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riiot. dft In Revue Alsecienne Illtistr*!» fFtp. \AS).
Dry/.KMIKIM IKochersberg) : cour de grande ferme. Là.
comme dans la figure lirrc'deutc. la variété
'""■"""" "' remarquable : au pisé et an bois s'ajoute ta pierre, pour tes angles, cintres, escatiers t'ne originalité mm dépourvue d'élé- ^-nnce se montre daus les balcous sculptés, les
saillie. On devine que ces galeries ouvertes, aménagées pour le soleil, se garniront à eerlaines époques de l'année, d'éi-is de mais, de feuilles de tabac ou
Lu cour. n'est pas hermétiquement close
dans le
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Phot. rtft la Revue Âisftcteune Illustrée (Fip. 1141.
ALSACE
y IL LA G/- s AGRICOLES ET FERMES
SCHERWILLEK I Knchersberg) ; une rue de village rural. La rue, quoique large, ne sert pas de réceptacle au mati'ricl agricole. Les maisons, rapprochées
une contre les autres, gardent chacune un air d'individualité.
Entre elles des arbres montrent leurs
qu'on aperçoit au premier plan, se distingue par des défaits compliqués, de caractère un peu archaïque ; elle date du dix-huitième siècle.
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BERSTETT (Kochersberg). Maison de 118-2, antre variante du type de fermes villageoises ;à droite, la porte de l'ancien château d'-s seigneurs de Bcrstett.
Dans ces constructions rurales, comme dans celles de la figure précédente, respire l'opulence que les campagnes d'Alsace, si éprouvées par la guerre dr Trente ans, avaient atteinte à la fin du dix-huitième siècle.
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cHAPTiRE IV Alsace.
Ces terrains constituenl un sol nourricier qui a attiré les animaux et les hommes. Partout oîi il règne, soit à Tagolsheim dans le Sundgau, soit à Egisheim et en d'autres stations près de Colmar, soit h Aclienlieim près de Strasbourg, des objets d'industrie primitive, des ossements humains parfois, indiquent une prise de possession très ancienne, qui s'est poursuivie sans interruption sur les mêmes lieux. C'est par cette zone que l'homme a fait la conquête de l'Alsace. Avant de dessécher ses plaines noyées, de s'aventurer près des eaux vagabondes, de défricher forêts et vallées, c'est sur ces terrains naturellement secs, faciles à travailler et fertiles, qu'il a fondé, puis multipUé ses établissements. Sans la présence de ce terroir bienfaisant, on s'expliquerait peu le caractère précoce qui distingue nettement la civilisation de la contrée.
La bande de lœss est inégalement répartie le long des Vosges : Au Sud elle est étroite, souvent interrompue ; elle abandonne encore aujourd'hui près de la moitié de la Haute-Alsace aux bois ou aux landes. Mais au Nord de Sclilestadt et surtout entre Hochfelden et Strasbourg, dans le pays appelé Kochersberg, elle s'étale : c'est la région rurale et agricole par excellence. Limitée au Sud par la Bruche, à l'Est et au Nord par les forêts de Brumath et de Haguenau, elle s'élève vers l'Ouest par petits ressauts jusqu'au voisinage de Saverne. Les cultures y couvrent tout ; le type exclusif de jîeuplement est le village : villages atteignant rarement 5oo habitants, mais très rapprochés, d'aspect riche et cossu, avec leurs larges maisons en pisé qu'égayent leurs poutres entre-croisées, leurs balcons, leurs sculptures, leur entourage de vergers.
L'Alsace est une contrée de zones géographiques bien tranchées, dont chacune a marqué son empreinte distincte sur l'homme. Le plantureux et riant village des plaines de lœss ; le village étroitement serré, bâti en calcaire blanc, sur le vignoble ; la petite ville impériale et murée à l'entrée des vallées ; puis çà et là, planant sur les hauteurs, les châteaux ruinés, les mystérieuses fortifications de temps plus anciens encore : telles sont, dans leur rapport particulier avec les différences de relief et de sol, les formes très déterminées, très individuelles et très précises que les établissements humains ont gardées en Alsace. Partout de petites autonomies, tirant des conditions locales leur vie et leur physionomie propres.
