XX
» XVIII, 9, 3; cf. Mommsen, Hermès, XXIV (1889), p. 254.
* Not., Occ, VII, 108.
* Seeck, loc, cit., expose ainsi révolution probable : des 6000 hommes de l'ancienne Jégion, 4000 furent enlevés, constituant les Seniores et les luniores de Tarmée de réserve (peut-être vaudrait-il mieux dire : 2000 comilâtenses, 2000 paeudocomitatenses) ; restent 2000 {riparien ses) pour le limes. Ces derniers éiaient les plus médiocres éléments (Amm. Marc, XXIX, 5, 4 ; C. Theod., Vil, 22, 8 ; C. lust., I, 27, 2, § 8). Les cantonnements des comitntenses restent pour nous absolument inconnus.
* Procope, au vi« siècle, en fait une expression périmée (Aed., III, 4, p. 255) : MeXiT7)VTj fièv xô ^ujp(ov, Asyewv 81 ô X(5^o< e7:a)vo[jidt^£To (cf. I, 7, p. 195).
^ II, 6, 9 : o'jxw TT|v Trpoj7)Yop{av ETricpeoofAévwv xwv èv Bepoiqc (ils étaient jadis k Circesium, cf. supra, p. 88) xri tz6\zi Sup(aç xà< oiaxpiSàc iroiou-
92 l'armée
voit aux noms des legiones comiiatenses. Quand sa physionomie sera devenue entièrement indistincte, le terme encore plus général de niimerus Téclipsera.
§ li. — Les troupes alliées^ aux premiers temps de Voxupatiotu
Il ne faut -pas confondre les troupes que fournissaient les États vassaux, liés à Rome par un traité, avec les auxilia^ corps non légionnaires formés et organisés — sinon armés — à la romaine. Celte distinction n'est pas toujours faite très rigoureusement dans nos sources; les auteurs» aux différentes époques, s'expriment à cet égard de façon très inexacte *. Cela lient peut-être en partie à ce que, plus d'une fois, des fédérés passèrent en masse à la qualité d'auxilia '. Les historiens abusent des expressions vagues : ainsi PJutarque ' nous dit que Crassus, qui marchait le long de TEuphrate, iTrcafxev lytuv ôttXitwv zi^iiaioL — et ceci Semble bien désigner des légions — avait, en outre, un peu moins de 4.000 cavaliers et à peu près autant de vélites (i};iXoù<: 8è zoiç licTreùdi irapa'icXTjfffou;) ; il est probable — et rien de plus — qu'il veut indiquer par cette périphrase les ailes et les cohortes auxiliaires, que d'ailleurs il ne détaille pas. Dion Cassius * signale les frondeurs d'Antoine» qui avait surtout avec lui des cavaliers celtes et espagnols,
* La correspondance de Gicéron exprime des plaintes fréquentes sur rinsuffisance des effectifs dans les régions asiatiques. Devenu gouverneur de la Gilicie en 51, il apprend l'invasion des Parthes (ad diu,^ XV, 2) et conçoit de vives craintes pour la Gappadoce, sans défense, el qui détient les chefs de sa province. Il écrit (XV, 1): « Aucun fond à faire sur les levées provinciales ; la population esl faible et se cache depuis qu'il y a danger. Sur la valeur de cette milice, rapportez-vous en à Bibulus, qui n'en a pas voulu. Quant aux renforts des alliés (sociorum auxilia), grâce à nos injustices leurs contini^ents sont ou trop faibles, ou trop mai disposés... » Gf. Tac, Ann,, II, 78: regulis Cilicum ut se auxiliis iuuarent scrihit [Piso). Hérodien (VII, 2, 1) commet une confusion absolue : Maximien passa le Rhin avec des akontistes maures, ses sujets (l»7:/;xooi), et des archers osrhoéniens et arméniens, oiXoi xaî 96|A[jLa^ot. Mais rOsrhoène était alors pays sujet, non allié !
' On le voit, par exemple, pour la cohorte de Trébizonde, après la suppression du royaume de Polémon, dans le Pont (Tac, //ûr, III, 47).
