‹ La France, tableau géographiqueChapitre 26 sur 275 · I. DIFFERENCES POLITIQUES E^ITRE LES CO^'TI^'E^^TS ET LES · texte numérisé non relu

I. DIFFERENCES POLITIQUES E^ITRE LES CO^'TI^'E^^TS ET LES

ILES. Il II. EN QUOI LA FRANCE SE MONTRE-T-ELLE CONTINENTALE? § I. I. CONTIGUÏTÉ

CONTINENTALE AU SUD. || II. R.iPPORTS AVEC LE MONDE IBÉRIQUE. §2. I. CONTACT DE

LA FRANCE AVEC l'eUROPE CENTRALE. || II. ACTIONS ET RÉACTIONS. |1 III. PRINCIPALES VOIES DE MIGRATIONS DANS l'eUROPE CENTRALE. || IV. ASPECT GÉOGRAPHIQUE DE LA QUESTION. || V. ROLE DE LA FORET DANS LES DIVISIONS PRIMITIVES DE l'eUROPE. |1 VI. ANCIENS SOLS AGRICOLES DE l'eUROPE. || VU. LES ZONES AGRICOLES DE l'euROPE CENTRALE EN RAPPORT AVEC LA MARCHE DE LA CIVILISATION. H VIII. POUSSÉES EN FRANCE d'iNVASIONS VENUES DE l'est. § 3. LA ZONE d'aLLUVIONS LITTORALES DE LA MER DU NORD.

LA FRANCE, malgré sa position sur les deux mers, adhère largement au tronc continental. Elle s'incorpore au continent, comme une statue aux trois quarts encore engagée dans le bloc Elle en est partie intégrante. Qu'on songe en effet qu'avec nos terres armoricaines se termine la plus longue bande continentale du globe : de nos côtes à celles de l'Asie orientale les terres se déroulent sans solution de continuité sur i/jo degrés de méridien, en s'élargissant de plus en plus vers l'Est. Il y a donc pour la contrée qui expire entre 40° et 5i" de latitude sur l'Océan, soit de la Rochelle à Calais, un hinterland énorme, dont une partie au moins, n'étant pas séparée d'elle par de hautes montagnes, pèse de tout son poids. La pression des influences continentales s'y exerce dans sa plénitude, tandis qu'elle s'atténue plus ou moins sur l'Itahe, l'Espagne, la Grande-Bretagne, les îles et péninsules qui rayonnent autour d'elle.

Personnalité Géographique de la France. première partie

Les naturalistes analysent les différences que présente la DIFFÉRENCES niarchc de la vie végétale et animale, selon qu'elle se produit POLITIQUES dans les îles ou sur les continents. Ils nous montrent que le

ENTRE nombre d'espèces va diminuant dans les îles, suivant la dis- LES CONTINENTS {g,j,pg q^jj ^gg sépare du continent. A la grande complexité qui caractérise sur les continents le tableau de la vie, se substitue dans les îles une simplicité relative. Les éléments qui composent le monde vivant étant ici moins nombreux, il en résulte que les conditions de la lutte pour l'existence sont différentes. Certaines espèces que leur faiblesse vouerait sur le continent à une destruction rapide, parviennent, dans les îles, à se conserver longtemps ; et leur nombre, relativement considérable, imprime un cachet d'autonomie aux flores et aux faunes insulaires. Il est vrai que cet état d'équilibre est vite rompu si les circonstances introduisent des espèces plus vigoureuses et envahissantes. Devant ces nouveaux champions qui entrent en lice, la résistance des espèces qui n'avaient d'autre garantie que leur isolement ne tient guère. On voit alors des changements d'autant plus brusques et radicaux que l'isolement avait été plus complet. L'arrivée des Européens aux Mascareignes, à la Nouvelle-Zélande, a été le signal de révolutions de ce genre.

On peut faire application de ces notions aux faits de la géographie humaine. Les îles et, dans une certaine mesure, les péninsules puisent dans un fonds ethnique moins riche que les continents. Elles offrent le spectacle de développements autonomes, interrompus de temps en temps par des révolutions radicales. C'est une conséquence de l'espace limité et relativement étroit alloué aux sociétés qui s'y sont formées. Le cadre où elles sont contenues est pour elle une sollicitation permanente d'autonomie. Elles y tendent comme vers leur état naturel. Cette autonomie, plus facilement réalisée qu'ailleurs, s'étend aux habitudes, au caractère, parfois jusqu'à l'histoire. L'exemple de l'Angleterre et de l'Espagne montre comment des parties complètement ou à demi détachées du continent et plus libres ainsi de s'absorber dans une tâche unique, peuvent porter dans leur histoire le caractère de spécialisme qui distingue chez elles la nature vivante. Mais nulle part non plus on n'a observé de changements plus radicaux. N'est-ce pas dans des îles ou des péninsules que se sont produites, et là seulement, que pouvaient se produire des ruptures telles que la substitution d'une Angleterre saxonne à une Bretagne celtique, dune Espagne chrétienne à une Espagne moresque, d'un Japon moderne à un Japon féodal, et peut-être jadis d'une Grèce hellénique à une Grèce mycénienne ? Ces révolutions frappent par un certain caractère de simplicité dans la façon dont elles s'accomplissent et par la possibilité de les ramener à peu près à des dates déterminées.

La marche de la vie sur les continents est différente. Elle se déroule sur un plan plus vaste. Plus de forces sont à l'œuvre pour faire continuellement succéder un nouvel état de choses à l'ancien ; mais le changement rencontre aussi plus de résistances. L'aire de propagation des espèces vivantes, et en

cHAMinE m Les Influences du dehors. Le Continent.

particulier des mouvements humains, embrasse des étendues d'autant plus considérables que la limite la plus difficile à franchir, celle de la mer, est plus éloignée. La juxtaposition en Europe des races germaniques et slaves, les invasions turques et mongoles, l'extension de la civilisation chinoise, sont par excellence des faits continentaux. Une complexité plus grande règne dans les choses. Lorsqu'on cherche à approfondir, on s'aperçoit qu'une même teinte de civilisation ou de langue couvre des éléments ethniques très différents, et qui n'ont nullement, sous l'étiquette qui les dissimule, abjuré leurs différences.

„ Engagée, bien que moins profondément que la Germanie

EN QUOI et la Russie, dans la masse continentale, la France tire de celte

LA FRANCE positiou Ics éléments essentiels qui composent chez elle la na-

^^ ture vivante. Elle est h cet égard un morceau d'Europe. Par

Page 1