‹ La France, tableau géographiqueChapitre 74 sur 275 · MORVAN · texte numérisé non relu

MORVAN

LEf^ REB O R D S

VyOnU SEPTENimtONAL DU MOnVAN à AvaUon. Le massif D le couvre au nord. Le Cousin sort de la gaîne ou l'empris

cristallin se dégage ici du placage de lias qui

onnait la granntite, pnnr s'épanouir en terrt^-

plaine. Le Morvan se termine par un plateau d'une snrprc

lante horiznntalitc : toutes les lignes se rac~

cordent par dessus la vallée.

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V du Mnrmn domine ici le bai,

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largement creusé

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e Morvan prend

l'aspect d'une chat

le de mou-

tagnes : cet aspect est dû à l'ace

■nissement de hauteur

rclalii'e et au.r fo

rmes pins accidente

es du relief

porphyrique.

riiot. de M. de Martoa

m (Kig. 61).

cnAPiTHE III. Le Bassin Parisien en Amont (le Paris.

ravins ou des vallées trop étroites; une infinité de petites sources imbibent les vallons et les creux, y suintent en vernis ou marais semés d'aulnes et de joncs, noient les prairies, creusent d'ornières profondes les sentiers raboteux, multiplient des ruisseaux qu'on ne pouvait jadis traverser que sur des troncs équarris ou des pierres disposées au travers.

C'est ce qui a tenu isolés ces petites fermes ou ces hameaux L'HABITAT Priti'c leurs sentiers couverts, leurs ouches ou petits terrains DANS de culture aux abords des maisons, leurs haies d'arbres et LE iiùRVAN leurs ruisseaux. Le contraste était grand entre cette dissémination et les bourgs agglomérés des pays calcaires ; moins frappant toutefois encore que celui qu'offrait l'aspect des maisons. Privée de la belle pierre de taille qui imprime même aux plus humbles demeures un air d'aisance, la vieille maison du Moi'van, celle que les progrès actuels de la richesse font chaque jour disparaître, mais qu'on retrouve encore çà et là, a un aspect informe et sauvage. Basse et presque ensevelie sous son toit de chaume, elle dit ce que fut longtemps la condition de l'homme dans ce pays arriéré de terres froides, pays de loup, a dit un de ses enfants. De grandes routes pouvaient le traverser, mais rien n'y attirait, rien n'y fixait ; il fallait en sortir pour s'élever à un mode meilleur d'existence.

jf Comme le bord oriental du Massif central, le Morvan,

COLLINES trop rigide pour obéir aux plissements qui ont achevé de dresser ET les chaînes des Alpes et du Jura, a été fracturé sous l'effort de

TERRES-PLAL1ES çgg mouvemcnts terrestres. C'est à ce réveil relativement récent r.,, wn„„<,r du rclicf qu'est dû le grand travail de déblaiement qui en a dégage le pourtour. i\on contentes de ne laisser a sa surtace que de rares et petits lambeaux des couches sédimentaires qui l'avaient couvert, les eaux, se précipitant sur la pente nouvelle créée vers le Nord et vers l'Ouest, ont labouré de leurs efforts combinés le pied du Morvan, déchiré le plateau calcaire qui l'enveloppait, et au-dessous des buttes isolées qui en laissent voir l'ancienne continuité, mis à nu les terrains marneux et fertiles du lias'. Un large sillon déprimé, où abondent les eaux, les cultures, les herbages même et les riches villages, s'est ainsi dessiné en contiguïté avec le Morvan. Une ceinture de pays fertiles, que le langage populaire a su parfaitement distinguer, se déroule au Nord, au Nord-Est et à l'Ouest. Au Nord, où l'action des eaux s'est exercée avec le plus de force, ce sont les terres-plaines au contact desquelles Avallon, dernière ville morvandelle, se dresse sur ses roches de granit rouge. Au Nord-Est, c'est VAuxois, largement labouré par les sillons de l'Armançon et de ses tributaires. A l'Ouest les accidents tecto-

I. Lias, étage inférieur du système des terrains jurassiques.

La France du Nord. livre premier, h

niques ont plus profondément morcelé la topographie ; les formes de terrains se mêlent et s'enchevêtrent davantage : cependant les sillons qu'entre les débris des plateaux calcaires et les fragments soulevés de roches anciennes, ont creusé l'Yonne et ses premiers aflluents, continuent distinctement le pays d'herbages, d'eaux et de cultures qui forme, sous le nom de Bazois, la plus riche partie du Nivernais.