3 Cross,, 20.
^ XLIX, 20, 26; sic Plut,, AnU, 41 sq.
maïs en petit nombre, car il comptait sur la cavalerie arménienne, laquelle lui fit défaut, tant par sa faute que par celle de son allié. Je ne crois pas qu'il faille voir une politesse banale dans l'acte d'Antoine échangeant contre des soldats mèdes un corps de légionnaires romains * : ces cavaliers lui paraissaient indispensables pour son expédition ; ils lui avaient bien manqué dans une campagne précédente ; il accepta donc très volontiers les renforts du roi des Mèdes ^. Ses légionnaires avaient fait parfois bonne contenance, surtout dans la défensive ; maïs trop lourds d*allure, cé3ant facilement à leurs désirs ou à leurs besoins dangereux à assouvir, ils fondaient en roule, épuisés par les maladies '. Il n'y a pas de doute qu'Antoine usa largement des contingents levés en Syrie à litre de fédérés. 11 jouait au potentat universel, distribuait des royaumes, se faisait en revanche amener des renforts par les roitelets qu'il avait consacrés, en vue de la grande lutte contre Octave, qui déjà se préparait.
Jusque-là, malgré tout, les légions romaines avaient gardé le premier rôle dans les opérations militaires. La politique d'Auguste donna la prépondérance aux troupes alliées. Il n'avait organisé que la province de Syrie, où stationnaient des éléments médiocres; il envisageait l'aide locale des petits souverains qu'il avait établis ou maintenus un peu partout: rois de Commagène et de Pont, princes de Sophène etdePetile-Arménie, sans parler de la poussière de principautés qui couvrait la Syrie même, du nord au sud. C'était une solution économique et relativement satisfaisante, puisqu'encore sous Néron Corbulon n'amena d'Occident que trois légions, ne trouva dans la plupart des corps romains que de maigres ressources et lira parti principalement des recrues fournies par les princes des marches-frontières. Lui-même fit des enrôlements dans les rudes contrées de Galilée et de Cappadoce et se préoccupa avant tout d'attacher à son service une cavalerie légère indigène *. La vanité des historiens romains laisse néanmoins
* Dio Case., XLIX, 44 : ŒxpaxtwTa; zi xivaç àviéoojav ff<piji. « Plut., i^nr., 50, 52, 61.
» Ibid,, 45, 50. Fiorus (IV, 10 = II, 20, 10, Rossbach) dit qu'il n*en réchappa qu'uo liers, et Antoine avait avec lui une dizaine de légions (Plut., ibiil., 39).
* Cf. notamment Tac, Ann., XV, 26.
94 l'armée
percer la vérité : ce sont les foederati qui donnèrent la victoire à Corbulon *.
La situation ne fut pas entièrement différente durant la guerre de Vespasien et Titus. Quand on eut affaire aux ennemis en rase campagne, les soldats romains se trouvèrent « trop pesamment armés pour pouvoir échapper aux coups des Juifs, dispos et légers, qui les harcelaient * ». Le désastre de Gestius, où deux légions eurent tant à souffrir, obtint un long et douloureux retentissement. Les sorties des Israélites assiégés étaient enfin très meurtrières. Mais l'expédition ayant bientôt dégénéré en guerre de sièges, les qualités propres aux contingents non romains ne conservèrent pas la même prééminence. Ils étaient nombreux encore toutefois ' et simplifiaient pour Tempire la question des transports de troupes. Vers le môme temps, la plupart des petites souverainetés syriennes disparurent ; les renforts qu'elles avaient fournis furent admis parmi les anxilia proprement dits, et en effet il ne nous est plus parlé, au temps d'Hadrien, d'une participation des états clients à la répression de la dernière révolte, fomentée par Barkokeba. Ainsi, une période est close en quelque sorte,
— que rouvriront les Byzantins, — et une autre commence, celle de la prépondérance des anxilia organisés à la romaine et commandés par des Romains ^.
* Voir en particulier Tac, ibid., XIII, 35.
