‹ La galerie des oiseaux (volume 3)Chapitre 158 sur 236 · TYRANS · texte numérisé non relu

TYRANS

sence lui porte ombrage; il ose même l’attaquer s'il cherche à lui enlever sa jeune famille. Son attachement est tel pour elle, qu'il ne balance pas à combattre les corbeaux et d’autres oiseaux de proie, s'ils s'arrêtent près de son nid, et même à une certaine distance de son domicile : aussitôt qu'il les aperçoit , il vole à leur rencontre, les poursuit avec une audace et une intrépidité dignes d'être citées. Il déploie alors l’art de voler dans toutes ses combinaisons ? si son adversaire évite sa fureur et l’impétuosité de son attaque par un vol sinueux, où à raz de terre, le pipiri, toujours maitre du sien, en change la direction, et profite de la flexibilité de ses mouvemens pour le frapper aux yeux. Si, au contraire, son antagoniste cherche au haut des airs un abri contre ses coups, «al le pince sous les ailes, le harcelle de toute manière, et le fatigue par une lutte si violente, qu'il le force d'abandonner le champ de bataille, et de s'enfuir au loin. Dès que son ennemi a disparu, le vainqueur revient à son nid, et annonce à sa compagne, par une trépidation d'ailes, son triomphe et sa joie.

La saison des amours est la seule où les grands oiseaux peuvent lui en imposer; car, dès qu'il n’a plus de famille à défendre, il est presque aussi timide que les petits volatiles. Cet ennemi des abeïlles leur fait une guerre à outrance, et ne recule devant elles que lorsqu'elles l’attaquent en masse.

On rencontre cette espèce dans l'Amérique , depuis le Mexique jusqu'au nord des États-Unis. Elle arrive dans les provinces du centre, au mois d'avril, par petites troupes de dix à quinze, et y porte le nom de king bird (oiseau roi). Elle construit son nid sur les arbres de moyenne hauteur, en compose l'extérieur avec des branches sèches, de petites racines, et en tapisse l’intérieur de laine et de bourre. La ponte est de trois à cinq œufs d’une couleur blanchätre, mouchetée de brun, de pourpre foncé et rayée de noir vers le gros bout. Les petits naissent couverts d’un duvet grisätre.

Le mâle a les plumes du sommet de la tête longues, orangées avec leur extrémité noire; la première couleur n’est apparente que quand il les relève en forme de huppe; le reste de cette partie, le dessus du cou et du corps, les couvertures supérieures des ailes et de la queue sont d’un

gris

noirâtre, plus foncé sur les rémiges et sur les rectrices, qui sont termi-

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nées de blanc; la gorge et toutes les parties postérieures sont d'un grisblanc; l'iris, le bec et les pieds noirs. Longueur totale, 7 pouces 2 lignes.

La femelle en diffère en ce que ses parties supérieures sont brunâtres , que la couleur orangée de la tête est plus pâle et beaucoup moins étendue. Les jeunes n’ont pas, avant la mue, de jaune à la tête, et la couleur du dessus du corps est d’une nuance moins sombre. Le {yran de la Lourstane est un individu d’un âge très-avancé, et n’ést pas, ainsi que le pré-

cédent, une variété du tyran matinal, ou titiri, comme l'ont pensé Latham et Gmélin.

où" prvision. BÉCARDE, Tityra.

Bec rond et glabre à sa base, robuste, épais, droit; peu déprimé, convexe en dessus et en dessous; mandibule supérieure échancrée, et un peu courbée vers le bout; l’inférieure entaillée, retroussée et acuminée à sa pointe. PL. L, n° 4.

ÎNarines ovales.

Langue large, courte , lacérée à son extrémité.

Bouche ample, ciliée.

T'arses nus, annelés.

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l'externe, totalement séparé de l’interne.

Ailes moyennes; première et deuxième rémiges les plus longues de toutes.

Queue à douze rectrices.

Des quatre espèces de cette division , nous n’en avons vu qu'une seule en nature; les trois autres y ont été classées par provision, d’après les descriptions qu'en a faites M. de Azara. Elles ont des rapports avec les tyrans et les pies-grièches, ce qui a sans doute déterminé les auteurs à les classer dans le groupe de ces dernières, Cependant elles n’en ont pas les caractères, ce dont on peut s'assurer en comparant le bec des uns et des autres.

(Foyez PI. L, n° 4 et ne 5). Elles en diffèrent encore par un corps plus

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