‹ La France protestanteChapitre 46 sur 303 · ALLUT ;Jean), camisard VI · texte numérisé non relu

ALLUT ;Jean), camisard VI

b] qui, vers les années 1 70 4 à 1714. se fit remarquer comme soldat, comme prophète et comme bizarre écrivain. Après avoir pris une part des plus actives aux troubles des Cévennes. il fit sa soumission au maréchal de Villars en 170* et se retira à Genève, mais pour reprendre presque aussitôt les armes et les déposer de nouveau quand il eut perdu tout espoir en 1706. Il s'exila avec quelques compagnons d'infortune : Elie Marron, Nicolas Fatio, Jean Daudè, Charles Pourtalès, Isaac Avy, Daniel LeTellier, Elisabeth et Henriette Charras, sans que l'exaltation nerveuse où les avait jetés la lutte prodigieuse qu'ils venaient de soutenir pût s'apaiser en même temps.

ALLUT

ALMERAS

L'agitation prophétique les suivit en Angleterre et en Allemagne où ils cherchèrent à recruter des adeptes soit en provoquant des assemblées, soit en publiant des lettres et des discours. Le consistoire de l'Eglise française de Londres s'éleva contre eux, les fit condamner comme faux prophètes et impies, et ils tombèrent bientôt dans un si profond oubli qu'on ignore absolument quel fut ensuite leur sort.

Les auteurs du Dictionn. des Anonymes, puis de la Biographie Michaud et ceux qui les ont reproduits , inclinent à croire que Jean Allut est un pseudonyme sous lequel se cachèrent Èlie Marion et ses trois amis, ou du moins Elie Marion principalement. C'est une pure conjecture qu'on n'aurait probablement pas hasardée si ceux qui l'ont faite eussent su que le nom d' Allut est assez répandu dans le midi de la {France pour que beaucoup de gens fussent mis en danger par des publications imprimées sous un tel pseudonyme ; d'ailleurs, la conjecture tombe devant cette considération que plusieurs ouvrages portent réunis le nom d' Allut et les autres (Voy. l'art. Marion [VII, 251]. Des trois écrits suivants les deux premiers portent le nom de Jean Allut seul : — I. Discernement des ténèbres d'avec la lumière afin d'inciter les hommes à chercher la lumière, 1710, in-8° (Londres?). C'est probablement une édition différente que d'autres (Barbier. Dictionn., 1872) intitulent : Discernement des ténèbres par invitation aux créatures de Dieu d'entrer dans l'arche de grâce qui se bâtit aujourd'hui (par Jean Allut, Elisabeth Charras et Henriette Allut) ; Rotterdam, Furly, 1710, in-8°. — II. Eclaire de lumière descendant des deux, etc., 1711, in-8°. — Ce sont des raretés bibliographiques. — III. Cri d'alarme, ou avertissement aux nations, qu'ils sortent de Babylon, des ténèbres, pour entrer dans le repos du Christ; 1712. Précédé d'un Avertissement de l'esprit du Seigneur, prononcé de la bouche de Jean Allut, à Leipsic [Bull. XIII, 358).

ALMARIC (Jean), martyr en 1558 [IV, 510 a]. — (Guillaume), sieur de La Loubière, 1613 [IX, 135 bj. Voy. Ranchin.

1 . ALMERAS (Claude), coutelier, natif de Rosans au dioc. de Gap, reçu habitant de Genève, 7 juin 1557. — (Jacques), de Serres en Dauphiné, étudiant à Genève, 1597.

2. ALMERAS (Théophile), d'Anduze, auteur d'une thèse à Montauban, 1657 [VII, 196 b. 294 b; vov. encore VIII, 302 b, 464 a; IX, 5 b]. En 1658 il fut reçu au saint ministère par le synode provincial d'Alais et fut nommé pasteur à Ardaliès, qu'il desservit jusqu'en 1660; de là il passa successivement à Colognac, 1660-1665, à S.-Roman de Tousque, 1665-1670, à S.-Julien d'Arpaon, 1670- 1673, enfin à Générargues et à S. -Sébastien, 1673-1685. Réfugié en Suisse après la révocation de l'édit de Nantes, nous le retrouvons à Lausanne en 1690 [IV, 212 b]. Il avait épousé Gervaise de Fabre dont.il eut Théophile baptisé le 29 déc. 1673 et Elisabeth le 21 novembre 1676. La commune de Générargues possède les registres très-complets des baptêmes et mariages faits par lui dans ses diverses églises, registres fort bien tenus, tous écrits de sa main, et d'une belle écriture, auxquels se trouve jointe une sorte d'autobiographie très-intéressante. (Auzière.)

3. ALMERAS (Pierre), de Tribaux en Dauphiné, chapelier, réfugié avec sa femme et deux enfants, à Berlin, 1698.

— (Charles), de Bédarieux, manufacturier de bas, réfugié avec sa femme et quatre enfants, à Halle, en 1698; avec quatre personnes de plus en 1700. — Judith), de Gap, réf. à Berlin, 1700.

4. ALMERAS, viguier de Nîmes, qualifié de faux converti, ayant sa femme et ses trois enfants passés à l'étranger, sollicite un passe-port pour aller à Orange ; refusé; 1 700 (Arch. gén. Tt). — (Louis), d'Aubenas, assisté à Genève, 1707. — (Pierre), des environs d'Alais, assisté à Genève pour gagner l'Allemagne., 1707.

— (Joseph), de Gap, prosélyte depuis cinq ans, assisté à Genève pour se rendre à Berne, 170(J. — (Pierre), assisté à Londres, 1721. — (Elisabeth), à Serres, etMadelaine, à Royans, signalées comme huguenotes obstinées, 1737 (Bull. Y, 317).

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