2 Io8., fi. /.,II, 543.
^ M. Gagnât les a éaumérés [Rev. des éiud. juiv., loc. eil,^) et évalués à 20.000 hommes environ. Peut-être n'est-ce pas assez dire : Pal myre seule avait expédié un secours de 8.000 archers, d'après un texte hébreu (.1. Derenbourg, Hist. de la Palestine, Paris 1867, p. 15, note) ; il faut, il est vrai, se méfier des statistiques orientales ; ainsi Josèphe fait une grande ville de tout village de son pays. Pourtant il y avait encore coopération d'iiérode Agrippa H, des rois d'iturée et de Commagène et de l'etlinarque uabaléen Malchos. De Gommagèue venait un corps d'élite, armé et exercé à la manière des soldais d'Alexandre, el qu'on appelait les t< Macédoniens » (los., fî. I., V, 460). Nous avons un aperçu de l'accoulrement des sagittaires ituréens, grâce à un bas-relief funéraire (Cagnat, ibid., p. XXXIX) donnant le buste de Tun d'eux; il y apparaît vrtu (l'un grand manteau à capuchon, et par suite dépourvu de casque.
— Il y avait aussi un corps de Gétules, devenu probablement Valu GaeliUorum ueterana ; v. ci-dessous.
-* V. plus loin une restriction nécessaire concernant TArabie, p. 109.
§ III. — Les Anxilia : ailes et cohortes,
La légion était propre à toute expédition; mais, suivant l'adversaire à combattre, on puisait dans les réserves à'aiixilia tel ou tel type de guerriers qu'elle-même ne fournissait pas. Ces troupes auxiliaires, en effet, gardaient souvent, sous un chef romain, leurs armes traditionnelles et quelque chose d'une tactique particuHère. Certains monuments figurés nous éclairent à cet égard, trop rarement, et pour TOrient je n'en vois qu'un à citer.
Une stèle du musée d'Athènes *, trouvée à Sparte, présente en pied l'effigie d'un homme appartenant sans doute à une cohorte auxiliaire *. 11 est revêtu d'une cuirasse d'éclisses, à moitié cachée sous un manteau, d'une tunique, de demi-bottes et d'un pilos comme coiffure. Il est armé d'un bouclier ovale, d'un glaive droit, à longue poignée permettant de le saisir des deux mains, et d'une courte massue qui est le détail le plus remarquable de ce monument ^ Il s'agit malheureusement ici d'un type de guerrier un peu exceptionnel: les levées en Grèce propre ont dû être peu considérables *.
1 P. Wolters, Ein Denkmal der Partherkriege (Ath, Mitlh,, XXVIII (1903), p. 291-300) ; cf. Lebas-Foucart, II, 203 b.
* L'inscription ne le dit pas : Mipxo; AupTiXioc "AXe^u; 0Éa>vo< jxpx- TîvKjijjLEvo; xaxà Ospdwv êxt) p'.toja<; X' ; mai8 elle mentionnerait la qualité de légionnaire, si le personnage l'avait eue: Les tria nomina ne metlent pas obstacle à ce quUI ait servi en dehors d'une légion ; du reste le droil de cité était très répandu dès le commencement du m* siècle, auquel remonte le monument, el il semble bien que Garacalla, le premier, ait enrôlé en Achaïe des recrues pour la guerre parthique: àito xs STxapxrj; fiîxa- 'Kt[L^ilkiyoç vEavta; Aaxwvixov xat HixavàxTjv X6)^ov èxdtXEi (Herodian., IV, 8.3).
> Wolters, avec raison, signale Tusage de la massue chez les Arcadipn8(Slal., Thebaid., IV, 301) auxquels le Xo/^o; lacédémonien l'avait dû emprunter. Rapprochons un autre exemple : les troupes de Palestine de l'armée d'Aurélien avaient, dit Zosime, outre les autres armes, xopjva; ' y^al poiiaXa ; sous leurs coups, les Palmyréniens furent stupéfaits, paralysés (I, 53, 2-3). Cf. les massues des Perses, supra, p. 50.
^ Et elles paraissent toutes appartenir à la môme époque ; cf. CIG, 1253 (Sparle) : NetxoxX?); véo<, 8T)fi(5atoç, e(rc[pa]T6[u]|jiÉvoc St; xaxà llsp- (7[û>]v ; je ne crois pas que la guerre de L. Verus soit visée dans ce texte; mais plutôt celle de Garacalla, puis celle de Sévère Alexandre; add.
96 l'armée
Aucune division chronologique ne parait nécessaire dans le chapitre des aiixilia. Ces unités tactiques semblent avoir échappé, plus que n'importe quelle autre, à toute contamination, depuis leurs origines jusqu'à leur disparition, qui date au plus tôt du V* siècle, puisque ailes et cohortes foisonnent dans la Noiiiia, sous les mêmes dénominations que jadis *.
