OBSERVATIONS
Les observations de galactorrhée sont nombreuses et nous en avons retrouvé 156 dans la littérature. La liste en est forcément incomplète et plusieurs observations nous ont sûrement échappé. Parmi celles que nous avons retrouvées, bon nombre sont très sommaires, parfois même réduites à un titre ou à l’indication d’une publication. Il nous a paru cependant utile de les signaler ici.
Disons tout de suite que, sur ces 156 observations :
131 concernent des femmes, 22 — des hommes, 3 sont seulement signalées sans indication de
sexe.
Nous apportons 6 cas nouveaux concernant tous les ‘six des femmes, et ceci porte à 162 le total de nos observations.
Nous allons passer en revue ces différentes observations en essayant de les faire entrer dans un cadre pathologique précis. Quelques-unes échappent à tout classement.
Nous nous efforcerons ensuite de trouver une explication pathogénique satisfaisante, ou tout au
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moins plausible, de la galactorrhée, suivant les circonstances dans lesquelles elle est apparue.
Quant à l’abondance même de la galactorrhée : écoulement spontané important, ou émission de quelques gouttes à la pression des seins, elle nous a paru d’une importance tout à fait secondaire.
De même, il ne nous a pas été possible d'étudier séparément. la sécrétion lactée et la sécrétion colostrale, beaucoup trop d'observations ne faisant aucune mention d’un examen chimique et microscopique du liquide sécrété.
Par contre, il ne faut pas accepter pour évidents tous les diagnostics de galactorrhée; en l’absence d’un contrôle chimique et microscopique, certaines productions sébacées ont pu être prises, à un examen rapide, pour un écoulement lacté.
MM. Etienne May et Layani ont eu récemment à examiner un homme, porteur d’une gynécomastie, et qui attirait l’attention sur une sécrétion mammaire blanchâtre pouvant être confondue avec une sécrétion lactée; l'examen du produit de sécrétion a montré qu’il était uniquement constitué par du sébum.
Or, nous l’avons déjà dit, la plupart des observations ne font pas mention d’un examen du liquide sécrété. Aussi est-il possible que, parmi les observations que nous rapportons ici, se soient glissées quelques erreurs de diagnostic.
Nous étudierons successivement la galactorrhée
— au cours des affections génitales chez la femme;
— après intervention chez la femme;
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— au Cours des affections génitales chez l’homme et des tumeurs surrénales;
— dans l’acromégalie et les tumeurs cérébrales;
. dans les affections du névraxe et des racines médullaires;
— des cas de galactorrhée dans la syphilis 2nd, au cours d’une brûlure thoracique, dans la maladie de Basedow, la maladie d'Hodgkin, l'asthme;
—— au cours d’un cancer du sein;
— de la grossesse nerveuse et divers troubles psychiques;
— des cas de galactorrhée relevant d’un simple stimulus mécanique.
À ces observations, on rattachera les cas de :
— sécrétion lactée pendant la grossesse;
— de lactation anormalement prolongée ou anormalement abondante;
Enfin, il faudra signaler plusieurs cas de galactor-
* rhée sans aucune cause apparente.
A) - AU COURS DES AFFECTIONS GENITALES CHEZ LA FEMME (28 obs.)
Au cours des affections génitales chez la femme, la galactorrhée apparaît comme un phénomène assez fréquent et nous avons retrouvé 28 observations.
Un article de Gellhorn datant de 1908 nous apprend que Mueller, à l’Université de Berne, a observé 14 cas de sécrétion mammaire chez des femmes stériles, presque toutes atteintes de fibromes utérins; que Freund a trouvé une sécrétion colostrale
dans 25 cas de fibromes sur 44 mis en observation. Gellhorn, avec Billroth, n’a par contre jamais vu de sécrétion anormale au cours de nombreux examens de femmes porteuses de fibrome,
— Personnellement, au cours de nos recherches dans la littérature, nous n’avons retrouvé qu’une seule observation de galactorrhée associée à un fibrome, c’est celle de Otto Herschan, en 1927, qui rapporte un cas de myome utérin chez une femme vierge de 46 ans, accompagné d’une sécrétion colostrale vérifiée à l'examen chimique et microscopique.
Dans le cancer de l'utérus, la galactorrhée me paraît pas fréquente et nous n’avons retrouvé que Pobservation de Casa Luigi, renfermée dans les Annales de Gynécologie, sur un cas de cancer de l'utérus avec galactorrhée chez une femme de 50 ans.
La sécrétion mammaire au cours des infections gynécologiques fait l’objet de la thèse de Maria de Montpellier en 1923.
Les cas de galactorrhée et métrite chronique sont au nombre de 4 :
2 sont rapportés dans la thèse de René Duval, 1881,
— l’un, daté de 1878, est dû à Segond, interne dans le service de Gallard;
— l’autre relate le cas d’une femme de 40 ans qui, depuis 5 ans, présente une métrite chronique avec écoulement lacté bilatéral,
— 2 autres sont dûs à Otto Engstrom et datent de
te —
Au cours des lésions annexielles, nous avons trouvé 3 cas de galactorrhée :
— un de salpingite gonococcique dû à Otto Engstrom ;
— un d’abcès de l’ovaire, dû à Hallauer, date de 1910;
— un de tuberculose annexielle, dû à M" Chinni, date de 1918.
