La Frivolité
La Frivolité, après avoir été négligée pendant un certain temps, est l'objet, depuis quelques années, d'une faveur nouvelle de la part du public féminin. Elle occupe actuellement une place importante parmi les ouvrages de dames et sa vogue est entièrement justifiée par son exécution facile et récréative. C'est ce qui nous a engagé à ajouter à la série des publications de la Bibliothèque DMC un album spécial traitant de ce genre d'ouvrage.
Notre publication se compose d'un traité explicatif, illustré de 20 gravures, que nous faisons suivre de 8 planches avec 38 modèles divers en grandeur naturelle, accompagnés de descriptions détaillées pour en faciliter l'exécution.
Le caractère particulièrement délicat de cette dentelle exclut toute composition de motifs de grandes dimensions. Nos modèles, d'une grande finesse, sont composés de ronds et de festons de différentes grandeurs, bien proportionnés et harmonieusement disposés.
Les planches I et II contiennent des modèles de galons, d'entre-deux et de dentelles, en partie avec bords au crochet, pouvant être utilisés comme garniture de lingerie ; la
planche III est composée d'une série de rosaces de différentes grandeurs pouvant être employées telles quelles comme incrustations, ou pour la composition de fonds dans le genre de ceux de la planche IV; les modèles de la planche V montrent d'heureux effets obtenus par la combinaison de motifs de Frivolité avec des fonds en Filet brodé. Poulies dessous d'assiette avec fond de batiste de la planche VI, ainsi que pour les coins de mouchoirs de la planche VIII, les dentelles en Frivolité sont fixées au tissu au moyen de points de feston. Finies à un fond de tulle, ces dentelles donnent à l'ensemble un aspect très riche, tel que le présentent les modèles de la planche VII, qui rappellent les dentelles d'Alençon.
En dehors des planches de cet album, on trouvera encore un choix de modèles de Frivolité dans les publications suivantes de la Bibliothèque DMC: Encyclopédie des Ouvrages de Dames et Recueil d'ouvrages divers.
Renseignements généraux
concernant l'exécution des ouvrages en frivolité
(Voir les figures i à 25).
Les ouvrages en frivolité se composent de nœuds et de picots formant tantôt des ronds, tantôt des demi-cercles ou festons; exécutés avec des fils fins ils sont à classer parmi les ouvrages de dentelles, tandis que, travaillés avec des fils moyens et gros, ils sont à considérer comme travaux de passementerie.
La navette (fig. i . — La navette pour frivolité est composée d'une petite bobine ovale qui se trouve placée entre deux lames en forme d'olive allongée, pointues aux extrémités. Elle ne doit pas avoir plus de 7 centimètres de longueur et plus de 2 centimètres de largeur. Les deux extrémités des lames doivent être assez rapprochées pour empêcher que le fil ne s'échappe librement. La petite bobine qui réunit les deux lames est percée d'un trou assez gros pour qu'on puisse y fixer le fil qui doit être monté sur la navette.
Fig. 1. Navette pour frivolité, vue de face et de côté.
Fournitures. — Vu le grand nombre d'objets divers qui peuvent être garnis de
frivolité, on pourra utiliser pour sa confection les fournitures les plus variées, en
choisissant, cependant, toujours un fil suffisamment tordu.
En première ligne ce genre d'ouvrage est destiné à orner la lingerie et les robes
d'enfants; pour cet emploi nous recommandons tout spécialement le Fil d'Alsace D-M-C
en pelotes, le Fil à den- /""
telles D-M-C, le Cordonnet 6 fils D-M-C et le Cordonnet spécial D-M-C; pour
éÉL-^ •'./ \ la literie, on emploie de
^^ préférence le Lin pour
dentelles D-M-C et le Lin pour tricoter et crocheter D-M-C.
Employée comme
passementerie, soit pour robes ou manteaux, soit pour objets d'ameublement, la frivolité sera exécutée en Coton perlé D-M-C, en Coton perlé ombré D-M-C ou en Alsatia D-M-C. Il arrive souvent que les ouvrages de frivolité sont terminés ou raccordés par quelques tours au crochet; dans ce cas, on utilisera pour l'ouvrage au crochet les mêmes fournitures que pour la frivolité; pour le crochet le fil devra toutefois être de quelques numéros plus fin.
Fig. 2. Première position des mains pour exécuter les nœuds.
Fig. 3. Deuxième position des mains pour exécuter les nœuds.
Montage du fil sur la navette. — Le fil, fixé par un nœud à la petite bobine, est à monter sur cette dernière en plaçant soigneusement une couche de fils par-dessus l'autre, jusqu'à ce qu'on arrive aux bords des deux lames.
Jamais le fil ne devra dépasser ces bords, car, dans ce cas, il perdrait de sa fraîcheur par le passage continuel dans la main de l'ouvrière.
Manière d'exécuter les nœuds h g. 2 à S . — On prend la navette dans la main droite, on saisit le bout de fil, dérivant de la navette, entre l'index et le pouce de la main gauche, on fait
i passer le fil par-dessus le troisième et le fi<-^ f\ . . .
Jj^^ j^. quatrième doigt de la main gauche, puis
W00 on le ramène vers le pouce et on croise
les deux fils sous les doigts, tel que le
montre la fig. 2.
On passe le fil sortant de la navette
autour du petit doigt de la main droite, puis on donne à la navette la position indiquée
par la gravure, et on la fait passer entre l'index et le troisième doigt de la main gauche,
dans la direction indiquée par le pointillé.
La fig. 3 indique comment on doit passer la navette par la boucle de fil. C'est ici
que se présentent les premières difficultés pour les commençantes, et voici ce que nous
Fi