On souhaiterait fort de pouvoir indiquer, même dans la mesure très insuffisante oh nous Tavons fait pour les légions, ceux de ces corps de troupes qui appartinrent, aux différentes époques, à la garnison permanente, et ceux qui furent extraordinairement appelés pour le service de guerre *. Mais c'est là une tâche impossible. Dans l'étude de ce problème, les sources littéraires sont absolument inutihsables, à une exception près '. Les ailes ou cohortes ne sont presque jamais mentionnées par les auteurs *, d'abord, je pense, en raison de leur faiblesse numérique, et probablement aussi parce qu'elles étaient peu considérées. Même les écrivains provinciaux affectaient de s'exprimer comme les Romains, de partager leurs idées ou leurs préjugés ; or, la presque totalité de ces menues divisions ne comprenait pas de citoyens romains.
Quelquefois cependant les historiens mentionnent les hauts faits, dans un engagement, des Phrygiens, des Daces, des Gaulois, etc.. Lorsque ces noms de peuples se retrouvent dans la qualification d'une aile ou d'une cohorte, faut-il admettre
1495 ; Lebas-Foucart, II, 183 6. Une inscription de la Mégande, connue seulement par une mauvaise copie de Wheler, porte ceci de certain : zq è7rtYpQiH-{XQt Twv ÊV TCf) nep9ix(ï> TroXéfxqi àiroôavovxoiv... (CIG, 1051).
* Mais sans doute elles cessent d'être englobées sous la désignation commune d'auxilia, puisque ce terme désigne de nouvelles formations, où n'entre que de Tiofanterie, les unes cantonnées vers le Danube {Sol. Occ.f XXXIl, 39-43 ; XXXIII, 46-50), les autres dans les troupes de réserve {auxilia palatina) ; v. infra.
^ Indication certaine dans Josèphe (B. I., II, 500), mais • en bloc », et qui ne concerne qu'une opération isolée : « Titus prit avec lui six cohortes et quatre ailes, et en outre les secours des alliés ».
' Je veux parler de l'exta^K; xax' 'AXavwv d'Arrien, qui a été commentée de très près par E. Ritterling, Zur Erklàrung von Arrians exx. {Wiener Sludien, XXIV (1902), p. 359-372).
'^Plularque parle plusieurs fois des cohortes de Lucullus {LuculL, 27, 31) ; il fait allusion à l'infanterie « tant légère que pesamment armée » donnée par le chef à son légal Sextilius (25). La légère ne semble pas avoir été très nombreuse ; quant aux cohortes, on ne voit pas si ce sont des corps auxiliaires, ou des divisions de la légion.
que cette aile ou celte cohorte était présente à la bataille? Une telle conclusion ne laisserait pas d'être imprudente. Un quelconque de ces anxilia est dénommé d'après la souche ethnographique à laquelle appartenaient ceux qui y entrèrent au moment de sa formation ; mais il ne reste pas dans son lieu d'origine ; il lui arrive de voyager beaucoup * ; les vides qui se creusent dans ses rangs sont comblés à l'aide de recrues prises dans les nouveaux cantonnements, donc parmi d'autres races *; le nom même ne garde plus qu'une valeur toute relative et qui peut devenir absolument illusoire ^ Par suite, l'interprétation des textes en question est des plus hasardeuses. On comprend très bien alors que certaines ailes et cohortes aient reçu, au lieu d'un nom de peuple, un qualificatif rappelant le gouverneur de province qui les avait organisées le premier.
L'épigraphîe surtout nous est cette fois d'un grand secours, parce qu on peut utiliser des inscriptions de diverses contrées, ainsi lorsqu'elles donnent à un corps à*aiixiUa l'épithèle Syriaca. De plus, une chance d'erreur, qui était 1res grande à l'égard des légions, disparaît à peu près ici. Il est très naturel qu'une légion, grosse unité de combat, détache plusieurs iieodllatioiies ; on comprendrait moins facilement qu'il se fît de nombreuses divisions dans une cohorte, de 500 ai. 000 hommes à effectifs complets. Le bataillon ou Tescadron à peu près en entier, sans doute, suit normalement son praefectus *.
