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VIE DES VOSGES

LIlOMMi: DA.\S Lr.S HAUTES-VOSGES

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1 tH.U ME iSt Ir domaine d'été de la vie pastorale vosgicnne. La l'ègctation

arbon-scifitr.soii.i fornu- ilc taillis huissonn'ii.r de hêtres, rxpirc à Ut limite inférieure.

f 'est là que de préférence se blottit le rkalety profitant de l 'insolation des penivs.

le mot germanique de n\i\Ti\Mi\\re , qui en désigne les habitants, indique que ce sont Us itsaciensqni mencé cette exploitation.

PUologruvliie de M Vé- InîuCFiff.lî?).

\lfOXr SAiyTE-ODlLE; le mur païen.

■i-'l septentrionale des Vosges granitique

— Le mont Sainte-Odile occupe un site dominant, à l'extrémité

. et tombe en escarpements vers la plaine d'Alsace. Sur ses croupes

entre les bois de sapins, on suit pendant

ine longue distance de rudes fortifications, dont les matériaux em-

prnntés à la roche même sont simplement

assemhtés. Elles durent servir de refuge. La legmde de la patronne

de l'Alsace a christianise le site, devenu l

but de fréquents pèlerinages. Pl.ot. delà Uev. «Isao. illufit. (Fi-. 1*3).

OPOGHAPHIE DE I.A LORRAINE

LE TRAVAIL DES EAl'X SVH LE FRONT DES COTES

LA MEURTHE de la côte rf, près de confluent avec la Moselle. Elle a déblaye largement les marnes du lias. La fit niée des ha utsfo tir ne aux monte vers les petites oit gisent les minerais de fer au contact du lias et des calcaires oolitkiqncs.

L'aspect industriel envahit la campagne. Le sillon de la Moselle se devine à l'arrière-plan.

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cn.vpiTnE PREviKn Les Vos^/nt.

saclions avec les monlagnards. Leurs grandes halles, leurs rues à arcades, leurs larges places les caractérisent, aussi bien que les eaux vives de leurs fontaines. C'est là que le Vosgien venait, à époques fixes, troquer son bétail ou les produits de son industrie, pour le grain nécessaire à sa nourriture, pour le lin qui devait occuper son travail d'hiver.

Avec la ténacité caractéristique de nos vieilles races de montagnes, une population s'implanta jusque dans les intimes replis du massif. Elle se fit place aux dépens des forêts, sur les flancs inférieurs des vallées, sur les versants où s'attardent les rayons du soleil. Dans les basses le long des collines, tant qu'il fut possible de faire pousser entre les pierres quelques-unes de ces récoltes de seigle ou de méteil qu'on voit encore à moitié verts à la fin d'août, s'éparpillèrent les granges, séjours permanents de ces montagnards. Ces maisons larges et basses, dont les toits en bardeaux s'inclinent et s'allongent pour envelopper sous un même abri le foin, les animaux et les hommes, sont les dernières habitations permanentes qu'on rencontre avant les chalets où les niarquaires viennent, en été, pratiquer leur industrie'. Quelquefois un coin de terre plus soigné où l'on cultivait un peu de chanvre, où croissent quelques légumes, avoisine ces granges. On voit, dans les vallées qui confluent à la Bresse, le domaine qu'elles se sont taillé sur les versants tournés vers le Sud, entre les champs pierreux qui montent jusqu'à la lisière de bois et les talus de moraines qui leur fournissent souvent un meilleur sol. Jusqu'audessus de 800 mètres, les dernières granges se hasardent; ensuite, il ne reste plus qu'à s'élever encore de 200 ou 3oo mètres pour atteindre les chaumes, les pâturages d'été qui, dès le vni" siècle, commencèrent à être méthodiquement exploités. Par eux et j^ar les seuils tourbeux qui les avoisinent on franchit aisément la ligne de faîte qui sépare des riches vallées d'Alsace. Il y avait ainsi près du Rothenbach, au sud du Hohneck, un vieux « chemin des Marchands », que pratiquaient les gens de la Bresse pour se rendre dans la vallée de Munster. Ces hameaux épars dans les vallées formèrent de petites autonomies. Sous le nom de Bans, qu'on retrouve dans toutes les parties des Vosges, ils se groupèrent en petites unités distinctes, ayant leurs relations, leurs costumes et leurs mœurs. On ne s'étonne pas, dans quelques-uns de ces replis retirés, de voir encore de petites communautés d'anabaptistes vivant à part.

A mesure que la population augmenta dans les Vosges, elle demanda davantage aux ressources de la nature ambiante, et principalement à la silve immense et aux eaux courantes. On exploita les forêts pour vendre des arbres à la plaine ; et de bonne heure la Meurthe vit s'établir un flottage important vers les l'iches campagnes de Metz. Des scieries, des moulins à papier profitèrent de la force des rivières. On en comptait un bon nombre dans les Vosges au xvi' siècle; et longtemps même avant cette époque, des verriers utilisaient les sables des Vosges gréseuses, à Darney comme à Bitche ou à

I. Maïquaire, allératiou française de melher (celui qui trait les vaches).

( iSi )

La France du Nord. livri; premier, m

Forbach. La vie industrielle y naquit de bonne heure. Forcée de joindre les ressources du tisserand aux trop maigres profits qu'elle tire du sol, de se mouvoir et de s'entremettre pour vivre, cette population fut soustraite par ses habitudes mêmes à la fixité monotone où s'engourdit parfois l'âme du campagnard. Grâce aux mines autrefois importantes, une colonisation artificielle Y assembla comme une marquetterie d'habitants tirés du dehors. Les rangs de la population devinrent peu à peu assez denses pour que l'industrie moderne, enquête d'une main-d'œuvre économique, vînt largement y puiser. L'industrie autour et au pied des Vosges a commencé par être humble, issue des besoins élémentaires de l'existence ; et néanmoins un lien ne manque pas entre ces pauvres industries de tisserands nées spontanément dans la montagne, et les usines qui s'étalent aujourd'hui dans la plaine d'Alsace ou dans la vallée de la Moselle.

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