Il est un point de la plaine où les terrasses de lœss se -TRASBOURG prolo^gent plus avant que partout ailleurs. Dentelées à la base par des échancrures concaves qu'ont entaillées d'anciens méandres de la Bruche, elles ne se terminent qu'aux bords de l'IU, à l'endroit où il multiplie ses bras avant de se jeter dans le Rhin. A Schiltigheim et Kœnigshofen, leurs dernières éminences dominent l'île fluviale où se forma le noyau de Strasbourg. Un camp romain y succéda à quelque étabUssement celtique. Ce fut une ville rhénane, mais
Ln France du Nord. i.ivhe premieu, m
surtout « la ville des routes ». De bonne heure, c'est vers l'Ouest, vers Kœnigshofen et les premières terrasses de lœss que s'étendent des faubourgs. Là aboutit la voie romaine qui vient de Saverne. Elle eut soin de se tenir sur ces plates-formes découvertes que l'inondation n'atteint pas, qui n'opposent pas de marais, où les rivières mômes sont rares, et qui par là ressemblent à un pont naturel entre le Rhin et les Vosges.
Celles-ci s'interrompent presque au Nord-Ouest de Strasbourg. Lorsque, vers Niederbronn, Wœrth, Bouxwiller, Saverne, on se rapproche de leur bord, l'œil est dérouté par les traits du paysage, il n'y retrouve plus le cadre habituel de la plaine. Des collines semées sans ordre remplacent le rideau des côtes sous-vosgiennes; il est Aisible qu'elles sont constituées par des pointements de roches diverses. Des sources minérales nombreuses se font jour. Ces indices font pressentir ce que l'observation géologique a constaté : l'existence d'un champ de fractures très étendu et très morcelé, tout un système de dislocations et de failles, qui, dans cette partie de la façade vosgienne, hache la structure'. Entre des compartiments enfoncés se dressent des lambeaux de roches, témoins épars de rangées j^resque entièrement détruites. La continuité même des Vosges semble atteinte. Les grès qui, au Nord du Donon, en composent à peu près exclusivement la surface, se réduisent entre Saverne et Sarrebourg à une bande qui n'a pas plus de 20 kilomètres de large. La montée même, malgré les hardis lacets de la route dont Gœthe parlait avec admiration, se réduit à aSo ou 3oo mètres au-dessus de Saverne : un étage à franchir plutôt qu'un col. Dans toute l'étendue de cette région effondrée, les passages faciles se multiplient. Bitche, non moins que Saverne, offre une voie naturelle ; elle conduit vers Metz, comme celle de Saverne vers Toul et Paris.
Cette chaîne de relations se lie, à Strasbourg, avec la navigation désormais plus facile du Rhin, avec les voies qui, par la dépression de Pforzheim, se dirigent vers le Neckar et le Danube. L'importance de la cité où se nouent ces rapports ne pouvait que s'accroître. Elle tenait les passages. On retrouvait la domination de ses évoques sur les roches qui surmontent Saverne, comme sur les coteaux d'Offenburg, qui surveillent la rive droite du Rhin.
Ce fut ainsi une nouvelle personnalité urbaine, commerçante et guerrière, qui grandit dans la famille des cités d'Alsace. Elles les domine, comme la flèche de sa cathédrale domine au loin les arbres parmi lesquels elle s'élance ; mais elle est des leurs. C'est une république urbaine plutôt qu'une capitale de province. L'Alsace resta toujours le pays fortement municipal, dont la vie ne s'est jamais concentrée dans un seul foyer. De cette vie urbaine sont sorties les fécondes initiatives, aux temps de l'humanisme comme aux débuts de l'industrie moderne.
Chose remarquable cependant, l'autonomie de ces robustes individua-
I. Voir plus haut, chap. i, figure 119, planche 63, (Failles des Vosges).
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ciivriTHiî IV Alsace.
lités, urbaines, villageoises ou régionales, n'a pas nui au senliment de l'unité de la contrée. Celle-ci a clé aimée et étudiée comme peu d'autres. Une harmonie toujours présente s'exhale de cet ensemble que le regard peut presque partout embrasser: la montagne, la plaine, le fleuve. Le monde de souvenirs et de légendes qui s'y rattache s'associe aux premières imaginations de l'enfance. Enfin même celle nature d'Alsace, tout empreinte encore de l'action puissante des phénomènes géologicjues, garde certains trails de nature primitive, pour lesquels est ordinairement mortel le contact d'une civilisation avancée : là peut-être est son charme le plus exquis, le principe de son action profonde sur l'homme.