‹ La galerie des oiseaux (volume 2)Chapitre 88 sur 251 · DUR-BECS · texte numérisé non relu

DUR-BECS

Le dur-bec, Buffon , Hist. nat. des Ois. , pi. enl. , n° i35 ,fig. i.

Loxia enucleator, Linn ., G/w., , édit. i3, «° 3 , idem, Latli.

Haken-kernbeisser, /G olf et Meyer, Taschenbuch , etc., pag. i/p.

Greasted Bulfinch, edwards , ois, pi. 123, 124.

Pine Grosbeak, Latli., Synopsis, tome 1, page 1 1 1 , «° 5.

Cette espèce est répandue dans le nord des deux continens et pénètre rarement dans les régions tempérées. On la voit quelquefois en Angleterre et en France, dans les environs de Strasbourg; on la rencontre aussi en Allemagne, dans le nord de l’Europe, très-rarement en Amérique au delà de l’Arcadie, mais elle est commune au Canada, dont les habitans l’appellent bouvreuil, d’après quelque analogie dans la conformation du bec et dans la couleur rouge du mâle. Les naturels de la baie d’Hudson, où elle paraît au mois de mai, la nomment wuscinithow . Comme elle vit principalement de semences corticales, on doit la chercher dans les forêts de pins.

Le mâle est doué d’une voix sonore et mélodieuse ; il chante ses amours dès le mois de février, se fait entendre nuit et jour au printemps, et se tait dans les autres saisons. La femelle place son nid sur les arbres moyens , en garnit l’extérieur de bûchettes et l’intérieur de plumes, et d’autres matériaux duveteux. La ponte est de quatre ou cinq œufs blancs.

Le bec est brun en dessus et gris en dessous ; l’œil est placé entre un trait brun et une tache d’un blanc sale; la tête, le cou, le manteau et le croupion sont d’un rouge incarnat, varié de brun sur le dos; ce même rouge est encore répandu sur la gorge et les parties postérieures , mais il a moins d’éclat que sur les parties supérieures; les plumes des jambes sont grises; les petites couvertures des ailes brunes et bordées en dehors d’un blanc nuancé de rose : les rémiges et les rectrices ont leur extérieur gris et sont brunes dans le reste, ainsi que les plumes qui recouvrent les narines; des individus ont les pieds de cette couleur, tandis que d’autres les ont noirs, de même que le bec. Longeur totale, huit pouces environ. Tel est le plumage du mâle adulte.

La femelle en diffère en ce qu’elle est d'un brun nué d’orangé sur la tête et le croupion , la nuque et les joues; d’un gris brun sur le dos et les plumes scapulaires; cendrée sur les parties inférieures, avec une faible nuance d’o-

BOUVREUILS

rangé; en général la livrée des mâles adultes ou vieux èt des femelles est sujette à varier; en effet les uns sont d’un rouge uniforme et terne; d’autres présentent un mélange de rouge, de gris, de brun et de verdâtre; ce dernier vêtement indique toujours des jeunes mâles à l’époque de leur première mue. Tous ceux-ci ne prennent leur belle parure qu’à l’âge de deux ans; ils sont dans leur premier âge, d’un gris cendré; ensuite ils deviennent olivâtres sur la tête, le cou, le croupion et les couvertures supérieures de la queue, avec une faible nuance de cette couleur sur la poitrine ; toutes les couvertures supérieures des ailes sont terminées de gris-blanc; leurs pennes secondaires bordées à l’extérieur de la même teinte et d’un vert-olive, qui blanchit sur le bord des autres pennes; celles-ci, dans le reste, sont brunes, ainsi que les pennes de la queue dont le dehors est olivâtre.

3ème division. BOUVREUIL, Pyrrhula. Loxia , Lînnée, Gmelin.

Bec robuste, épais, convexe dessus et dessous, arrondi ou comprimé latéralement; mandibule supérieure plus longue que l'inférieure, en couvrant les bords, fléchie vers le bout, à dos rétréci ou bombé, quelquefois crénelée sur le milieu de ses bords, creuse en dedans et à palais lisse; l’inférieure arrondie et un peu dirigée en haut à sa pointe.

Narines petites, rondes, ouvertes, en partie cachées sous des petites plumes dirigées en avant.

Langue épaisse , charnue, entière, un peu obtuse.

