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Luthoie CMotte
FOURNIERS, 301
LE FOURNIER ROUX, Furnarius rufus.
PI CLXXXIT.
Rufus; remigibus fuscis, exteriore margine rufis.
Le Fournier, Buff., Hist. nat. des Ois., tom. 6, pag. 476, pl enl., no 739, sous le nom de Fournier de Buénos-Ayres.
Merops rufus, Lénn., Gm., Syst. nat., édit. 13, n° 20.
Idem, Lath., Index, n° 22.
Rufous Bec-Eater, idem, Synopsis, tom. 1, pag. 683, n° 19.
Le nid de ce Fournier est bâti dans un endroit apparent, sur une grosse branche dégarnie de feuilles, sur les fenêtres des maisons, sur les croix, les palissades, ou sur les poteaux de plusieurs pieds de haut. Ce nid hémisphérique a la forme d’un four à cuire du pain; il est construit en terre, et quelquefois deux jours suffisent pour sa construction. Le mâle et la femelle y travaillent de concert , et ils apportent chacun une boulette d'argile, grosse comme une petite noix, qu’ils arrangent et vont chercher alternativement. En dehors, ce nid a six pouces et demi de diamètre et un pouce d'épaisseur. L'ouverture, pratiquée sur le côté, est du double plus haute que large ; l'intérieur est partagé en deux parties, par une cloison qui commence au bord de l'entrée, et va se terminer circulairement à la partie intérieure, en laissant une ouverture, pour pénétrer dans une espèce de chambre où sont déposés, sur une couche d'herbes, quatre œufs un peu pointus à un bout, piquetés de roux sur un fond blanc, et dont les diamètres ont dix et neuf lignes.
Quelquefois d’autres oiseaux se servent des vieux nids à Fournier pour y faire leur nichée; mais ceux-ci en chassent les usurpateurs, quand ils en ont besoin, parce qu'ils ne se donnent pas la peine de faire chaque année de nouveaux nids , et les pluies ne les détruisent qu’au bout d’un certain temps. ÿ |
Cette espèce n’est ni voyageuse, ni inquiète, ni farouche ; elle s’approche des habitations champêtres et des bourgs, construit son nid de
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préférence près des maisons , quelquefois même dans leur intérieur. Elle se tient dans les buissons , et se montre dans les lieux découverts ; elle ne pénètre point dans les grands bois, et on ne la voit point sur les endroits élevés. On trouve toujours ces oiseaux par paires , et ils ne vont jamais en familles ni en troupes. Leur vol ne se prolonge pas beaucoup, parce que leurs ailes un peu courtes ne sont pas très-fortes.
C'est à M. de Azara à qui nous sommes redevables de la connaissance des habitudes intéressantes et de l’histoire des Fourniers, dont un seul n'était connu que par la description de ses formes et de ses couleurs. Quand le Fournier roux, ajoute-t-il , jouit de sa liberté en doméstieité, il mange du maïs pilé, et préfère toujours la viande crue; si le morceau est trop gros pour être avalé, il le presse contre terre avec son pied et le tire avec son bec. Lorsqu'il veut marcher, il s'appuie vivement sur un pied, et lève l’autre en même temps avec la même promptitude; et après l'avoir tenu un peu en l'air, il le pose en avant et loin pour lever l’autre. Après avoir répété plusieurs fois ce manége, il se met à courir avec rapidité, et s'arrête ensuite tout à coup , et il reprend sa marche lente et grave. Il s’avance ainsi alternativement à pas majestueux et précipités d’un air libre et dégagé , la tête haute et le cou élevé. Quand cet oiseau chante , ilavance le corps , allonge le cou et bat des ailes. Son ramage, qui est commun aux deux sexes , et qui se fait entendre pendant toute l’année, est d'un ton élevé, et consiste dans la répétition fréquente de la syllabe chi, d'abord par intervalles, ensuite prononcée assez vivement pour ne plus former qu'un fredon ou une cadence qui s'entend à un demi-mille.
Ce Fournier a le dessus de la tête d’un brun roux; les sourcils , le dessus du cou et du corps de même que les couvertures supérieures et les rémiges secondaires d’un roux jaunâtre, mais d’un ton plus foncé sur les ailes dont les premières pennes sont brunes; la queue est de cette couleur, ainsi que le bec et les pieds ; la gorge blanche ; toutes les parties postérieures sont d’un roux très-clair. Longueur totale, 5 pouces 1/2. La taille varie chez ces oiseaux ; d’autres ont jusqu'à sept à huit pouces
de long.
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POLOCHIONS. 303 2° prvision. POLOCHION, PAilemon.
Bec médiocre ou long, nu à sa base, arqué, un peu comprimé par les côtés, acuminé; mandibule supérieure échancrée vers le bout. PL. P, n°1
Narines ovales, couvertes d’une membrane par derrière.
Langue terminée par un pinceau de soies.
Tarses nus, annelés.
Doigt intermédiaire réuni à la base par une membrane avec l’externe, totalement séparé de l’interne.
Ailes à penne bâtarde courte; deuxième rémige la plus longue de toutes.
Queue à douze rectrices.
