‹ La France protestanteChapitre 73 sur 303 · X. Leçons de perspective positive · texte numérisé non relu

X. Leçons de perspective positive

ANDROUET

Paris, Mamert Pâtisson, 1576, petit in-fol. avec préface, 12 pages de texte explicatif et 60 pi.

XI. Le premier volume des plus excellens bastimens de France, auquel sont designpz les plans de quinze bastimens et de leur contenu : ensemble les élévations et singularitez d'un chascun.

Paris, 1576, in-fol., dédié à la reine Catherine de Médicis. Ces excellents bâtiments sont les châteaux royaux du Louvre, de Vincennes, Chambord, Boulogne (ou Madrid), Creil, Coucy, Folembray (près Chauny), Montargis, S.-Germain-en-Laye et La Muette; plus les châteaux particuliers de Yallery (près Fontainebleau), Verneuil (près Senlis\ Ancy-le-Franc, Gaillon et de Manne (près Ancy-le-Franc).

XII. Le second volume des plus excellens bastimens de France auquel sont désignez, etc. Paris, Gilles Beys, 1579, in-fol. Ce volume contient les plans et dessins de huit maisons royales : Blois, Amboyse, Fontainebleau, Villiers-Coste-Rets, Charleval, les Thuilleries, Sainct-Maur, Chenonceau; et sept maisons particulières : Chantilly, Anet, Escouan, Dampierre, Challuau, Beauregard, Bury. On fit une seconde édition des deux parties de l'ouvrage en 1607 et une troisième en 1648. Il offre un intérêt archéologique des plus vifs, car presque tous les monuments qu'il représente sont aujourd'hui mutilés sinon détruits.

XIII. Livre d'architecture de Jacques Androuet du Cerceau auquel sont contenues diverses ordonnances de plants et élévations de bastiments pour seigneurs, gentilshommes et autres qui voudront bastir aux champs, etc. Paris, in-fol. (Troisième suite de VII et IX.)

XIV. Livre des édifices antiques romains contenant les ordonnances et desseings des plus signalez et principaux bastimens qui se trouvoient à Rome du temps qu'elle estoit dans sa plus grande fleur. 1584, in-fol.; 63 pi.

Ce dernier ouvrage ne porte pas d'indication de lieu et il est dédié à Jacques de Savoie, duc de Nemours, qui s'était retiré depuis plusieurs années à Annecy. Androuet lui parle, dans cette dédicace, en serviteur qui faisait partie de sa mai-

son et passait auprès de lui o ses vieux ans. » On s'étonnera peut-être d'un tel patronage, mais on doit se souvenir que le duc avait épousé (1566) la fille de Renée de France, Anne d'Esté, après l'assassinat du duc de Guise son premier mari, et Du Cerceau, excellent et comme artiste et comme huguenot, devait nécessairement avoir été un protégé de la duchesse de Ferrare dans sa résidence de Montargis. Or le duc étant mort à Annecy en 1585, on suppose que le commensal, alors septuagénaire, précéda ou suivit de près son maître dans la tombe, et que son dernier ouvrage n'accuse point de lieu d'impression, parce que ce lieu pourrait bien être la cité de Calvin.

2. Baptiste Androuet du Cerceau était fils de Jacques. Il était encore jeune en 1575, époque où il apparaît dans un passage des << Mémoires du duc de Nevers « ainsi conçu : « Finalement il (Henri III) institua une garde nouvelle, que l'on appeloit les 45 gentilshommes ordinaires, parce qu'ils le suivoient toute l'année, en tous lieux où S. M. alloit, desquels il n'en prist un seul qui fust huguenot, témoignage très suffisant de l'intérieur de ce prince. Lequel on ne sçauroit contredire sinon que pour un certain petit architecte, nommé Du Cerceau, que par faute d'autre il prit à son service en l'année 1575, lorsque S. M. estoit en si grande affection de faire bastir une maison de plaisance autour de Paris, pource que ce petit homme pourtrait fort bien et mieux qu'homme de France, et estoit diligent, actif et soigneux aux commandements qui lui estoient faicts. Et aussi que S. M. estoit contrainte de se servir d'un peintre qui souloit faire des inventions pour des mascarades et tournois, nommé De Magny, lequel tant pour son âge qu'aussi pour ne se connoitre guère au fait de l'architecture, et avoit la main dure pour en dresser pourtraits, ne pouvoit satisfaire au gré de S. M. et estoit contrainct de faire travailler sous luy ledict Du Cerceau, qui estoit un jeune garçon, fils de Du Cerceau bourgeois de Montargis, lequel a esté des plus grands architectes de nostre France. Et par ce moyen il fut introduit au service de 6. M. sans

