‹ La France, tableau géographiqueChapitre 60 sur 275 · LAON ET SOI S SONS · texte numérisé non relu

LAON ET SOI S SONS

I. STRUCTl'RE DE L.V REGION TERTIAIRE. || II. PARTIE SEPTENTRIONALE. SOISSONNAIS ET LAONNAIS. || IH. VALLÉES DU VALOIS. || IV. VALLÉES DU SOISSONNAIS. |{ V. ASPECT DES ÉTABLISSEMENTS HUMAINS. || VI. REIMS, CAPITALE HISTORIQUE.

T\ANS l'uniformité des régions de la craie, les pays nette-

STRUCTL'RE I / ment individualisés sont rares. Il ne s'en offre guère que DE LA RÉGION lorsque l'enlèvement de la couverture crayeuse met à jour TERTIAIRE ^^^ couches plus anciennes, comme c'est le cas pour le Boulonnais et le Bray- Voici pourtant entre les deux zones picarde et champenoise une région qui tranche nettement sur ce qui l'entoure, mais par 1 elTet de causes contraires. Elle s'annonce du côté de la Picardie vers Noyon, Clermont-en-Beauvaisis ; du côté de la Champagne vers Laon, Epernai, Montereau : et il est impossible de ne pas cire frappé des différences qui se révèlent aussitôt dans le relief, la coloration, le réseau fluvial, la végétation, et par mille détails locaux. Mais ce n'est pas à un bombement des couches qu'est dû le changement de physionomie; c'est à un enfoncement. La craie plonge en profondeur, et les couches qui viennent affleurer à la surface, au lieu d'être plus anciennes, sont plus récentes. Elles se succèdent, suivant que l'érosion les a épargnées, apportant chacune dans le paysage leur note distincte.

Cette région, bien qu'en saillie dans le reUef, est géologiquement la partie la plus déprimée du Bassin parisien, la seule qui ait pu conserver les dépôts tertiaires. Mais leur extension fut autrefois bien plus grande. Tout dépôt que les mouvements du sol avaient porté à un niveau élevé était con-

La France du Nord. livre premier, ii

damné à disparaître par l'effet des grandes dénudations. Ce qui a résisté n'a pas laissé d'être déchiqueté et morcelé. C'est ainsi que sur les bords, des parties détachées, véritables témoins, précèdent la masse. Celle-ci a été maintenue surtout par des formations de calcaire marin ou de travertin d'eau douce qui, très dures dans leur partie centrale, ont résisté à l'assaut des courants diluviens venant de l'Est. Ces calcaires, qu'on voit à l'état de massifs isolés dans le Laonnais, de larges plateaux dans le Soissonnais, le Valois et la Brie, ont des origines et des dates diverses. Mais par leur propriété commune de dureté ils ont servi de noyau à la l'égion tertiaire. Ils en constituent l'ossature, en règlent la topographie. Ils sont la barrière dont les eaux ont affouillé le pied. De Montereau à Reims, c'est par un arc de cercle de hauteurs boisées, faisant alterner des cirques et des promontoires, qu'ils se dessinent; à Craonne,à Noyon, à Clermont, c'est par des coteaux isolés, mais de silhouette plus nette, plus fière que les molles croupes auxquelles ils succèdent. C'est une histoire compliquée, sinon dans l'ordonnance générale, du moins dans le détail, que celle de cette dépression du Bassin parisien, dont le débrouillement depuis Cuvier a occupé des générations de géologues. On la voit tour à tour envahie par des débris argileux apportés du Massif central, occupée à plusieurs reprises par des sables et des calcaires marins en communication avec les mers de Belgique, couverte tantôt par des lagunes saumâtres, tantôt par des lacs d'eau douce. Quoique naturellement ces formations successives n'aient pas eu la môme extension, elles ont souvent empiété les unes sur les autres, car les envahissements étaient faciles sur ces plages amphibies, par lesquelles se terminait un golfe de mers peu profondes. En fait, les formations les plus diverses se superposent en bien des régions, notamment aux environs de Paris. Bien que quelques-unes remontent aux premières époques de l'âge éocène, leur origine est encore relativement assez récente pour que l'usure des âges n'ait pas aboli, en les métamorphosant, les différences de texture et de composition qui les spéciaUsent. Elles ont ainsi conservé ce qu'on pourrait appeler leur fonction géographique. Comme autant de feuillets intacts, elles traduisent chacune des phases de cette évolution par des formes de relief et par des caractères de végétation.

j, Les considérations géologiques nous conduisent d'elles-

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