PIES
qui se trouve en Europe est aussi répandue dans quelques cantons des États- Unis. Elles se rapprochent des geais pour leur genre de vie, se tiennent dans les bois, par familles ou par paires, et jamais en troupes nombreuses. Elles ne cessent de voleter en tous sens, de branche en branche, avec assez d’agilité, en faisant fréquemment entendre leurs cris. Leur vol est bas, horizontal et en ligne droite; elles battent des ailes par intervalles, et elles les plient un peu avant que de se poser. Leur nourriture, qu’elles cherchent à terre, consiste en baies, petits fruits, insectes, vers et petites graines. Leur démarche est vive et sautillante en ligne droite ou oblique, et elles portent alors souvent la queue relevée. Les unes cachent leur nid avec beaucoup de soin, tandis que d’autres ( /4 pie d'Europe ) le posent à découvert, le plus souvent à la cime des grands arbres, et le construisent avec beaucoup d'art. Ainsi que les freux et les geais, la plupart s’occupent en automne à faire des amas de provisions, dans un trou en terre, au milieu des champs, et, de même que le corbeau, elles apprennent aisément à contrefaire la voix des autres animaux et la parole de l’homme. Leur ponte est de quatre à huit œufs; les petits naissent nus, ne quittent le nid qu’en état de voler, et sont
encore long-temps à pouvoir se suffire à eux-mêmes. LA PIE ACAFE, Pica chrysops. Pk,CL.
Capite corporeque obscurè cœruleis ; subis flavescente ; cauda apice albä (mas.); corpore subiüs albo ( femina ).
Uracca acahé, de Azara, Apuntamientos para la Hist. Nat. de los paxaros del Paraguay y rio de la Plata, tom. 1, pag. 253, n° 53,
La Pie acahé, 2° édit. du Nouv. Dict. d'Hist. nat., tom. 26, PAS. 124.
Nous devons la connaissance de cette espèce à M. de Azara, qui a étudié son genre de vie au Paraguay, où elle est commune. Elle s'approche volontiers des habitations rurales, et se familiarise tellement, qu’elle pond en captivité. On l’y nourrit de viande, de maïs, d'insectes, et principalement d'œufs, son aliment de choix, qu’elle perce et vide avec adresse, sans en rien perdre. Elle fait une guerre cruelle aux poussins qui s’écartent de leur
mère , se Jette dessus, et leur perce le crâne pour en dévorer la cervelle. Elle
dévaste aussi le nid des oiseaux qui ne sont pas assez forts pour défendre leurs petits. Les cris de cette pie sont forts et tristes, ni agréables ni déplaisans; à chaque fois qu’elle en jette, elle avance le corps, élève et baisse le croupion. Elle fait son nid sur les arbres, le cache avec soin, le compose de petites bûchettes et de racines à l'extérieur, de matières douces à l'intérieur, La ponte est de quatre ou cinq œufs presque blanes, teints d’un peu de bleu terreux au gros bout, et partout tachetés de brun.
Une tache d’un bleu céleste se fait remarquer derrière l'œil; elle s'étend sur l'occiput et sur une petite partie du cou, où elle diminue graduellement de longueur. Une petite marque d’un bleu vif, haute de quatre lignes, large de six, elliptique, et composée de petites plumes verticales, surmonte l'œil et s'élève en forme de sourcils; une autre, d’un bleu plus foncé, couvre la paupière inférieure et se joint à une troisième, qui esttriangulaire, de la mème couleur, et située sur la partie inférieure du bec; la queue, dont l’extrémité est blanche, le dessus et les côtés de la tête, le cou et toutes les parties supérieures, sont d’un bleu turquin, presque noir; toutes les inférieures sont jaunâtres dans le mâle, blanches chez la femelle; le bec est d’un noir luisant; l'iris d’une belle couleur d’or; le tarse noir; les plumes qui couvrent le dessus et les côtés de la tête sont serrées, droites, un peu fermes, décomposées, rudes et frisées; elles paraissent, à la vue et au toucher, comme une coiffe de velours noir, et forment sur la suture coronale une huppe haute de huit
lignes et aussi large que la tête. Longueur totale, 13 pouces et demi. 3% pivision. GEAI, Garrulus.
