‹ La France, tableau géographiqueChapitre 108 sur 275 · VAL D'ORLEANS · texte numérisé non relu

VAL D'ORLEANS

LE FLEUVE, dès Briare, est attiré vers la dépression ; mais c'est plus bas, au-dessous de Gien, vers Sully, qu'il s'y engage. Sept kilomètres séparent alors les deux bords de la vallée ; les molles croupes de Sologne d'un côté, et, de l'autre, les terrasses de sable rougeâtre de la forêt d'Orléans s'écartent : dans ce cadre agrandi, la Loire dessine de larges courbes entre les digues ou farcies qui l'enserrent. Partout l'alluvion vaseuse qu'elle a déposée, la laye bienfaisante, s'étend. Quelques phs marécageux subsistent encore au pied des coteaux du front septentrional : ils sont rares, Depuis longtemps la culture a pris possession de ces alluvions, et les a victorieusement disputées aux crues. Les vignes et les vergers garnissent les rampes du Val ; plus on avance vers Orléans, plus ils envahissent le Val lui-même; ils s'y mêlent alors aux parcs et aux grands bouquets d'arbres qui répandent sur le pays un aspect d'élégance seigneuriale. Mais en amont, c'est plus humblement, par des champs de labour, que s'annonce le Val. La glèbe luisante et onctueuse donne le secret de l'abondance précoce qui y attira des populations, créa un foyer de travail humain, fixa un centre historique.

C'était entre les régions ingrates qui couvrent le fleuve au Nord et au Sud, comme une oasis de fertilité. Ce val parmi ceux qu'arrose la Loire, semble la contrée qui fut le plus tôt aménagée, purgée de marécages, dépouillée de bois, protégée contre les reprises du fleuve. Aujourd'hui, une foule de petites maisons qui ont dû se contenter des matériaux, cailloux ou briques, fournis par le sol, garnit l'intervalle entre les nombreux villages. Mais dans ceux-ci des vestiges d'art roman subsistent de toutes parts. La masse découronnée de l'éghse de Saint-Benoît, en belle pierre de Nevers, domine, écrase presque champs, maisons et villages. Bâtie sur l'emplacement d'un établissement romain, l'église bénédictine de l'ancienne abbaye de Fleury évoque les grandes écoles carolingiennes, l'ancienne richesse et la fleur de civilisation née en pleine barbarie grâce à celte richesse. Le vieux Capétien qui dort sous les dalles du chœur' témoigne à sa façon que, pen-

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