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LA RÉGION RHÉNANE

I. ENSEMBLE DE LA RÉGION" RHÉNANE. || II. DIFFÉRENCES AVEC LE BASSIN PARISIEN.

LA LORRAINE et l'Alsace s'adossent au Massif des Vosges. Ces deux contrées se touchent: naguère elles se complétaient. Bien que très différentes, au moins par l'aspect, elles sont impossibles à expliquer l'une sans l'autre. Le rapport intime qui les unit se révèle dans leur structure et dans leur participation à une même histoire géologique. Il résulte aussi d'un autre genre de ressemblances qui assaillent l'esprit au seul appel de leur nom. Ces contrées sont des frontières. Elles l'ont été dès l'origine de l'histoire. Elles n'ont cessé de l'être que temporairement, sous les Mérovingiens et les Carolingiens. Leur existence est traversée, dominée même, par les conflits généraux des Etals et des peuples.

La Lorraine et l'Alsace ne peuvent être considérées iso- E\^EMBLE lément : elles font partie d'une région oîi elles se coordonnent DE LA RÉGION a^'^^c d'autrcs contrées analogues dans une histoire géolo- RHÉNANE gique commune. La rive droite et la rive gauche du Rhin, la Forêt-Noire et les Vosges, les pays du Neckar et ceux de la Moselle forment dans l'évolution du sol un ensemble qu'on ne peut morceler sans nuire à l'intelligence de chaque partie. Cette région, que nous appellerons rhénane, a été primitivement continue ; l'interruption tracée par la plaine du Rhin n'a commencé à exister qu'après de longs âges. Il faut se la représenter, dans cet état primitif, comme un large bombement, un dôme qui se serait graduellement soulevé. Peu à peu, en s'exagérant, ce mouvement produit au point faible, c'est-à-dire, au sommet de la voûte, une rupture, première esquisse de la dépression future. C'est le commencement d'accidents qui désormais ne cesseront pas de se répéter. Lorsqu arrive l'âge des grands soulèvements alpins, les accidents qui en sont le contre-coup se multiplient sur cette fente qui les attire. C'est alors qu'on voit pour la

La France dn Nord. livriî piiemier, m

première fois une dépression, sous forme de bras de mer', s'allonger à la place qu'occupe aujourd'hui la plaine rhénane. A mesure que la dépression s'enfonce, les bords se relèvent. Du côté où les Vosges et la Forêt-Noire, chaînes jumelles, se regardent, des fractures ou failles découpent leurs bords; des pans entiers de roches, entraînés le long de ces fractures, s'appuient aux chaînes restées debout. Du côté opposé, des accidents semblables se sont produits, mais plus locaux, moins pressés, sans la continuité qu'affectent sur l'autre versant les longues dislocations qu'on peut suivre. La Lorraine vers l'Ouest, la Souabe et la Franconie de l'autre côté sont des plateaux inclinés en sens inverse : la plaine rhénane est le résultat final d'une lézarde qui s'est peu à peu agrandie.

Tel est, sommairement, l'enchaînement de faits qu'il est inutile de poursuivi-e ici en détail. Il présente un ensemble lié. Une conception générale doit présider à l'étude des divers éléments du groupe. On ne peut faire complètement abstraction, même quand on borne son étude à une partie, des autres parties qui lui correspondent.

Mais les ressemblances, dans la région rhénane, ne vont n,cc-L^Df»,^E-c- pas au delà des traits généraux de structure. Entre les diverses

DIFFERENCES -T ^ o » -i , .

AVEC contrées de ce groupe naturel il y a symétrie, correspondance LE BASSIN incontestable, mais non centralisation.

PARISIEN C'est en cela que consiste la grande diiTérence entre cette

région et le Bassin parisien. Dans celui-ci, malgré les nuances qui diversifient le climat et le sol, malgré les infidélités commises par quelques fleuves ou rivières au réseau fluvial, les influences générales dominent, les particularités se subordonnent à l'ensemble, tout conspire à créer une vie commune, qui naît des conditions naturelles. C'est à l'épreuve des événements et des habitudes que chaque partie apprend qu'elle ne peut se désintéresser de l'ensemble. Les échanges, les relations liées à la vie agricole ou aux industries locales sont autant d'influences familières et constantes qui entretiennent le sentiment de vie commune.

La région rhénane, telle que nous l'avons délimitée, n'embrasse pas une plus grande étendue que le Bassin parisien; tout au contraire ^ Mais les unités secondaires y conservent bien plus de relief et de vigueur. L'hydrographie, le climat, pour ne citer que les agents de diversité les plus puissants, introduisent des diflérences marquées. L'enfoncement, probablement encore persistant, de la plaine rhénane, a créé un réseau particulier de rivières qui gagnent directement le Rhin. Les rivières nées au contraire sur les plateaux lorrain et souabe obéissent dans une bonne partie de leur cours à des pentes

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