Tarses nus, annelés.

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l’extérieur et totalement séparé de l’interne.

Rémiges deuxième et troisième les plus longues de toutes.

Queue composée de douze pennes.

Linnée et les naturalistes qui ont suivi son système, ont classé les bouvreuils avec les gros-becs; Brisson et d’autres auteurs les en ont séparés, et je crois a vçc raison, puisqu’ils en diffèrentessentiellement par laformedu bec. Les bouvreuils ont aussi quelques habitudes qui leurs sont particulières, et

BOUVREUILS

quelques-uns une aptitude naturelle à s’approprier, et même à perfectionner des sons étrangers ; faculté qu’on n’a pas encore remarquée dans les grosbecs. Plusieurs sont, en captivité, susceptibles d’une grande familiarité et d’un attachement durable pour celui qui les soigne.

O11 voit rarement les bouvreuils sur les grands arbres, s’ils s’élèvent à leur cime, c’est pour y trouver dans les bourgeons un aliment préféré , pour chanter leurs amours et y jeter leurs cris de ralliment, quand ils sont égarés. Toutes les espèces du nord se trouvent dans les bois pendant l’été et n’en sortent qu’à la fin de l’automne pour s’approcher des lieux habités. On voit alors les bouvreuils d’Europe par familles , ou en troupes assez nombreuses , composées des individus du même canton; ils ne se mêlent jamais avec d’autres oiseaux, comme font à cette époque les verdiers, les friquets, les bruans, les pinsons, etc. On ne les rencontre au printemps que par paires. Chez quelques espèces l’union du mâle et de la femelle est si intime qu’ils restent appariés jusqu’à la mort.

Ils cherchent leur nourriture sur les arbres, les arbrisseaux, les plantes et très-rarement à terre. Ils sont seminivores, c’est-à-dire qu’ils vivent de graines dépouillées de leur péricarpe, et les font macérer dans leur jabot pour les dégorger à leurs petits comme font les serins, les chardonnerets, les linots, etc.; on trouve leur nid dans les buissons, où il est toujours à une certaine élévation. La ponte est de quatre ou cinq œufs, et leurs petits naissent couverts d’un léger duvet.

Cette division est composée d’environ vingt-quatre espèces dont une seule se trouve en Europe; parmi les autres, le plus grand nombre habite en Amérique.

A. Bec entier , a dos rétréci , pl. E., n° 5.

LE BOUVREUIL AZURÉ, Pyrrhula cœrulea.

Pl. LIV.

Cœrulea-, fronte nigrâ ; vertice rubro ; occipile albo ; alis caudcique atris. Ce bouvreuil qu’on trouve au Brésil, diffère de celui d’Europe par son bec un peu caréné en dessus et moins bombé. Un bleu à reflets éclatans

BOUVREUILS

règne sur presque tout son plumage , savoir, sur les joues, les tempes, la nuque, les petites couvertures supérieures de l’aile, celles de la queue, le dos, le croupion, la gorge, le devant du cou, la poitrine , les parties postérieures, le bord externe des grandes tectrices alaires, des rémiges secondaires, et des rectrices ; cette couleur prend un ton noirâtre sur les côtés du dessous du corps, sur le devant du cou et sur les jambes, selon l’incidence de la lumière; le front est d’un noir velouté auquel succède sur le milieu du vertex une tache d’un beau rouge , bordée par des plumes blanches et assez longues pour former une petite huppe; lorsque l’oiseau les redresse; ces plumes couvrent totalement l’occiput. Les grandes couvertures supérieures des ailes, leurs pennes, celles de la queue, le menton, le bec et les pieds sont noirs. Longueur totale, six pouces trois lignes. Chez des individus, les plumes blanches sont moins longues et moins fournies; chez d’autres il n’y a aucun vestige de blanc et la couleur bleue est terne ; peut-être ceux-ci sontils des femelles ou des jeunes mâles. Je dois la connaissance de cette espèce, à M. Bonjour, qui a eu la complaisance de me confier l’individu dont je publie la figure, et qui le conserve dans la plus belle collection d'oiseaux d’Europe que je connaisse à Paris.

B. Bec entier , comprimé latéralement, pl. E, n° 6.

LE BOUVREUIL A GORGE ORANGÉE, Pyrrhula

auranticolUs.

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