Enûn nous tirerons grand parti de la Notitia dignitatum : peut-être reflète-t-elle une organisation idéale plus qu'un réel état de choses, et les cadres de l'an 425 ont bien pu offrir de
* Marqaardt (Organis, milil.j tr. fr., p. 197 et note 7) a exagéré ce caractère ambulant des auxilia ; nos documents, aujourd'hui plus nombreux, révèlent au contraire une certaine fixité ; les diplômes de 139 et 157, par exemple, en confirmant l'hypolbèse que les uexillationes de Lollianus (CIL, III, 600) avaient servi dans la guerre parthique de Trajan, ont fait voir qu'une bonne partie de ces corps y étaient restés depuis, quelques-uns jusqu'au temps de laLNotiiia dignilaitim. Mais, en somme, pas de règle générale.
' Marquardt lui-même {ibid., note 8) cite de nombreux cas de ces oppositions.
» Cf. Mommsen, Hermès, XIX (1884), p. 210 sq.
^ Il faut cependant signaler comme exception le commandement de Lollianus, praepotUus in Mesopntamia utexillationibus equitum eleclorum alarum,.. (CIL, III, 600).
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graudes lacunes *. Nous ferons abstraction de cette hypothèse, dont il est impossible de tenir compte dans la pratique, et nous donnerons la double liste des cohortes et des alae dont la présence nous est attestée à un moment quelconque et sur n'importe quel point du domaine géographique qui intéresse notre sujet, en suivant l'ordre alphabétique et sans distinguer entre les provinces.
LixNotitia seule permettrait un groupement géographique complet; or il n'y a pas d'inconvénient à la négliger, puisque les listes qu'elle nous donne restent toujours utilisables. Il suffirait, pour renoncer à cette méthode, de songer au grand nombre iVauxilia auxquels furent empruntées les uexillationes de Lollianus, et dontnous savons seulement qu'ils étaient d'une façon générale en Orient sous le règne de Trajan. D'ailleurs serait-ce beaucoup préciser que de dire : Au premier siècle, telle cohorte campait ou opérait en Syrie^ lorsqu'on ne peut spécifier le cantonnement? La Syrie d'alors était très vaste; les provinces d'Orient sont de celles que la réforme « diocléliennc » a le plus subdivisées ; l'Afrique, par exemple, le fut beaucoup moins.
i/ordre auquel je m'arrête est celui qu'avait adopté C. Cichorius dans ses deux nomenclatures, dressées avec beaucoup de science et de conscience, et qui s'étendent à tout le monde romain -. Je lui suis très redevable; mais j'ai dû compléter son travail, à l'aide des documents mis au jour depuis lors. Je lui ferais volontiers le reproche de n'avoir donné place aux indications de la Notitia que lorsqu'elle mentionne des aiixilia déjà connus par des témoignages d'époque antérieure; une telle distinction n'est pas très justifiable ; puisque ce document atteste dans bien des cas la persistance du régime précédent, il convient de l'utiliser sans restrictions. Après lui seulement se marque la grande coupure ; après lui disparaît toute trace des cohortes cl des alae telles que les avait constitués la République, et dont la physionomie, durant quelque cinq siècles, s'(Hait à peine modifiée. Nous ferons entrer dans ces listes
* EnelTet, s'il faut admettre les effectifs proposés par Mommsea pour cha(}ue variété de numeri, le moindre duz aurait eu sous ses ordres au moins une quinzaine de milliers d'hommes ; ce qui s'accorde mal avec la pénurie de soldats souvent attestée.
2 Pauly-W., s. u. nia (1893) et ctthors (1899). Je m'étonne que U !''•• Supplemenlband (1903) n'y ait rien ajouté.
même les aiixilia de Palestine et d'Arabie *, parce qu'ils étaient éventuellement appelés, eux aussi, à concourir aux opérations contre les Parthes ou les Perses.
Commençons par les ailes de cavalerie, qui avaient la prééminence sur les cohortes, même mixtes ^.
Ala II noua Aegyptioruniy à Carlha de Mésopolamie — Not. ', XXXVI, 32.
Ala II Flauia Agrippiana, au i" siècle sur le Rhin. CIL, Xllf, 6235 ; Lollîanus ^ en reçoit un détachement ; au ii'^ siècle en Syrie — Waddington, 2i2i.
Ala I Alamannorum, àNeia de Phénicie — Not., XXXII, 36.
Ala Allaclica (?) — V. Ala II Gallorum.
