‹ La Galactosémie Provoquée: Test d'Hyperthyroïdie, Étude CritiqueChapitre 36 sur 55 · II · texte numérisé non relu

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La technique en est simple. Comme tout examen de laboratoire, elle nécessite une mise au point attentive. Les points délicats sont ceux de la fermentation et de la déprotéinisation. L'emploi de levure soïgneusement sélectionnée et le choix de l’hydrate de cadmium comme déféquant permettront d'éviter les mécomptes que nous avons personnellement enregistrés. En respectant ces précautions, tout laboratoire entraîné à la mesure de la glycémie peut pratiquer des dosages de galactosémie. Sans écrire, comme DEs- TREES, que le test est « à la portée de tout praticien de campagne », nous soulignerons qu’il ne nécessite pas, comme la mesure du métabolisme basal, l'emploi d'un matériel destiné exclusivement à cet usage.

La bonne volonté, l'intelligence, et la coopération du sujet ne sont pas des conditions indispensables.

S1 l’on emploie le micro-dosage, qui est certainement le meilleur procédé, les prélèvements de sang se feront au lobule de l’oreille. Ils seront à peine désagréables pour le patient. En résumé, il nous semble qu'au point de vue technique le dosage de la galactosémie est plus simple et présente moins de cause d’erreurs que la mesure de la consommation d’oxygène.

IT ne suffit pas d'obtenir assez aisément des chiffres précis, il importe de savoir ce qu’ils signifient. L'épreuve que nous étudions est basée sur les troubles des fonctions glucidiques. Nous avons vu la complexité de ces troubles. La mesure de la galactosémie ne nous permet pas de reconnaître la part des différents facteurs qui entrent en jeu. Nous ne pouvons.

grace à elle seule, connaître avec certitude, l’état du foie ou l’importance de l'accélération de l'absorption glucidique. À supposer qu'une épreuve complémentaire nous indique l'intégrité de la fonction hépatique, nous ne pourrons dire si la rapidité de la phosphorylation est dûe à un désordre hypothalamique ou à une légère hypersécrétion insulinique. Il n’en reste pas moins vrai, croyons-nous, que le test proposé par ALTHAUSEN est un bon procédé pour explorer le métabolisme des sucres dans l’hyperthyroïdie.

I nous paraît supérieur à la galactosurie. Dans l’hyperthyroïdie, cette épreuve est moins souvent perturbée. Elle ne reflète qu'imparfaitement les anomalies de la traversée intestinale ou celles de la transformation par le foie des hexoses. Si, chez le sujet normal, la vitesse d'élimination du galactose est proportionnelle à la concentration sanguine (FISHBERG et DoLix) [88], il n'en est pas toujours de même en pathologie. Chez les hépatiques par exemple, STENS- TAM [231] a montré que pour des concentrations sanguines identiques à celles de l’individu sain, l’élimination urinaire est deux à quatre fois moins rapide. Cette élimination retardée avait déjà été notée par FressiNGer [85] et elle est devenue, grâce à lui, un des caractères distinctifs des hépatites chroniques. Dans l’hyperthyroïdie, à une courbe sanguine élevée ne correspond pas toujours une élimination urinaire importante ou retardée. C’est pourquoi il serait intéressant, après l’ingestion de galactose, de recueillir suivant la technique habituelle, les urines de 24 heures. Ainsi couplées, les deux épreuves permettraient

de mieux juger le trouble fonctionnel du foie. Grâce à ce complément, nous pourrions dissocier plus où moins exactement la part du parenchyme hépatique et celle de l'intestin.

L'épreuve au galactose a l’inconvénient d'introdutre dans l’organisme un hexose qui, lorsqu'il a franchi la barrière intestinale, ne peut plus être distingué du sucre sanguin. Il est impossible de connaître la quantité de glucose libérée par la glycogénolyse. Le galactose, sucre « marqué » est aisément retrouvé, il est difficilement métabolisé par les tissus. Si, chez un basedowien, la glycémie à jeun est à la limite supérieure de la normale, l'hyperglycémie provoquée ne permettra pas toujours de rejeter formellement un diabète incipiens. Au contraire, le test d’AL- THAUSEN constitue dans ce cas une épreuve précieuse car le diabète n’entraine pas d'anomalies de la courbe.

Ceci mis à part, on peut faire à propos de la galactosémie, des critiques voisines de celles que Marcel LABBE, puis Gilbert DREYFUS, firent au sujet de l’hyperglycémie. Le test que nous avons étudié n’est pas un test strictement quantitatif de l’hyperthyroidie. IT ne varie pas toujours proportionnellement à l'intensité de la maladie. Si, à des évolutions sévères, correspondent souvent des galactosémies maxima élevées, des exceptions sont observées et le parallélisme n’est pas toujours étroit. D'autre part, l’élévation de la courbe n’est pas spécifique. Une telle élévation est souvent observée dans les hépatites et la maladie de Paget. L’anomalie est plus rarement ren-

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contrée dans les affections banales: elle risque alors d'égarer le médecin.

C’est pourquoi, dans le diagnostic de l’hyperthyroidie, la galactosémie provoquée ne peut être, pensons-nous, qu'un test d'appoint. Son résultat doit être confronté avec les faits cliniques et avec les résultats des autres examens de laboratoire. Elle constitue un test d'appoint à ne pas négliger, maïs elle ne peut prétendre à être un signe cardinal. L’élévation du métabolisme basal reste, jusqu'à plus ample informé un critère plus valable.

Le test d'ALTHAUSEN constitue par ailleurs un bon moyen d'étude du métabolisme glucidique dans l’hyperthyroïdie. Nous ne connaissons pas, d'une façon précise, les mécanismes qui influent sur lui. Mais en confrontant ses résultats avec ceux d’autres examens et en le pratiquant souvent, nous parviendrons peut-être à mieux connaître une partie de la phvsiopathologie des hyperthyroïdies.

Vu:

Nancy, le O juin 1949.

Le Président de? Thèse, DROUET.

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