Les tumeurs ovariennes nous valent 7 observations de galactorrhée :
— deux sont des observations de tumeur bénigne : — lune est observation de Baumgartner rapportée dans la thèse de Gaston Reynier en 1912, sur un cas de galactorrhée associée à un kyste de l'ovaire droit avec métrite adénomateuse. L’hystérectomie a entraîné l'arrêt immédiat de la sécrétion lactée;
— J’autre, de W.-P. Plate (1933) est une observation de sécrétion colostrale chez une femme de 23 ans. Sécrétion disparaïssant après l’ablation d’un folliculome de l'ovaire.
— Cinq sont des observations de tumeurs malignes, ce sont celles de :
— Polano, cité par Halban en 1905, sur un cas de galactorrhée avec endothéliome de l'ovaire chez une femme vierge;
— Saenger (1912), sur deux cas de sécrétion lactée avec carcinome de l'ovaire, un primitif, un secon-
daire;
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— M"° Chinni (1918) sur un cas de tératome de l'ovaire;
— Siegmund (1932) sur un cas de sécrétion colostrale, gigantisme et puberté précoce chez une fillette de 6 ans atteinte de tératome de l'ovaire. De ce dernier cas, on peut rapprocher les deux observations de Lucas datant de 1888, rapportées successivement par Harris en 1925, Southan en 1928 et Krestin en 1932, de sarcome et tératome de l'ovaire chez des fillettes de 5 et 3 ans, atteintes de gigantisme et gynécomastie mais sans galactorrhée.
— Au cours de la môle hydatiforme et du chorioépithéliome la galactorrhée serait assez fréquente. Nous avons retrouvé deux observations :
— celle de Meyer dans le traité de Henke et Lubarsch, citée par Guiseppe Motta en 1934;
— celle de Motta en 1934, chez une femme de 25 ans, ayant subi une hystérectomie pour chorioépithéliome, et chez qui la montée laiteuse s’est produite 3 jours après l'intervention pour persister jusqu’à la mort, 15 jours plus tard. En réalité, cette observation n’est peut-être pas à sa place ici car la galactorrhée est apparue après l’hystérectomie ; cependant, comme le fait remarquer l’auteur, la galactorrhée, après hystérectomie, est généralement d'apparition assez tardive, 2-3 semaines en moyenne.
Mais la galactorrhée au cours du chorio-épithéliome ne paraît pas être l’apanage unique de la femme et, à ce sujet, il convient de rapporter une très intéressante observation de Watrin et Florentin
en 1930, sur un cas de sécrétion lactée chez une lapine de 3 ans n'ayant pas eu de portées depuis 2 ans malgré deux accouplements et chez qui l’autopsie fit découvrir une tumeur utérine ayant l’aspect de vésicules translucides à parois épithéliales reposant sur un chorion fibrillaire richement vascularisé.
— Plus difficiles à classer sont les 10 observations suivantes; cependant, dans toutes, on trouve signalé un dysfonctionnement ovarien. C’est dans ce cadre que nous placerons les 3 cas d’atrophie utéro-ovarienne — ou maladie de Frommel — avec galactorrhée rapportés par Sharp en 1935;
deux remontent à Chiarti et datent de 1855;
la troisième est due à Frommel et date de 1882.
Dans les 3 cas, il s’agit de femmes ayant eu au moins un enfant et présentant une aménorrhée persistante.
Horroks, cité par Gibbons (1887), signale un cas de galactorrhée chez une femme mariée, stérile, avec
dysménorrhée.
Ellioston, cité par Knott (1899), un cas analogue chez une femme aménorrhéïque depuis 5 mois.
Gellhorn (1908), une sécrétion colostrale chez une femme de 25 ans nullipare ayant une atrophie utérovaginale avec dysménorrhée.
— Il cite l'observation de Cramer de galactorrhée
bilatérale apparue après transplantation de deux ovaires sains de femme, chez une femme de 21 ans
ayant une atrophie ovarienne bilatérale avec aménorrhée.
Cette observation est d’ailleurs sujette à caution et l'on peut se demander quel est le rôle joué par de traumatisme opératoire dans l’apparition de la galactorrhée. |
Pascali, en 1929, décrit un cas de galactorrhée chez une femme de 19 ans nullipare, avec insuffisance ovarienne traduite par une adiposité accompagnée de dysménorrhée.
C’est à cette place qu’il semble logique de mettre l'observation de le Née exposée dans la thèse de Fallourd (1932) de galactorrhée avec dysménorrhée (la galactorrhée étant influencée par les règles) chez une femme vierge de 37 ans très nerveuse et présentant un degré léger d’hyperthyroïdie.
Manzi enfin, en 1935, apporte une observation de galactorrhée chez une femme de 27 ans nullipare présentant une hypoplasie génitale avec hydrosalpinx gauche et aménorrhée.
C’est à ces cas de galactorrhée avec aménorrhée que se rattache le célèbre -aphorisme d’Hippocrate cité par Polycarpus Fredericus Schacher dans sa thèse « Aménorrhée et sécrétion lactée ».
B) - APRES INTERVENTION CHIRURGICALE CHEZ LA FEMME {16 obs.) Après intervention chirurgicale, la galactorrhée est assez fréquente; nous avons pu réunir 16 observations. La majorité de ces observations comporte une