SCÈNE XÏI
THECLA, se levant vivement du fauteuil.
Ah! je meurs de frayeur!... Et c’est pour moi... pour moi qu’il exposerait sa vie 1... Non, non, je ne le souffrirai pas... (Elle fait quelques pas vers le fond et s’arrête.) Et Ce Galaor qui Va me reconnaître?... que ne dira-t-il pas!... C’est mecompromettre... c’est me perdre !... N’importe! courons... (Elle s'élance vers la porte de la tente, eutr’ouvre les rideaux et regarde.) Ah! |le baron chancelle et (probe sur la neige... son épée lui échappe. Conrad court la ramasser, la lui présente... il l’aide même avec peine à se relever. Quel bonheur! il n’est pas blessé! (Redescendant vivement le théâtre.) Mais ils vont revenir... tous les deux... ou lui seul !... ce qui est encore pis... et passer ainsi le reste de la nui 11... Non, vraiment... ce n’est pas possible... Parlons! fuyons au
plus vite... mais par OÙ? (Regardant par la porte à droite, qu’elle entr’ouvrc.) Ah ! de ce côté!... L’entrée du camp est à deux pas... (Avec impatience.) Mais comment eii franchir l’enceinte... comment?... (Poussant un cri.) Ali! le mot d’ordre que le hasard m’a livré... et comme lui-même m’en a donné l’idée tout à l’heure... avec ce manteau et ce chapeau d’officier... (Elle s’enveloppe du manteau et met le chapeau sur sa tête.) Allons, allons, un peu de présence d’esprit et de courage, et bientôt je serai loin
d’ici. (Elle s'élance par la porte à droite, au moment où Conrad apparaît joyeux à la porte du foud. *— La toile tombe.)