Ala II Vlpia Auriana, en Cappadoce au ii° siècle, à Dascusa — CIL, III, 6743 ; Arrien '^j i ; et au v* siècle encore, en Arménie * — NoL, XXXVIII, 22.
Ala I Bosporanoriim, au i" siècle en Syrie, dans un caslel à deux heures d'Ëuropos — CIL, III, 6707 : au u® siècle en Dacie.
Ala I Flauia Augusta Britannica miliaria bis torquata oh uirtuteniy d'abord en Pannonie, employée dans l'expédition parlhique de Trajan — Dipl. XXXIX, de Fan 114; cf. CIL, III, 6748 ; puis revient en Pannonie — Dipl. LXVIII-LXIX.
[Ala Caesariensium, suspecte; dans les., A. /., XIX, 365 (xr^v iXr^v 81 <x(î>v Kai<T2p&u>v xal> xwv XîSajTTjvwv), trois mots semblent interpolés (cf. B. /., II, 236 : [xiav "Xtjv IrTiEOiv xaXoj(Jilvy,v SsoajYjvtùv), ou bien ils marquent simplement le lieu d'origine d'une partie des recrues de VAla Sebastenorum].
Ala XV Flauia Carduenoruniy à Cainî de Mésopotamie — Not,, XXXVI, 34.
Ala noua Firma miliaria catafractaria, formée par Sévère
^ Bieo que nous ayons renoncé à étudier ces deux régions topogra* phiquement.
> Pour Tordre alphabétique, il est tenu compte avant tout de Tcthnique orthographié à la moderne; à défaut, on se hase sur le qualifîcatif le plus propre à créer une distinction.
3 II s'agit partout de la Notitia Orientis.
^ Ce nom ne reparaîtra jamais qu'à propos de la môme inscription déjà citée.
* Cette référence indiquera toujours rexiaÇic xat' 'AXavwv.
* Je rappelle que l'Arménie d'alors correspond à la partie orientale de la Cappadoce du Haut-Empire.
100 l'armée
Alexandre de troupes orientales en 234; combattît en Orient; sous les Philippes, établie en Arabie — CIL, III, 99.
Ala Claudia noua, en Cappadoce — CIL, Ilf, 13635.
Ala I Augusta Gemina Colonorum^ prit part à la guerre juive d'Hadrien — CIL, VIII. 8934; vers cette époque, en Cappadoce — Arrien, 1 ; puis à Chîaca d'Arménie — M)/., XXXVIII, 21. Cf. une inscription de Saura (Syrie) : <rcpaT0Tr£03cp)^Tiaavxt lirirétuv RoXcovëitûv (Dittenberger, OrGrlS, 425 = IGRRP. III, 1144).
Ala Constantiana, a Toloha de Palestine — Not., XXXIV, 34.
Ala II CoTistantiana, à Libona d'Arabie — Not., XXXVII, 27.
Ala Vlpia Dacorum, en Cappadoce au u* siècle — Arrien, 8 ; cf. CIL, VI, 1333; puis à Suîssa d'Arménie —iVi?^, XXXVIII, 23.
Ala I Damascena, Monte louis de Phénicie — I^ot,, XXXII, 33.
Ala I noua Diocleitana, inter Thannurin et Horobam, en Osrhoène — Not.^ XXXV, 31.
Ala noua Diocletiana, à Veriaraca de Phénicie — Nol.^ XXXII,
Ala Antana {= Antoniniana P) Dromedariorum^ à Admatha de Palestine — NoL, XXXIV, 33.
Ala Valeria Dromedariorum miliaria, en 157 en Syrie — Dipl. ex ; add. CIL, III, 93, et 123 = 14160 ; au v« siècle en Thébaïde — iVo^.,XXXI,57.
Ala I Franco rum, à Cunna de Phénicie — iVb^, XXXII, 35.
Ala VIII Flauia Francorum, à Ripaltha de Mésopotamie — Not., XXXVI, 33.
Ala Gaeluloruni ueierana, en Judée en 86 — Dipl. XIX; a dû guerroyer contre les Juifs sous Vespasien — CIL, V, 7007.
Ala 1 Flaiiia Gaetulorwn, d'abord sur le Danube; peut-être en Orient du temps de Gordien, mais ce n'est pas assuré — Arch.-epigr. Mitlh. ans Oest.-Ung., VIII (1884), p. 22, n° 61 (= IGRRP, I, 203).
