‹ La galerie des oiseaux (volume 2)Chapitre 222 sur 251 · GUÊPIERS · texte numérisé non relu

GUÊPIERS

iere division. GUÊPIER, Merops.

Bec épais à sa base, allongé, presque tétragone, entier, un peu fléchi en arc, subulé, à pointe aiguë. PL P, n° 3.

Narines rondes , petites , couvertes à leur origine de petites plumes dirigées en avant, quelquefois totalement glabres.

Langue étroite, lacérée à la pointe chez la plupart.

Pieds courts.

Jambes dénuées de plumes sur leur partie inférieure.

Doigts extérieurs réunis dans la plus grande partie de leur longueur.

Ongle intermédiaire le plus fort de tous, et dilaté sur son bord interne.

Ailes longues, à penne bâtarde, très-courte ou moyenne; première rémige la plus longue de toutes chez les uns, la troisième chez les autres.

Queue à douze rectrices.

Ou ne trouve les trente-neuf espèces dont cette division se compose que dans l’ancien continent. Les oiseaux de la Nouvelle-Hollande auxquels Latlian et Shaw ont imposé le nom de Merops appartiennent à d’autres divisions (I^oyez Polochion et Créadion). Quant aux Guêpiers indiqués par des auteurs, comme se trouvant .à Cayenne -et au Brésil , ils n’habitent pas dans ces contrées , si ce sont réellement des Guêpiers ; car il paraît certain qu’on n’en a pas encore rencontré dans l’Amérique.

Les Guêpiers ont des rapports avec les Hirondelles dans leur genre de vie : comme celles-ci , ils saisissent leur proie en volant ; ils se rapprochent des Martin-pêcheurs par les belles couleurs de leur plumage et la conformation de leurs pieds. Comme eux et l’Hirondelle de rivage, les Guêpiers , dont on connaît le genre de vie , nichent au fond des trous qu’ils creusent eux-mêines enterre; ils se nourrissent d’insectes volans, diptères et tétraptères, particulièrement de Guêpes et d’ Abeilles, d’où sont venus leurs noms latin et français.

3io

MARTIN-PÉCHEURS

LE GUÊPIER BICOLOR, Merops bicolor.

PL CLXXXVL

Corpore suprà cinereo-vinaceo ; subtus sanguinolento ; genis albis; remigibus rectricibusque nigricante-fuscis.

Le Guêpier bicolor, Sonnini, édit, de Buffon, tom. 5l\,pag. iql\.

Idem, deuxièjne édit, du Nouv.Dict. d’hist. nat.} tom. 1 4 , pag. 12.

On doit la connaissance de cette espèce au naturaliste Perrin , qui l’a trouvée à Malimbe dans le royaume de Congo et Cacongo , où elle ne se montre que pendant trois mois; elle voyage en troupes, vole avec la même rapidité que l'Hirondelle, se perche rarement; et dès qu’elle le fait, c’est sur les arbres presque dénués de feuilles. Lorsque ces Guêpiers ont établi leur croisière dans un canton, tous se réunissent et soutiennent leur vol pendant des journées entières, jusqu’à ce qu’ils aient détruit tous les insectes dont ils se nourrissent, spécialement les hyménoptères; alors ils partent ensemble pour un autre canton, où ils continuent de chasser en commun.

La tête, le dessus du cou et du corps, les couvertures supérieures des ailes de ce Guêpier sont d’un cendre-jaunâtre vineux; les rémiges et un trait sur l’œil d’un brun noirâtre; les joues et les côtés de la tête d’un beau blanc ; le dessous du corps est d’un rouge sanguin ; le dessous des ailes et de la queue d’un gris brun ; le dessus d’un brun noirâtre ; les deux rectrices intermédiaires sont plus longues d’un pouce et demi que les autres , et terminées en pointe fort aiguë ; le bec est blanc à la base de sa partie inférieure, et noir dans le reste; l’iris rouge. Longueur totale, 10 pouces.

2ème division. MARTIN-PÊCHEUR, Alcedo.

Bec long , gros à la base , trigone chez les uns , tétragone chez les autres, comprimé latéralement, droit, très-rarement échancré et incline vers le bout, abords très-légèrement dentelés vers la pointe.

MARTIN-PÊCHEURS

Narines situées près du capistrum y étroites, longitudinales ou oblongues à ouverture recouverte d’une membrane transparente.

Langue courte, déliée, en carré long à sa base, triangulaire dans le reste.

Pieds courts, placés un peu à l’arrière du corps.

Jambes dénuées de plumes sur leur partie inférieure.

