‹ La frileuseChapitre 65 sur 79 · THÉCLA, GALAOR · texte numérisé non relu

THÉCLA, GALAOR

THÉCLA, impatientée.

C’est fini !... impossible d’en sortir ! (Elle s’assied à gauche.) GALAOR, qui s’assure s’il est bien seul avec Thécla, s’approche sans bruit près

d’eUe.

Plus aisément que vous ne croyez, princesse.

THÉCLA, se retournant.

Vous, monsieur le baron 1 Comment êtes-vous encore ici ?

GALAOR

En ne suivant pas les autres.

THÉCLA

Et vous avez un moyen, dites-vous, de me venir en aide, et de briser mes chaînes?

GALAOR

Oh!... pour cela, rien de plus facile; voici une clef qui conduisait autrefois des appartements de la grande-duchesse dans cet oratoire... cette clef est à vos ordres.

Bien! Cela me rassure...

* Thécla, Galaor.

GALAOR

Maintenant, venons au fait... Vous n’avez pas voulu dire à votre auguste tutrice le nom de votre mari, pour trois raisons.

THÉCLA, riant.

Pour quatre !

GALAOR

Pour quatre, je le veux bien. La première, qui me dispensera des autres... c’est, princesse, ou je me trompe fort... que vous n’êtes pas mariée.

THÉCLA, vivement.

Moi?.,. Quand je l’ai déclaré... y pensez-vous?

GALAOR

Soitl ne disputons pas sur ce chapilre. Irritée de votre refus, la grande-ducliesse s’est tout à coup frappée d’une singulière idée, qui, à coup sûr, ne me serait jamais venue.

Laquelle ?

GALAOR

Elle s’est imaginée, vu notre rencontre aux eaux de Bade, et vu surtout mon ancienne réputation de séduction et de conquête... qu’il n’était pas impossible... que je jouasse un rôle dans ce mariage secret... peut-être même... le principal...

THÉCLA

Vous !... Vous vous en êtes défendu, je l’espère?... vous avez nié ?...

GALAOR

Certainement, et avec force... mais pas de manière peutêtre à la dissuader tout à fait...

THÉCLA

Vous avez eu cette audace!.. Et dans quelle intention, s’il vousplait?

GALAOR

En zélé serviteur, et dans votre intérêt.

THÉCLA

Voilà qui est fort l

GALAOR

La grande-duchesse a promis solennellement, devant le prince Max et devant mon ami, le comte de Fallemberg, qui me l’a répété... que, du moment où elle connaîtrait le nom de votre mari, elle vous rendrait la liberté. Dites un mot, je me dévoue... Je me nomme, et l’on me jette dans une prison d’État. Quant à vous, princesse, libre aujourd’hui, demain, vous quittez la cour, et, une fois éloignée, vous me démentez en écrivant la vérité... vraie... s’il y en a une au monde!

Et vous avez pensé que la grande-duchesse vous croirait?

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