‹ La France, tableau géographiqueChapitre 28 sur 275 · I. Voir Carte Frontispice · texte numérisé non relu

I. Voir Carte Frontispice

cn.\riTHE III Les Influences du dehors. Le Conlinenl.

Vienne, le buis jusqu'en Thuringe, lit, comme le hêtre, bien au delà, jusque vers le Dnieper. ]\os arbres méridionaux amis de la lumière, le châtaignier, le noyer, se montrent l'un jusqu'à Heidelbcrg. l'autre jusque dans les vallées du Ncckar et du Main. Le type de hauteur boisée, qui fait de forêt le synonyme de montagne, Forêt-Xoire, Fore't de Thuringe, domine également des deux côtés du Rhin. Nulle part ne se concentre un ensemble de dilTé renées capable de frapper la vue. de suggérer d'autres habitudes et d'autres manières de vivre. La France a éprouvé du côté de l'Allemagne une difTicullé parlicuUère à dégager son existence historique et à marquer ses Hmites.

Par là, des influences venues de loin se sont toujours fait

'' sentir. On aperçoit distinctement à travers l'obscurité des temps

£j. préhistoriques que la marche des migrations, plantes et

RÉACTIONS hommes, a suivi des directions parallèles à celles que tracent

les Balkans, les Carpates, les Alpes, de l'Est à l'Ouest. Il

semble bien prouvé que non seulement le blé, l'orge et le lin, cultivés aussi

sur les bords de la AlécUterranée, mais encore le seigle, l'avoine et le chanvre,

cultivés seulement dans le Centre et le Nord de l'Europe, sont venus de l'Est.

Mais il y a aussi des mouvements en sens contraire ; et l'Ouest de l'Europe

n'a pas eu un rôle seulement passif dans ces échanges. 11 faut admettre une

longue série d'actions et réactions réciproques. La France a participé, vers

l'Est, aux palpitations d'un grand corps ; beaucoup d'éléments nouveaux

sont entrés par là dans sa substance et dans sa vie.

„, Si l'on jette les yeux sur la carte ' où nous avons essayé

PRINCIPALES de tracer, pour la partie de l'Europe qui nous intéresse, les con-

voiEs ditions naturelles des groupements primitifs, on voit que plu-

DE MIGRATIONS gigm-g avcnucs sillonnent l'Europe centrale de l'Est à l'Ouest :

CENTRALE l'une, par la vallée du Danube, aboutit à la Bourgogne ; une

autre, par la plaine germanique et la Belgique, pénètre en

Picardie et en Champagne ; une troisième suit jusqu'en Flandre les alluNions

littorales des mers du Nord. Entre ces zones de groupement et ces voies de

migrations, de vastes bandes de forêts ou de marécages s'interposent.

Nous aurons à justifier ces divisions : mais cette caiie suggère une première remarque, h'hinterland continental nous assiège, non partout également, mais seulement par quelques voies. Les migrations humaines ne nous sont parvenues que déjà divisées, canalisées en courants distincts. Et cela explique que les populations qui ont atteint notre pays par la vallée du Danube n'eurent ni le même mode de civilisation, ni la même composition ethnique que celles qui nous sont venues par la Belgique, et ressemblèrent encore moins à celles qui ont suivi le littoral du Nord.

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