Tarses arrondis et quelquefois sans écailles.

Doigts au nombre de trois ou de quatre; les extérieurs réunis presque jusqu’aux ongles; l’intérieur très-court. PL CC, n° i.

Ongles courbés, comprimés sur les côtés, aigus ; l’intermédiaire dilaté sur son bord interne.

Ailes courtes ; les quatre premières rémiges à peu près égales et les plus longues de toutes.

Queue à douze rectrices.

Cette division renferme au moins soixante espèces, et se compose de deux sections d’après le nombre des doigts, et la première de deux paragraphes d’après la forme du bec. On trouve des Martin-pêcheurs sur tout le globe, mais en bien plus grand nombre entre les tropiques. On n’en connaît qu’une seule espèce dans le nord de l’Europe et deux dans les contrées septentrionales de l’Amérique. Presque tous se tiennent au bord des eaux courantes ou stagnantes; tous vivent isolés , quelquefois par couples , rarement en familles et jamais en troupes. Ils se posent de préférence sur des branches sèches , surtout sur celles qui s’avancent au-dessus de l’eau. Leur principale nourriture consiste en poissons : quelques espèces ne vivent que d’insectes terrestres , et se tiennent éloignées des lieux aquatiques

Comme les ichtyophages ne peuvent saisir leur proie qu’au passage , ils doivent être doués d’une grande patience ; aussi , pour l’épier, restent-ils immobiles pendant des heures entières sur une branche, sur une pierre , même à terre ; et aussitôt qu’ils aperçoivent un poisson , ils fondent dessus avec la plus grande rapidité, en tombant d’à plomb , la tête en bas, dans l’eau, où ils restent très-peu de temps ; si leur capture est d’une grosseur qui ne leur permet pas de l’avaler de suite , ils la portent à terre , contre laquelle ils la battent afin de la tuer, et ils la dépècent ensuite par morceaux. Ces oiseaux ne se trompent pas ordinairement sur la profondeur à laquelle

MARTIN-PÉCHEURS

ils doivent réduire leur chute dans l’eau; plus elle est grande, plus grande est la hauteur d’où ils se laissent tomber. Peu de volatiles de leur taille ont des mouvemens aussi prompts ; au moment où ils volent avec le plus de vélocité , ils s’arrêtent tout d’un coup , demeurent stationnaires en l’air, et s’y soutiennent pendant plusieurs secondes en battant des ailes , pour attendre que le poisson paraisse à leur portée : leur corps, qui reste immobile , a alors sa partie postérieure inclinée vers le bas ; et cette position prouve la force de leurs ailes , qu’ils agitent dans un autre sens que la plupart des oiseaux. Ces mouvemens d’ailes peuvent être comparés à ceux des Colibris quand ils cherchent leur nourriture dans le calice des fleurs. Lorsqu’ils sont à terre, ils ne marchent ni ne sautent, et peuvent prendre leur essor depuis le sol.

Les Martin-Pêcheurs portent un plumage (lustré chez les icthyophages), sur lequel le bleu domine sous ses différentes nuances, et tous se distinguent des autres oiseaux par leurs formes. Ils ont le corps épais , très-compacte, la tête allongée, grosse, couverte déplumés étroites, plus ou moins longues, et qui, chez la plupart, forment vers l’occiput. une espèce de huppe, souvent immobile et toujours dans une direction contraire à celle du bec; les ailes courtes, mais vigoureuses; le vol rapide , très-bas, long et horizontal , mais qu’ils élèvent facilement pour se précipiter sur leur proie; les pieds courts et placés un peu à l’arrière du corps^ le bas de la jambe nu ; le tarse arrondi, souvent sans écailles, assez robuste et très-court; les doigts antérieurs réunis de manière qu’ils forment en dessous une plante de pied , et qu’ils ne servent guère plus que s’il n’y avait qu’un seul doigt plus gros.

Ces oiseaux rejettent par le bec les arrêtes et les écailles de poisson qui se roulent dans leur estomac spacieux et lâche comme celui de l’oiseau de proie. Ils se nourrissent aussi d’insectes diptères et tétraptères, particulièrement d’Abeilles et de Guêpes qu’ils prennent au vol. Tous placent leur nid dans des trous, ordinairement sur les bords escarpés des eaux. Leur ponte est de quatre à six œufs , et ils en font tout au plus deux dans les régions septentrionales.

MARTIN-PÊCHEURS

À. Quatre doigts. Bec droit, quadr angulaire. PL P, n° Zj.

LE MARTIN-PÊCHEUR A FRONT GRIS, Alcedo

cinereifrons .

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