'honneur. En 1826, la Société royale des lettres de Londres lui vola une médaille d'or. A cette dale, Sch^eighâuser avait pris, ^ depuis deux ans, sa retraite comme pro- * fesseur à la Faculté des lettres; mais il continua à remplir, pendant quelque temps encore, ses fonctions au séminaire protestant; il ne les cessa que quand la perte presque complète de la vue le condamna au repos.

De son mariage naquirent huit enfants, dont quatre seulement lui survécurent, l'un, Théophile, étant mort jeune, et un autre, Charles, ayant été tué à la bataille d Essiing. Des quatre survivants, l'alné, GODfipRor, s'est fait surtout connaître comme archéologue ; le cadet, Fra>çois, entra dans le commerce. L'aînée des filles, Charlotte, i\^o\x^ChrnUan- Maurice Engelhardt y cher du bureau de la police de la ville; la cadette, Sophijs, ne voulut point se marier pour rester auprès de son père,

nouvelle Antigone d'un nouvel OBdipe.

Aux ouvrages de Schweigbftuserdéjà cités, ii convient d'ajouter :

\,Teut$ches LesrbuchfUrdieJugenâ^ Strasb., 1780, ln-8o. — Résumé des principales notions de physiologie, de psychologie, d'astronomie, d'histoire nalurelle et d'histoire, à l'usage deaélèves du gymnase de Strasbourg.

II. Emendationfsetobservationêêin Suidam, Arg. ,1 789,in-8«; réimp. daot les Opuscules.

III. Cebetis Tabula, Sive vitœhumO' nœpictura,grœc., krg., 1806, in- 12.

— Nouvelle édit. de la Table de Cébès corrigée d'après les recherches de so& fils dans les bibliothèques de Paris.

I V . Opuscula academica seorsim oUm édita, nunc recognila, Arg , 1 806, 8».

V. Selecta ex Àppiano et Athenœo, Arg., 1814, in-8«. — A l'usage des écoles.

SCOFFIFR (Jean de), ne nous est connu que par son Véritable discours de la guerre et siège de la ville et cAdteau de Jamets, le sieur de Schelandre [Robert de Thin] y comman(/ant 1590, \iï'ii'>,béûicaLcehCharlottedeLaMarck.

L'ouvrage, divisé en deux livres, raconte les événements de la guerre que le duc de Lorraine fit à la maison de Bouillon, depuis le 28 mars 1585 Jusqu'au 28 déc. 1588. L'auteur parle en témoin oculaire, et son récit, dont de Thou a profItéjSe fait remarquer par une grande fidélité. Jean de Scofl9er, avait un frère qui était pasteur à Lunei en 1632 (Vuy lY, p. 249), et une sœur, nommée À/an(/mf. Nous ne savons rien de plus sur sa famille, à laquelle on doit lrès-vrai$emblablementrattacberLout!5 Scof/ier, qui flt ses études à Genève aux frais des églises du Dauphiné. Les obligations qu'il avait contractées envers ces églises ne l'empêchèrent pas d'accepter vocation deréglise de La Châtre.

Sur la plainte des égli ««es dauphinoises, le Synode national de Privas lui ordonna, sous peine de suspension, de leur rembourser les dépenses qu'elles avalent faites pour lui. Louis Scoffler desservailenl 637 l'église de Saint-Amand.

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Serait-ce se tromper qae de regarder eomme ses fils^ Jean Scoffier, du Boarboimais, et Louis Scoffier, d'Issoudun^ run et l'autre élèves de Tacadémie de Die^ où ils soutinrent leurs thèses sous la présidence ûeCrégut ? Il est vrai que dans les thèses de ce professeur, où on les trouve imprimées^ Jean Scoffler est dit natif de Sommières, mais dans le registre matricule des étudiants de Genève^ sous la date de 1 653, il se dit luimême originaire du Bourbonnais. Y aurait-il eu, dan» le même temps, deux proposants du même nom? Et dans ce cas, lequel des deux fut-il placé à St-Gilles? li nous est impossible de trancher la question, faute de renseignements.

Louis Scoffler nous est un peu mieux connu. Donné pour pasteur à Téglise de Mer, il épousa la sœur d'fsaac Parpin et se retira eji Hollande à la révocation. 11 eut un fils, nommé Claude, qui desservit successivement Téglise de Leicestcrflelds et celle de rArtillcrie, à Londres, cette dernière depuis 1 706 jusqu'en i 724,qu'il la quitta pour devenir pasteur de l'église de Middelbourg. Il mourut en 1730.

SCOT (Guillaume) , sieur de La Mésangère, fils de Guillaume Scot, conseiller secrétaire du roi, et de Cathtrine Fortry, fut reçu conseiller au parlement de Rouen, le 15 mai 1677, en remplacement de La Basoge-de-Heuqueville, Au mois de sept, de la même année, il assista, comme commissaire du roi, au synode de Rouen; son procès- verbal est arrivé jusqu'à nous (Arch. gén.TT, 261). Le 10 mai lb78, il épousa, dans le temple de Charenion, Marguerite de Rambouillet, ûoni il eut deux (ils, Guillaume, né le 1 6 nov. 1 679, et ANTOl^E, baptisé le 17 nov. 1680 (Reg. de Cliarenton). Nous avons parlé ailleurs du procès ridicule qu'il eut, en 1 67S, avec Rùësse^e-Beuzevilette , au sujet d'un banc d'église. 11 mourut en 1682. Le roi saisit cette occasion de ré,doire le nombre des conseillers protestants; ordre fut donné au tuteur des enfants du défunt de vendre sa charge à un calholique.