Ala II Gallorum, c'est probablement V"Ckr\ -^ 'AXXaxxtxT) (= TaXa- T'.y.r; suivant l'heureuse conjecture de Rilterling) d'Arrien, 9; à Aeliana d'Arménie — Not,, XXXVIII, 24 ; sans doule différente de la suivante.
Ala A)itio7il)iiana ?) Gallortun, en Syrie-Palestine en 139 — Dipl. CIX.
Ala Gallorum et Thracum, id.
Ala \H\erc[uJiana), en 139 en Syrie-Palestine — Dipl. CIX ; cf. M. Sobernheim, Palmyrenische Inschriflen, p. 10, n® 2 {Mitth. dey vorderastat. Gesellsch.f 1905, 2 = X. Jahrg.) : euxpxto]* e'^Xi;;
'HpaxXiav[^<; jietXiJapéa; (a. 167/8). Il ne faut probablement pas la confondre avec :
Ala I noua HercuUa^ à Ammuda de Syrie — Not., XXXIIÏ, 30.
Ala VI Hispanorum, à Gomoha d'Arabie — Not,^ XXXVII, 26.
Ala I louia Félix, à Cbaszanenica d'Arménie — Not., XXXVIII,
Ala 1 luthungorum, h Salutarla de Syrie — Not., XXXllI, 31.
Aia miliaria ; Pline le Jeune {Epist,, Vil, 31), tribun militaire en Syrie sous Domitien, avait pour ami Glaudius Pollio, qui praeerat alae miliariae ; c'est peut-être VAla I mil, de Hasta de Palestine — Not,^ XXXIV, 36, plutôt qu'une des suivantes :
Ala II miliarensisy à Naarsafari d'Arabie — Not., XXXVll, 28.
Ala IX miliaria, à Auatha d'Arabie — iVo^, XXXVll, 25.
Ala Pannoniorum ; Tacite (.4nn., XV, 10) nomme, dans Tarmée de Corbulon, alares Pannonios robur eqidtatus ; probablement une des alae Pannoniorum^ temporairement emmenées de Mésie en Orient.
Ala II Paphfagonum, à Thillafica d'Osrhoène — Not., XXXV,
Ala I Parthorum, h Resaia d'Osrhoène — Not., XXXV, 30 ; on ne voit pas si c'est l'ancienne Ala I Augusta Parthorum de Maurekanie, ou VAla Parthorum ueterana, en Dalmalie avant la Notitia (CIL, 111,8746).
Ala I Phoenicum, à René de Pbénicie — Not., XXXll, 38.
Ala Phrygum, en Syrie au i" siècle — CIL, II, 4251 ; la même probablement que la suivante :
Ala VII Phrygum, en Syrie-Palestine en 139 — Dipl. CIX ; cf. peut-être Y Ala septulm^a d'une inscription de Caïffa — Germer-Durand, Échos d'Orient, VIII (1905), p. 12.
Ala I Praetoria ciuium Romanorum, en Orient au temps de Lollianus ; cf. oi twv 'iTaXwv Itcttêi; sous un Vk6Lpyr^^^ dans Arrien, 9 ; à rapprocher de VAla I Praetoria nuper (nom de lieu corrompu) constituta, en Arménie — NoL, XXXVIII, 26.
Ala Rizena, à Aladaleariza dans le Pont — Not,^ XXXVIII,
Ala I Salutaria, Ihwdecimo constituta y en Osrhoène — Not,, XXXV, 34.
Ala II Salutis, à Arepha de Pbénicie ~ Not., XXXll, 39.
Ala I Saxonum, à Verofabula de Pbénicie — Not,, XXXll, 37.
Ala Sebastenorunif formée de Samaritains à Gésarée ; en Judée 60 44 (los., A. /., XIX, 365), en 51 (ibid., XX, 122 ; B. L, II, 236) ;
102 L'ARMés
Vespasien la renvoya, probablement par permutation avec VAla I Thracum Mauretana (= en Maurétanie). Ses noms complets seraient alors : Àla Gemina Sehastenomim (CIL, Vlll, 9358-9) ou (?) Ala I Flauia Sebastenorum [ihid.^ 17900). La même sans doute, dite miliaria, était au v^ siècle à Asuada de Palestine — Noi,^