Bec médiocre, garni à sa base de plumes sétacées, dirigées en avant, robuste, tendu, à bords tranchans; mandibule supérieure à échancrure usée vers le bout, inclinée brusquement à sa pointe. PI. I, n° 7.
Narines presque ovales, ouvertes, glabres ou cachéessous les plumes du capistrum.
Langue cartilagineuse, un peu aplatie, fourchue à son extrémité.
T'arses nus, annelés.
Doigt intermédiaire soudé à la base avec l’externe, totalement séparé de
J'interne.
GEAIS. Le
[SA Le]
Ailes médiocres, à penne bâtarde, courte, arrondie à son extrémité; les trois premières rémiges étagées; les quatrième et cinquième les plus longues de toutes.
Queue carrée ou arrondie, à douze rectrices.
Cette division contient onze espèces répandues en Europe, en Asie et en Amérique.
Les geais ont beaucoup de rapports avec les pies; mais celles-ci s’en distinguent par la forme du bec et par une queue plus longue et très -étagée. Ils sont omnivores, vivent de graines, d'insectes, de baies et même de chair ; mais ils n’avalent point tousles morceaux entiers, car, s'ils sont d’une certaine grosseur, ils les posent sous leurs pieds et les déchirent; c’est ainsi qu'ils dépecent les glands et les petits oiseaux. Leur naturel est très-pétulant ; leurs mouvemens sont brusques et leurs sensations vives. Si quelque objet leur porte ombrage, ils se rallient par un cri particulier, et semblent vouloir en imposer par leur nombre et leurs clameurs désagréables. Sont-ils à terre, ils sautillent sans cesse; sont-ils sur un arbre, ils en parcourent toutes les branches avec la plus grande célérité, et se posent rarement sur celles qui sont mortes ou totalement dépouillées de leur verdure. Le feuillé le plus épais est l'endroit où ils se plaisent. On les rencontre ordinairement dans les bois, et rarement dans les plaines. Ils sont moins méfians et moins rusés que les pies et les corneilles; aussi donnent-ils plus souvent dans les piéges qu’on leur tend. Ts vivent en famille ou par paires pendant une grande partie de l’année; et, quoiqu’on en voie un grand nombre ensemble, quand ils voyagent, ils se tiennent toujours à une certaine distance les uns des autres, et jamais en troupes serrées.
Ces oiseaux nichent dans les bois, les taillis, quelquefois dans les vergers, sur de vieux arbres, et préfèrent les plus touffus. Ils placent leur nid vers le milieu, contre le tronc ou à la bifurcation de deux grosses branches; le construisent sans art avec des petits rameaux secs et des racines, dont le chevelu forme la couche intérieure. La ponte est de quatre à six œufs. De même que les précédens, ils conservent la nourriture destinée à leurs petits dans l’œsophage, d'où ils la font remonter pour la leur distribuer. Ceux-ci
naissent nus, où à peu près, ne quittent leur berceau qu’en état de voler,
et sont encore long-temps après nourris par leurs père et mère. Tous vivent de fruits, de baies, d'insectes, de vers, de chair et d'œufs. Ils avalent les baies, les graines entières, et ils dépouillent de leur enveloppe les châtaignes, les faines, et les glands, s'ils ne sont très-petits, en les fixant sous leurs pieds; c’est aussi de cette manière qu'ils posent les noix pour en tirer l'amande. Ils déchirent par lambeaux les petits oiseaux, qu'ils attaquent rarement, s'ils ne sont faibles ou malades, ou pris dans un piège. Enfin, les
espèces sédentaires dans le Nord font des provisions pour lhiver.
LE GEAI BLEU HUPPÉ, Garrulus cristatus.