SEBISCH (Mblchior), en latin Sb- Bizius^ nom sous lequel 11 est surtout connu, médecin renommé du xvi« siècle, naquit, en 1539, à Falckenberg, d'une famille noble de la Siiésie. Son père l'ayant envoyé, en 1561, à Leipzig, il y suivit, pendant quelqueamois, les cours de Joachim Camerarins,puis il partit pour Strasbourg, où il devait devenir plus tard le chef d'une famille qui, pendant 1 34 ans, a donné d'habiles médecins à celte ville et de savants professeurs à son université. Il s'y lia d'amitié à\ec François Hotman, C'est à la persuasion de ce célèbre jurisconsulte, qu'il s'appliqua à l'étude du droit; mais il l'abandonna, un peu plus tard, pour celle de la médecine par le conseil ûg Hubert Languet. H était à Paris, où il s'était rendu, après la conclusion de la paix de 1563, pour profiter des leçons de Ramus et des autres professeurs du Collège royal, et il s'y livrait avec passion à l'étude de la botanique, lorsque Jean Bauhin l'appela à Lyon pour qu'il l'aidât dans son Histoire géoérale des Plantes. Sebizius partit ensuite pour Montpellier.

L'explosion de la seconde guerre civile le décida à retourner à Strasbourg en compagnie de Louis Caroerarius, fils de son ancien professeur.

De Strasbourg, il se rendit en Lorraine avec le baron de Hauteville. Fatigué bientôt du duc et de sa cour, il quitta Nancy pour aller à Ileidelberg, puis il revint à Strasbourg et retourna enfin dans sa patrie en 1569. La même année, il fit avec son neveu un voyage en Italie. En 1570, un de ses parents lui obtint un emploi dans la suite de la princesse El izabelh d'Autriche, qu'il accompagna à Paris. Après lemariage de cette princesse avec Charles iX, il repartit pour Montpellier dans l'intention d'y prendre ses degrés ; mais les troubles qui agitaient encore le Languedoc l'engagèrent à s'arrêter à Valence,et 11 s'y fit recevoir docteur en médecine, le 25 août 1 572. La Salnl-Bartbélemy hâta son retour à Strasbourg; il y épousa, en 1576, E^iher Hug,

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qui le rendit père de neuf (ils et de deux fliles. Nommé, la même année, médecin de la \ilie de Haguenau, il remplit cet emploi Jusqu'en l586yqu'U fut rappelé à Strasbourg comme médecin de la ville et professeur de médecine. Trois ans après, il succéda à Sturm dans le chapitre de Saint-Thomas. Ayant obtenu en 1612, la permission de se démettre de sa chaire en faveur de son fils, il accepta, en 1613, les fonctions d'inspecteur des écoles, dont il s'acquitta avec zèle, sans négliger la pratique de son art, jusqu'à sa mort, arrivée le 19 juin 1625. On lui attribue une trad. allemande de la Maison rustique d'Eslienno et Liébault.

De ses onze enfants un seul s'est fait unnomdansrhistoire,c'estMELCHiOR, né à Strasbourg le I9juill. 1578.

Melcbior Sebiziusétudiala médecine dans sa ville natale sous la direction de sou père; puis, en 1600, il se rendit à Bàle, où professait alors le célèbre Gaspard BauMn, Dévoré du désir de s'instruire, il consacra ensuite sept années à visiter les universités les plus renommées de l'Allemagne, de l'Angleterre, des Pays-Bas, de l'Italie, de la France, et riche des connaissances qu'il avait acquises dans ses voyages, il retourna à Bàle, où il prit le bonnet de docteur eu 1 61 0.Son mérite le fit choisir, en 1612, pour successeur de son père dans la chaire de médecine. L'année suivante, il fut nommé membreda chapitre de Saint-Thomas, dont il devint prévôt en 1 658. A la mort de son père, il obtint la charge d'archiàtre ordinaire de la ville, et en 1 630, l'empereur Ferdinand le créa comte palatin. Ajoutons qu'il fut revêtu dix fois de la dignité de recteur, et trente fois de celle de doyen. Tous ces honneurs n'altérèrent en rien la simplicité de sa vie laborieuse. Il continua à pratiquer la médecine et adonner ses leçons avec la même assiduité jusqu'à sa mort, arrivée le 25 Janv. 1671, selon les uns, 1674, selon les autres. Durant tout le cours de sa longue carrière, il n'avait jamais été malade, et la vieillesse ne lui

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avait apporté d'autre infirmité qu'une légère surdité. On a de lui quelques traités et un très-grand nombre de dissertations, où l'on trouve beaucoup d'érudition, mais peu de choses neuves.

En voici une liste plus complète que celles qui ont été publiées jusqu'ici.

I. De venœ sectione et sangttinit vacuatione, Basil., 1618, in-4«.

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