DU LANGUEDOC A U AU VERONE
I. VOIES DE PENETRATION DU LANGUEDOC A L AUVERGNE. || II. LES CAUSSES. Il 111. PATS CÉVENOL. || IV. ANCIENS RAPPORTS.
/ Tr)APi une disposition résultant de sa structure, le Massif
VOIES DE J7 central s'ouvre dans le sens du Sud au Nord ou inver-
PÉNÉTRATioN sèment. De la Méditerranée si voisine, hommes et plantes
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^ S insinuent a travers tes tentes du talus, pourtant raide et
L'AUVERGNE élcvé, qu'il oppose. Bien que cet angle Sud-Est du Massif en soit la partie culminante, la nature y a frayé des passages, noué des rapports.
,1 Là s'étendent, sur plus de 5 ooo kilomètres carrés de
LES superficie, les plateaux calcaires qui forment la région des
CAUSSES Causses. Lorsque d'un de ces sommets où les vents d'Ouest et d'Est se livrent de furieuses batailles, de l'Aigoual par exemple, on aperçoit d'une part le miroir brillant de la Méditerranée et de l'autre ces Causses immenses dont les ondulations à peine sensibles ne se laissent deviner qu'aux alternances d'ombre et de lumière, cette contiguïté de deux mondes frappe vivement l'esprit. Ces Causses jetés ainsi comme une draperie étrangère par d'anciennes transgressions marines, lambeaux calcaires enchâssés à de grandes hauteurs entre les parois disloquées des roches de granit et de schistes, ont beau présenter aujourd'hui à la surface l'aspect d'une désolation presque absolue ; l'abondance des monuments mégalithiques montre que leur sol chaud, et moins sec quand il n'avait pas encore été dépouillé de ses bois, fut habité de préférence par les anciens hommes. Même aujourd'hui, dès que sur les croupes granitiques du Gévaudan apparaît un fragment isolé de Causse, témoin de la formation en partie
Etilre les Alpes et l'Océan. livre h, h
disparue, on en est averti par la présence de champs cultivés, de maisons et des sources qui garnissent le pourtour.
Si les Causses Méjean, Noir, Larzac, etc., ont perdu avec leurs taillis leurs anciennes populations, il y a entre eux des vallées profondes qui sont de rares, mais puissantes artères de vie. Entre les hauts et bizarres promontoires, les rivières recueillent silencieusement le tribut souterrain des eaux. Elles s'avancent avec rapidité, mais sans tumulte, bordées de cultures. Leur ruban émeraude se déroule entre la végétation loufl'ue dun vert sombre et de blanches traînées de galets. Ce sont les voies par lesquelles se projjagent les espèces vivantes. Les hommes en ont tiré parti. Le long de la lisière méridionale du Causse Larzac se faufilait, par Lodève et Millau, une importante voie romaine pénétrant dans l'intérieur du Massif.
iji D'autres voies se glissaient, à l'autre extrémité des
PAYS Causses, vers les hauts plateaux, aussi tristes que les altos CÉVENOL OU parameras castillans, où naît l'Allier. Ici c'est dans la masse schisteuse elle-même que les pluies et les rivières ont pratiqué de profondes entailles. Entre le Tanargue et l'Aigoual, le versant, exposé aux violents orages d'automne et aux aflbuillements énergiques des torrents méditerranéens, est constitué par des schistes ardoisés, très friables. Leurs flancs ruisselants déboulis luisent au soleil dans les intervalles que ne couvre pas l'ombre des châtaigniers. Entre ces masses découpées, des vallées profondes encaissent laBourne, le Chassezac, la Cèze, les Gardons, toute la troupe bruyante de torrents qui presque immédiatement au pied de leurs sources dévalent de 5oo à 600 mèlres. Des cultures en terrasses et des châtaigneraies garnissent les versants de ces vallées. Les arêtes, sortes de cloisons, qui les séparent s'appellent des Serres ; et leur sommet, comme entre les vallées profondes du Pinde dans l'Acarnanie ou l'Epire, est suivi par les routes. Çà et là une nappe de grès ou de calcaire, épargnée j^ar l'érosion, s'étale et forme ce qu'on appelle une Camp. Cet ensemble est le pays vraiment Cénevol, aux centaines de hameaux, épars dans la verdure et sur les pentes, parmi les gradins et les rigoles d'irrigation.
jy Par la crête qui domine le Val Francesque et gagne
ANCIENS vers Florac la vallée du Tarn, par la Serre des Mulets, qui
RAPPORTS s'élève vers les landes et les pâturages coupés de taillis de
hêtres de la montagne du Goulet, par l'arête qui, séparant
la Cèze et le Chassezac, accède au collet de Villefort et de là au pays
Lozerot, abondent les vestiges d'antique circulation partant de Nîmes ou
du Rhône. A mesure qu'on s'élève au-dessus de la région des ravins, le
paysage se compose plus largement ; le modelé se calme ; la physionomie
devient monotone. Des sentiers ou pistes, suivis de temps immémorial par