‹ La France protestanteChapitre 116 sur 303 · ASNIÈRES, famille saintongeoise · texte numérisé non relu

ASNIÈRES, famille saintongeoise

= Armes : D'argent à trois croissants de gueules.

DUCH D' ASNIÈRES [Haag I, 141], connu dans l'histoire de nos guerres religieuses sous le nom de capitaine Asnières, était le troisième fils de Jean H, seigneur d'Asnières, et de Jeanne de La Chassagne. En 1568, il servait sous les ordres de Mirambeau, son parent, et il contribua par sa valeur à la prise de Saintes. Après la funeste bataille de Jarnac, il se jeta des premiers, avec les deux compagnies qu'il commandait, dans la ville de Gognac, et si cette place fut sauvée, c'est en grande partie à sa résolution qu'elle le dut. Lorsque l'armée catholique parut sous ses murs, les assiégés firent, au rapport de Davila, <* de vigoureuses sorties qui ressembloient à des batailles, tant par l'audace et la valeur des huguenots, que par les pertes considérables qu'ils causoient aux assiégeans. » Le duc d'Anjou dut lever le siège. Les services d'Asnières lui méritèrent le grade de colonel d'un régiment dans lequel à.'Aubigné fit ses premières armes; mais d'un autre côté, ils attirèrent sur lui l'attention du parlement de Bordeaux, qui, par arrêt du 6 avril 1569, le condamna à mort par contumace, ainsi que son frère, François, qui combattait dans le même parti que lui [II, 415 a]. Après la prise de Saintes par les catholiques, sur lesquels les protestants ne tardèrent pas à s'en emparer de nouveau, en 157U, d'Asnières sollicita la permission de tenter un coup de main sur Pons. N'ayant pu l'obtenir, il voulut au moins donner une alerte à la garni-

ASNIÈRES — ASPIÈRES

son de cette ville, et il s'en approcha de si près que d'Aubigné, enseigne de la compagnie colonelle , remarquant par une fente de la porte que la place était abandonnée, put s'y introduire sans coup férir. Déjà, de concert avec Bretauville etArerat, d'Asnières avait surpris Jonsac, et forcé la garnison à se réfugier dans le château, mais sans pouvoir l'en déloger. Les services qu'il continua de rendre à la cause protestante, notamment en conservant l'importante place de Pons et celle de Cognac, dont le gouvernement lui avait été confié, et en faisant lever à Biron le siège de Saint- Basile en Guyenne, comme nous l'apprend une lettre de Henri de Navarre datée de Coutras, 16 octobre 1580, lui valurent de la part de ce prince les témoignages d'estime les plus flatteurs.

Parvenu au trône Henri le nomma gentilhomme de sa chambre.

D'Asnières n'eut de son mariage avec Françoise Saunier, en faveur duquel son père lui avait fait donation de la seigneurie d'Asnières, qu'une fille unique, nommée Jacquette, qui porta cette terre en dot à Paul de Lage-Volude, seigneur de Tirac.

Son frère aîné, François, ne parait pas s'être prononcé. Nous ne trouvons aucun indice qui nous autorise à le compter, non plus que son fils aîné, parmi les seigneurs protestants de la Saintonge. Mais il n'en est pas de même de son second fils, Olivier, auteur de la branche d'Asnières - Villefranche , qui épousa, en 1572, Jeanne Boulesteys, dont il eut: 1° Isaac, seigneur de Chabriac, époux de Marie d'Eschallard et père de Jeanne, née le 22 nov. 1012 ; Samuel, né le 29 mai 1614; Anne, née le 18 juin 1615, tous trois baptisés au prêche de Rochechouard. — 2° Benjamin d'Asnières, Sr de La Rivière, nommé ancien du consistoire do Rochechouard le 30 déc. 1645, mari de Jeanne Dauphin, dont il eut Jacob et Anne en 1633 et 1634. — 3° Jacob, S>~ de Villefranche, paroisse de Roussines, mari de Renée de Ghièvres, qui abjura en l'église de Roussines le 25 nov. 1685, à l'âge de 50 ans; elle était veuve depuis li' (8 déc. 1660. — 4° Esdiias qui épousa en 1624 Susanne Bonnart.

De ce dernier mariage naquirent Jacob, 1625, et Anne, 1627, baptisés au prêche de Rochechouard. Ce Jacob, Sr de Villefranche, épousa, 3 juin 1655, Elisabeth de La Tour d'une illustre famille originaire de Bohême et mourut à Biennac à l'âge de 93 ans (1718), ayant eu pour enfants : 1« Marie-Olympe, avril 1656, mariée le 29 janv. 1704, à Martial Roux; 2° Olivier né le 16 sept. 1657; 3° Gabriel, né le 16 sept. 1658; 4° Renée-Angélique, née le 14 déc. 1659; 5° Françoise-Elisabeth, née en 1661, tous baptisés au prêche de Rochechouard.

A l'époque de la Révocation, l'ensemble de ces divers rejetons semble avoir subi le sort commun et quitté de force leur religion, notamment celui qui fonda la branche des comtes de Lucques, marquis d'Asnières-la-Chasteigneraye. Cependant on connaît un d'Asnières reçu habitant à Lausanne, le 14 fév. 1688, et c'est 50 ans après la Révocation qu'on trouve dans l'église de Rochechouard , Pierre-Louis d'Asnières, écuyer, Sr de Villefranche, âgé de 30 ans, faisant abjuration le 19 février 1735, puis le 20 novemb. de. la même année, Marie-Elisabeth Birot, femme d'Olivier d'Asnières, âgée de 60 ans, abjurant à l'article de la mort. (Haao. — Oberkampff.)

2. Nous ignorons s'il existait quelque lien de parenté entre les d'Asnières de la Saintonge et les d'Asnières établis à Gien, dont quelques-uns au moins professèrent la religion protestante. De ce nombre furent Antoine, contrôleur, et Georges, receveur du domaine, que l'on cite, avec Etienne de Guillères dit La Fontaine, et Nicolas Guillon, comme les quatre premiers protestants de cette ville.

3. ASNIÈRES (Loriol, seigneurs d'), famille bressane, voyez Loriol.

ASPÈRES (Pierre d') , ministre à Nîmes, 1563 [VIII, 243 b], — (Arnauld d'), dit Bouvière, natif de Nîmes, reçu habitant de Genève, 28 nov.

ASPIÈRES (Antoine d) sieur de Billot ; David d'Aspières sieur de Caurous , et André d'Aspières , membres de l'assemblée de Lunel , 1613 IX.

ASPLANS

Page 1