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L'AUTRICHE ET SES CONOÙÊTES. 40K

fier ses provinces le long du Danube que les usurpations qu'elle se permet en Pologne et en Moldavie^ qui lie doivent pas moins l'avilir à ses propres yeux qu'elles la déshonorent à ceux de touie l'Europe; mais la maj^on d'Autriche n'a que la cupidité des acquisitions et ignore Fart de les faire valoir. Heureuse la monarchie dont le souverain ne fait consister sa gloire que dans le bonheur des peuples que la Providence a confiés à ses soins^ c'est le caractère de Votre Majesté; mais je prévois que cela ne sera pas celui de l'Empereur, dont l'esprit inquiet et avide présage bien des alarmes et peut-être des malheurs à l'humanité. . . Il est réservé à Votre Majesté de les conjurer, de mettre une digue à ce torrent qui menace de déborder, et je me flatte que ce sera moins la force de vos armes que celle de votre exemple.; il aura, Sire, l'efiEetle plus décisif et le plus universel, lorsque, l'opinion de notre impuissance une fois dé* truite^ TEurope sera forcée de reconnaître que votre modération est une vertu de votre choix... Jusqu'ici nul engagement ne la lie à prendre part à des circonstances qui lui sont étrangères, et qui se passent sur un théâtre trop éloigné pour qu'EHe puisse y jouer le premier rôle, le seul qui lui convienne.... L'intelligence des puissances copactageantes na jamais été que précaire; leurs jalousies réciproques suspendues... ne tarderont pas à se reproduite... divisées entre elles, chacune s'empressera de rechercher Votre Majesté. La difficulté sera de faire un bon choix et d'y mettre les nuances .convenables, pour qu'Elle ne puisse être entraînée hors de son système pacifique. La Russie est sans doute la plus

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intéressante à recouvrer, pourvu que nous puissions l'ainalgamer avec la cour de Vienne, et que ce sys* tème ne se fonde pas sur l'oppression du roi de Prusse. Nous avons plus d'intérêt, Sire, à humilier son orgueil qu'à anéantir sa puissance; ceji'est qu'en la conservant que Sa Majesté peut compter sur la fidélité de la cour de Vienne. »

Ménageroenu Lc désîr ardcut du gouvernement français de coDserration de maintenir la paix devenait chaque jour plus diffignôieT'i^t^rde ^''^9 ^^^ ^^ passiou natioualc qui existait en France éZllfsûeVr^ contre TAngleterre se produisait aussi en Espagne, et d'Espagne, gj j^ cour dc Madrid, maltraitée comme celle de Versailles dans la dernière paix, avait peine à se contenir : a Ce que l'ambassadeur (le comte d'Aranda) a eu l'honneur de dire à Votre Majesté de la nécessité d'avoir une bonne marine, disait Vergennes à Louis XVI, est conforme à ce qu'il nous a représenté^ en bien des occasions, à M. le comte de Maurepas, à M. de Sartines et à moi. Je ne doute pas que ce ne soit sur les ordres de sa cour qu*il s'en est expliqué comme il l'a fait avec Votre Majesté. La lettre confidentielle que M. le marquis de Grimaidi m'a écrite m'autorise à le croire. . . Elle exige une réponse qui me semble embarrassante à faire. C'est de M. le contrôleur général et de M. de Sartines que je dois attendre les bases pour la fournir; celles qu'ils peuvent me donner ne paraissent pas solides. Cependant, la réquisition de l'Espagne est instante, et, en quelque sorte, comminatoire. Il serait dangereux de la décourager et peut-être imprudent de la rassurer. La résolution qu'il s'agit de prendre me paraît si grave en elle-même et si intéressante dans ses suites, puis-

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