TISSERINS
peu près comme un nautile, le suspend à l’extrémité d’un rameau, au-dessus d’une eau dormante, et place l’entrée dans la partie inférieure, toujours du côté de l’est, c’est-à-dire du côté opposé à la pluie. D’autres, comme le nelicourvi , composent le berceau destiné à leur jeune famille avec de la paille et des joncs entrelacés avec adresse, le suspendent à une branche flexible au bord d’un ruisseau, pratiquent au haut une poche dans laquelle sont les œufs, et y adaptent un tuyau allongé, tourné en en bas, et au bout duquel est l’entrée. Le nid du tisserin d’ Abyssinie ou à tête noire n’est pas moins remarquable : il est pyramidal, toujours suspendu, comme les précédens , audessus de l’eau. L’ouverture est sur l’une des faces de la pyramide, ordinairement tournée à l'est. La cavité de cette pyramide est séparée en deux par une cloison, ce qui forme pour ainsi dire deux chambres : la première, où est l’entrée du nid, est une espèce de vestibule où l’oiseau s’introduit d’abord, ensuite il grimpe le long de la cloison intermédiaire, puis il redescend jusqu’au fond de la seconde, où sont les œufs. On voit par ces détails que le nom générique appliqué à ces oiseaux leur convient sous tous les rapports, surtout aux mâles , qui semblent être les seuls architectes et constructeurs de ces petits chefs-d’œuvres ; du moins c’est ainsi que se comportent les tisserins voilés que je conserve dans ma volière , tandis que les femelles restent spectatrices et oisives, peut-être en agissent-elles autrement dans l’état de liberté.
LE TISSERIN MASQUÉ, Ploceus personatus.