PL LXXXV
Griseo-virïdis; gulâ flavâ ; jugulo peetoreque auranliis ; ventre albo; oculis albo cireumdatis , sublus lineâ nigrà ( mas ).
Lateribus capitis nigrâ non lineatis ( femina, junior).
Yellow-breasted chat, Catesbj, car. tom. a , pag. 5o.
Le merle vert de la Caroline, Briss., Ornith., tom. 2, pag. 3i5, u° 55.
Idem, Bufjbri , Hist. nat. des Ois., tom. "b, pag. 396.
Muscicapa viridis, Lirai., Gm., Sjsl., nat., édit. i3, n° 35. Idem, Lath., Index ,n° 58.
Chattering fly-catcher, Lath. , Synopsis , tom. i,pag. 35o, n° 48.
L’ictérie dumicole, Vieillot, Hist. nat. des Ois. de V Amérique , tom. 1, pag. 85, pl. 55.
On rencontre cette espèce dans diverses provinces des Etats-Unis , particu lièrement dans celles de la Caroline, de Pensylvanie et de New-York, où, dès son arrivée, au retour des beaux jours, chaque paire va établir sa résidence dans des buissons fourrés de noisetiers, de vignes, d’épines et dans des taillis épais. Très-jalouse de sa possession, elle semble s’irriter contre tout ce qui en approche ; aussitôt que le mâle aperçoit le moindre objet qui lui porte ombrage, il manifeste son inquiétude par une variété de monosyllabes si bizarres, qu’il est difficile d’en donner une description satisfaisante; mais qu’on peut imiter facilement, au point de tromper l’oiseau lui -même et s’en faire suivre pendant un quart de mille; alors il répond par des cris constans, jetés rapidement et qui expriment sa colère • cependant si on examine sonextérieur, il semble insensible à tout ce qui se passe autour de lui. Sa voix s’échappe de place en place dans les broussailles ; d’abord les sons ont de la ressemblance avec le sifflement que font, en volant, les ailes d’un canard ou d’une sarcelle. On remarque dans les sons de l’élévation et de la rapidité en commençant, ensuite ils sont plus bas, plus lents et finissent par être détachés; d’autres cris qui leur succèdent imitent en quelque sorte les aboiemens d’un petit chien et sont suivis de sons variés, sourds, partant du gosier, répé-
ICTERIES.
lés chacun huit ou dix fois de suite, qui ont plus de rapports à la voix d’un quadrupède qu’à celle d’un oiseau; enfin tout ce babillage se termine par des cris assez semblables au miaulement d’un chat, mais beaucoup plus enroués. Tous ces sons sont rendus avec une grande véhémence et de tant de façons différentes, que l’oiseau semble être à une grande distance et en mêmetemps très-près de celui qui l’écoute, de sorte que d’après ces manœuvres de ventriloque, on est fort embarrassé de déterminer l’endroit d’où vient la voix. Si le temps est doux et serein et s’il fait clair de lune, le mâle babille de cette étrange manière, presque sans interruption, pendant toute la nuit, comme s’il disputait avec ses propres échos, mais probablement dans l’intention d’attirer une femelle, car lorsque la saison est avancée, on l’entend rarement à cette époque. Dans tout le temps de l’incubation, ses cris ont plus de force et sont plus continuels. Lorsqu’il s’aperçoit qu’on l’a vu , il cherche moins à se cacher, et quelquefois il s’élève dans les airs presque perpendiculairement, à la hauteur de trente à quarante pieds, tenant ses jambes pendantes, descendant de même qu’il monte par élans répétés, comme s’il était ému de colère. On peut attribuer le bruit qu’il fait et tous ses mouvemens à son extrême affection pour sa femelle et ses petits; car en tout autre temps qu’à l’époque des amours, on l’entend rarement.
Les insectes, les baies et surtout le fruit de la morelle (solarium carilonense) sont les alimens dont cette espèce se nourrit. Elle niche dans les buissons les plus fourrés, et sa ponte est de quatre ou cinq œufs.
Le mâle a la tête, le dessus du cou et du corps gris-verts; les pennes des ailes bordées de cette couleur en dehors, et brunes dans le reste; l’œil entouré de blanc, avec un trait noir en dessous; une bandelette blanche part de la mandibule inférieure et descend sur les côtés de la gorge, qui est d’un jaune vif, changeant en orangé sur le devant du cou et de la poitrine; les parties postérieures sont blanches, les pennes de laqueue grises en dessous; le bec et les pieds sont noirs. Longueur totale, 6 pouces (\ lignes.
Chez la femelle, les couleurs sont moins vives, et elle n’a ni marque noire sur les côtés de la tête, ni les yeux entourés de blanc. Lejeune est en dessus d’un gris verdâtre sale, et en dessous d’un jaune très-pâle; du reste il ressemble à sa mère.
CAROUGES.
4ime division. CAROUGE, Pendulinus.
Bec un peu grêle, arrondi, longicône, un peu incliné, à bords fléchis en dedans, ordinairement aigu à sa pointe; mandibule supérieure à base prolongée dans les plumes du front et y formant un petit angle pointu. PI. H,
Narines plus ou moins dilatées, couvertes d’une membrane.
Langue cartilagineuse, bifide à son extrémité.
Tarses nus, annelés.
Doigt intermédiaire soudé à la base avec l’externe, totalement séparé de l’interne.
Ailes moyennes; deuxième et troisième rémiges les plus longues de toutes.
Queue à douze rectrices.
On ne connaît jusqu’à présent que douze espèces dans cette division, qui toutes habitent l’Amérique, et dont la plupart montrent la même adresse dans la construction de leur nid que les tisserins, surtout les carouges solitaire et banana : le premier le suspend à l’extrémité des branches les plus flexibles, et ne fait entrer dans sa construction que de la filasse de chanvre ou des herbes analogues. Il lui donne la forme d’une écuelle un peu profonde, d’une grandeur proportionnée à sa grosseur, et attachée à deux rameaux par les oreilles; quoique fragile en apparence, ce berceau, jouet des vents, est d’une texture assez forte pour résister à leur impétuosité; le second le construit d’une manière totalement différente, le compose de petites fibres de feuilles entrelacées les unes dans les autres, et lui donne la forme de la tranche d’un globe creux coupé en quatre parties égales; il sait fixer son travail sous une feuille de bananier, de manière que celle-ci sert d’abri et en fait elle-même partie.
La plupart des carouges se tiennent par paires; ceux qui vivent en familles ont l’instinct social des troupiales, avec lesquels ils se mêlent quelquefois. Ils ne fréquentent point les plaines ou très-rarement, se plaisent dans les taillis, les bosquets, s’y cachent dans les endroits les plus fourres, cherchent leur nourriture tantôt sur les arbres, tantôt à terre. Ils sont entomo-
CAROUGES.
phages et baccïvores. Comme les graines céréales sont pour eux un aliment dédaigneux, on les rencontre très-rarement dans les terres ensemencées, où abondent les troupiales de l’Amérique septentrionale, mais ces oiseaux n’y restent que pendant la belle saison. Leur ponte est de quatre ou cinq œufs, et ils en font ordinairement plusieurs par an dans les contrées méridionales du nouveau continent.
LE CAROUGE CHRYSOCÉPHALE, Pendulinus
chrysocephalus.