‹ La galerie des oiseaux (volume 2)Chapitre 212 sur 251 · SOUI-MANGAS · texte numérisé non relu

SOUI-MANGAS

2ème division. SOUI-MANGA, Cinnyris.

Bec arqué, quelquefois droit, court ou long, ifh peu trigone, aigu, souvent à bords finalement dentelés.

Narines situées à la base du bec, à demi closes par une membrane un peu voûtée.

Langue très-longue, divisée en deux filets du milieu à la pointe, susceptible de se lancer.

Tarses nus , annelés.

Doigt intermédiaire réuni, à la base avec l’externe, totalement séparé

Ailes moyennes à penne bâtarde très-courte ; première et cinquième rémiges presque égales ; deuxième et troisième les plus longues de toutes.

Queue à douze rectrices.

Montbeillard a généralisé à toutes les espèces de cette division, qui en contient au moins quatre-vingts, le nom de Soui-Manga qu’une d’elles porte à Madagascar. Linnée , Latliam et d’autres ornithologistes les ont classées dans la division des Grimpereaux ; mais, si ce n’est la courbure du bec, elles n’ont aucun rapport avec ceux-ci : de plus, ce nom ne peut nullement leur convenir, puisqu’elles ne grimpent point, et quelles ont des habitudes et des mœurs très-opposées à celles des vrais Grimpereaux. Des voyageurs et même des naturalistes les confondent avec les Colibris , mais ils ont des attributs étrangers à ceux-ci ; savoir, douze pennes à la queue; le bec effilé et formant un angle plus aigu; les tarses plus allongés et dénués de plumes , par la conformation de leurs doigts , de leurs ongles et de leurs ailes. En outre , on est certain aujourd’hui que les Colibris et les oiseaux-mouclies sont confinés en Amérique. Ainsi donc tous les oiseaux de l’Afrique et de l’Asie, auxquels on a appliqué leur nom, appartiennent à la famille des Soui-Mangas, qui les remplacent dans l’ancien continent.

De même que les Colibris, ces oiseaux portent un plumage paré des couleurs les plus riches et les plus éclatantes; ce sont les mâles surtout que la nature décore avec tant de luxe, mais seulement dans le temps des

SOUI-M ANGAS.

amours; car, à toute autre époque, ils portent ordinairement un vêtement assez ressemblant à celui des femelles, et souvent au point qu’on ne peut les distinguer, si l’on n’a pour guide que leur plumage. Leur langue est pareille à celle des Colibris, et, comme eux, ils se nourrissent, indépendamment des insectes, du suc mielleux des fleurs. Elle est mue par le même mécanisme , qui leur facilite les moyens de l’allonger et de la retirer à volonté. Ses parois sont d’une substance cornée et creusée en gouttière, formant une sorte de trompe , dont l’extrémité est munie de plusieurs filets nerveux, qui, par leur nature, sont le premier siège du goût. Ces filets servent, non-seulement à déguster la liqueur, mais ils servent encore de crible pour empêcher les matières les plus grossières de passer avec la liqueur sucrée à travers le tube de la langue quelles obstrueraient. La partie supérieure de la langue, qui répond à l’œsophage, est munie de deux allonges qui, passant de chaque côté du larynx, vont en remontant derrière la tête, s’implanter au front, et servent, comme chez les Pics, à pousser la langue hors du bec, suivant la profondeur à laquelle l’oiseau a besoin d’atteindre pour trouver sa nourriture favorite.

Les Soui-Mangas ont un ramage gai, beaucoup de vivacité, et aiment la compagnie de leurs semblables. Les uns construisent leur nid dans les buissons et sur les arbustes , d’autres préfèrent un tronc d’arbre, Leur ponte est de deux à quatre œufs.

A. Bec arqué. PL O, n° y.

LE SOUI-MANGA DE MALACCA, Cinnyris lep ictus.

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