Cette division, qui contient au moins vingt-cinq espèces, est composée de deux sections: la première renferme celles dont la tête est totalement emplumée, et la seconde celles qui l'ont en partie dénuée de plumes sur les côtés. Toutes se trouvent dans l’Australasie et dans les Grandes-Indes. On dit que parmi elles il en est qui se nourrissent de miel ; que d’autres sont très-babillardes et très-courageuses , et que plusieurs ont un ramage harmonieux. C’est à quoi se borne tout ce qu’on sait du genre de vie de
ces oiseaux.
LE POLOCHION KOGO, PAilemon cincinnatus.
PI. CLXXXIIT.
Ex nwesenie splendide niger ; tectricibus alarum majoribus et fasciculo pennarum crisparum ad utrumque colli latus albis ; tectricibus caudæ cœruleis.
New Zeeland Crecper, Brown, Zool. Te » pag. 18, pl. 9. Cook, vol. 1, pag. 48.
Novæ Seelandiæ Merops, Linn. , Gm., Syst. nat. , édit. 15, n° 18.
Merops cincinnatus, Lath., Index, no 18.
Poë Bec-Eater, idem, Synopsis, tom. 1, pag. 682, n° 17.
304 PUPUTS.
La Cravate frisée, Levaillant, Ois. d'Afrique , pl. 92.
Les naturels de la Nouvelle-Zélande, qui donnent à cet oiseau le nom de Xogo , ont pour lui la-plus grande vénération, d’après son beau plumage, sa voix harmonieuse, sa chair délicate et savoureuse. Il est connu des navigateurs anglais sous la dénomination de Poë-bird.
Sa robe est d’un noir verdâtre foncé, très-brillant sur quelques parties du corps; un croissant d’un beau bleu forme un large demi-collier sur le devant du cou, dont les plumes sont longues, effilées et frisées à leur pointe; elles portent chacune un trait blanc dans leur milieu, et celles des côtés sont d’un blanc pur, ainsi que les grandes couvertures des ailes; les tectrices du dessus de la queue présentent une belle couleur bleue ; les rectrices sont pareilles au corps et égales entre elles; le bec est noir, et garni à sa base de quelques soies; la langue et les côtés de la bouche sont jaunes. Longueur totale , ro pouces. La femelle et le jeune ne sont pas connus,
3ème prvistox. PUPUT OU HUPPE, Upupa.
Bec plus long que la tête, faiblement arqué, trigone à sa base, convexe en dessus , un peu comprimé latéralement, un peu grêle, entier, presque émoussé ; mandibule supérieure plus longue que l'inférieure. PISPP En
Narines petites, ovales, étendues, situées à la base du bec.
Langue très-courte, triquètre, entière, obtuse.
Tarses nus, annelés.
Doigt intermédiaire réuni à la base avec l’externe , totalement séparé de l’interne.
Ailes à penne bâtarde très-courte; première rémige plus courte que la sixième; troisième et quatrième, les plus longues de toutes.
Queue à douze rectrices.
Des deux espèces dont cette division est composée, l’une se trouve en Europe et en Afrique, tandis que l’autre ne se tient que dans cette dernière partie du monde ; vers le royaume de Congo et de Cacongo , et au-
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PUPUTS. 50h
delà. Celle-ci, dont nous avons publié la figure dans l'Histoire des oiseaux dorés et à reflets métalliques , n’est point un jeune de l’autre, comme le dit M. Themminck dans son Manuel d'Ornithologie; car celui-ci ne diffère nullement de l'adulte , si ce n’est qu'il a un plus grand nombre de taches longitudinales sur les flancs, et un plumage plus terne, tandis que la Huppe du midi de l’Afrique est naturellement plus petite , porte des couleurs plus vives et une aigrette moins haute, sur laquelle il n’y a aucun vestige du blanc qu’on remarque sur celle des vieux et des jeunes de l’autre race ; de plus, la bande transversale de la queue est plus rapprochée du croupion que chez les autres. Nous sommes persuadés que, si ce savant veut examiner de nouveau le jeune oiseau de l'espèce d'Europe, il avouera qu'il s’est mépris.
Les Huppes ont le vel lent, sautillant , sinueux, et paraissent ne se soutenir en l'air que par un mouvement d'ailes souvent répété: Leur marche est uniforme et posée, comme celle de la Perdrix. Lorsqu’elles sont surprises, elles s'arrêtent, fixent l’objet qui leur porte ombrage, et s’envolent. Elles vivent d'insectes, surtout de vers de terre; elles les saisissent du bout du bec, les relèvent avec vivacité, et faisant un mouvement, comme pour lancer leur proie en l'air, l’aspirent pour l’avaler. Quand elles veulent boire, elles plongent brusquement leur bec dans l’eau , pompent et avalent en même temps la quantité qui leur est nécessaire ; elles boivent peu, aussi les prend-on rarement dans les piéges que l’on tend près des fontaines et des abreuvoirs.
Ces oiseaux sont solitaires, rarement on en voit plusieurs ensemble; ils se plaisent à terre, dans les lieux humides ; quand ils se perchent, c’est toujours à une moyenne hauteur; rarement on les rencontre sur les hautes montagnes. C’est aussi à une petite élévation qu'ils construisent leur nid, soit dans un trou de muraille, de rocher ou d’un viel arbre. La ponte est de quatre à sept œufs , un peu plus gros que ceux de notre Merle commun.
306 PUPUTS.
LE PUPUT A HUPPE COURTE, Upupa cristatella.