âol-

ANDROUET

quelle lereeonneust pour huguenot. Ledit Du Cerceau a bien fait pénitence en sa charge, ayant fait plus de pourtraits de monastères, églises, chapelles, oratoires et autels pour dire la messe que jamais architecte en France en ait fait en cinquante ans, et de fait il ne bougeoit ordinairement d'avec les Capucins, Minimes, Feuillans, Jésuites et autres religieux et prestres avec lesquels S. M. lu y avoit commandé de conférer pour dresser les bastiments et églises à leur commodité. »

Mais bientôt Baptiste Androuet s'éleva aux suprêmes honneurs de l'art qu'il avait appris à l'école paternelle. Au printemps do 1578 il fut chargé de commencer la construction du Pont- Neuf de Paris et vers la fin de la même année, il eut la haute fortune de remplacer Pierre Lescot, récemment décédé, dans la direction des travaux du Louvre. On le trouve énoncé dans une pièce de l'an 1586 comme étant : « noble homme Baptiste Androuet, sieur du Serseau, Conseiller du Roy, architecte ordinaire dudit seigneur et commis par lui pour ordonner de tous les ouvrages des bastimens et édifices de S. M. et despense qui' y convient de faire. »

Cependant, le roi fut contraint par les réclamations des catholiques de congédier u cet homme excellent et singulier dans son art, » comme L'Es toile l'appelle ; lequel ajoute qu'au mois de décembre 1585 l'habile architecte se retira, aimant mieux « quitter ses biens que retourner à la messe et abandonnant sa maison qu'il avoit nouvellement bastie avec grand artifice et plaisir au commencement du Pré-aux-Clercs *. » 11 avait épousé Marie Ragnidier dont il eut plusieurs enfants, et mourut en 1002.

3. En 1576 figurait parmi les secrétaires employés dans la maison du duc d'Anjou un Jacques Endrouet. C'est un frère de Baptiste et a l'époque où ce dernier cessa de vivre, Jacques acheta la maison du Pré-aux-Clercs; il porte, sur l'acte, les titres de contrôleur et architecte des bâtiments du roi. On peut donc, uvec vraisemblance, lui attribuer

« Cette maison était sur l'emplacement occupe aujourd'hui par les bâtiments de lu rue Bonaparte, entre le» rue» Jacob et des Murais (Visconlii.

l'ouvrage suivant : Plans et dessins de Chantilly, comme étoient le château et parc en 1592, suivant les dessins levés et faits par Androuet du Cerceau, architecte du Roi; in-fol. dédié par le libraire Langlois au prince de Condé. (Biblioth.

Mazarine.)

Le registre du cimetière de la rue des Sts-Pères porte que : « Le 17ejourde septemb. 1614, deffunct Jacques Androuet du Cerceau, architecte des bastimens du roy, estant de la vrayo religion, a esté enterré... par le fossoyeur du d. cimetière, où le corps a esté accompagné par de ses amis et archers du guet. » La part de ce Jacques dans la gloire de sa famille est d'avoir construit la seconde partie de la grande galerie du Louvre, dont il reçut la charge au mois de mars 15'J5 et qui fut achevée vers 1609. Il avait épousé Marie de M alapert qui lui donna au moins trois enfants : 1° Anne, mariée en avril 163 i à Jean d'Ensquerque, secrétaire d'ambassade des Etats- Généraux; 2° Marie (1610-1650), mariée en 1627 à Elie Bédé, sieur des Fougerais, régent de la faculté de médecine; 3° Gaspard, officier au service de Hollande, marié au temple de Charenton, 18 janv. 1638, avec Anne, fille de feu Moise Carré , médecin du roi [VIII , •21)5 a].

■i. Jean Androuet. Les enfants de Baptiste Androuet et de Marie Ragnidier étaient encore mineurs en 161)2.

L'un d'eux, nommé Jean, fut appelé par ordre du roi, le 30 septemb. 1617, à la place d'architecte de S. M. en remplacement d'Ant. Mestivier, décédé. Ce fut Jean qui, associé à deux autres artistes, entreprit en 1639 la reconstruction du Pont-au-Change ; ce fut aussi lui qui construisit à Paris les hôtels de Breton' villiers, de Bellegarde et, de 1624 à 1630, l'hôtel de Sully, qui subsiste encore (rue S.-Antoine, n° 143). On le trouve cité dans divers actes jusqu'en 1649 ; mais on n'a aucun autre renseignement à son égard.

5. Chakles Androuet se trouve inscrit dans la maison du duc d'Anjou, à la date de 1580, comme « vallet de garderoljbe. » 11 est probable, que c'est un troisième fils de Jacques Androuet i et un frère de Baptise et de Jacques II.

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