jjj Nulle part le caractère de la contrée ne se laisse mieux

SIGNIFICATION saisir que de Vézelay. Peu de sites donnent plus à penser. La HisTORiQLiE vieille église romane, debout entre les humbles maisons, les murailles croulantes et les enclos de vignes à flanc de coteau, domine la plaine où la Cure, au sortir des granits, a tracé son cours. Çà et là, vers le Nord ou le Sud, des collines semblables par leur profil géométrique, leur sol roux et rocailleux, leurs plates-formes de même hauteur, se détachent et s'isolent de la grande masse calcaire avec laquelle elles ont fait corps. Le vaste et grave horizon qui se déroule de \ézelay permet d'en distinguer un certain nombre entre les plans auxquels l'œil s'arrête. Mais ce qu'on peut apercevoir n'est qu'une partie de ce qui existe. En réalité, ces témoins se répartissent tout le long d'une zone qui, sauf dans le Sud, environne le Morvan. On les retrouve avec leur air de parenté depuis la vallée de la Nièvre jusqu'à celles de l'Aonne, de la Cure, de l'Armançon, et jusqu'aux chauves collines qui dominent, vers Chagny, l'ouverture du grand passage central entre la Saône et la Loire. Ainsi, en avant du plateau compact qui s'est maintenu entre Châtillon-sur-Seine et Langres, et qui constitue ce qu'on appelle la Montagne, se déroule une zone déchiquetée où ce plateau n'existe plus que par lambeaux. Un pays de plateaux a été changé en pays de collines ; et celles-ci se dressent sur le soubassement d'une plaine marneuse dont le contact leur fournit des sources. Elles veillent ainsi, en avant de la grande formation calcaire dont elles ont été plus ou moins séparées, comme autant d'observatoires naturels. Nombreuses sont les petites villes qui, depuis le Nivernais jusqu'à l'Auxois, ont pris position sur ces coteaux; nombreux aussi, les vieux établissements dont il ne reste qu'un village, comme Alise-Sainte-Reine ; ou moins encore, des vestiges de vagues fortifications, comme sur ce mont de Rème, qui surveille, près de Chagny, l'entrée de la dépression entre la Saône et la Loire. Un passé de souvenirs lointains plane sur tout ce pays.

C'est moins à l'abaissement de niveau qu'à l'abondance de ses ressources propres que la périphérie du Morvan dut sa précoce signification humaine. Sur le Morvan elle a l'avantage d'un terrain riche et propre à tous les genres de culture. Sur le plateau calcaire aux dépens duquel elle a été taillée, et qui ne tarde pas à se reconstituer dans sa masse, elle a celui que ménagent les eaux partout présentes ou voisines, faciles à diriger et à réunir en canaux. Aussi parmi les régions de passage qui ont servi à relier la vallée du Rhône

( iû8)

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EMIlhE DES GltOT I ES D'ARC r- SUn-CUItE iCarle .d'Elal-major, feuille Hl, AvuHoii). — Dans la zone de calcaires jurassujucs qui encadre à L'est le Bassi ftsien, ta monotonie ordiiiat formes est parfois intet rompue par t'appai itiun de roches d'aspect singulier. Des escarpements vertitieaux d'une blancheur som'ent éclatante^ de nombreuses cai rières, et même, comme à Saint-Mihiet.

des cas de sculpture bizarre, tes signalent à l'attention. Ce sont des roches pétries de coraux : tronçons d'anneaux de récifs qui bordèrent jadis tes rivages d'anciens massifs émergés. Elles se montrent, en avant du Morvan, entre Clamer;/ et Tonnerre ; et le long de la Meuse, entre Commercy et Stenay. Les roches coraltlgénes qui bordent la Cure à Arcy, sont traversées de fissures et diactascs qui ont largement facilité ta pénétration et le travail soutcri ain des eaux. Celles-ci ont ireusé des grottes, dont la plus longue a Slil /nètres. Une fine végétation, nichée dans les interstices, en tapisse l'entrée.

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■ (l-ig. 62).

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