PL. CXCVI
Fronte, collo anteriore pectoreque vinaceis ; capite purpurascente ; dorso fusco-cinereo, tectricibus alarum griseis, punctis 5 chalybeïs.
La petite Tourterelle d'Amérique, Briss., Ornith., tom. 1, pag. 113, n° 19, pl. O.
La petite Tourterelle de Saint-Domingue, Buff., Histoire nat. des Ois., pl. enl., n° 243, fig. 2, sous le nom de petite Tourterelle de la Martinique.
Columba passerina, Linn., Gm., Syst. nat., édit. 13, n° 34.
Idem, Lath., Index, n° 67.
Ground dove, Catesby, car. 1, pl. 26.
Ground Pigeon, Lath., Synops., tom. 2, pag. 659, n° 59.
Cette espèce est connue dans l’Amérique septentrionale sous plusieurs noms; les Mexicains l’appellent Cocotzin ; les habitans de la Caroline: Ground Dove (Pigeon de terre); les Espagnols, Palomito ; elle porte à Saint-Domingue celui d'Ortolan, parce qu’elle prend de même que cet oiseau beaucoup de graisse, et qu’alors sa chair est d’un goût délicat et très-exquis; enfin, les aborigènes de cette île la signalaient par la dénomination de Tlapalcocolli, que l’on a transportée à une autre race qui se trouve à la Guyane.
Les Cocotzins sont répandus dans le Mexique, dans toutes les grandes îles Antilles, et pénètrent dans les États-Unis jusqu’à la Caroline du sud, où ils ne passent que la belle saison; on les rencontre encore dans la Georgie et les Florides; mais on ne les voit point à la Louisiane. Ils se tiennent constamment à terre, et, quand on les inquiète, ils s'élèvent en l'air, et ne volent qu’à une petite distance. Ils courent aussi vite que notre
Perdrix grise, et en ont toute la démarche; leur roucoulement, qu'on n'entend que de près, est doux, faible et languissant ; le mâle et la femelle ont beaucoup d'affection l’un pour l’autre et se quittent rarement; aussi voluptueux que leurs congénères, mais moins prodigues de caresses, ils se communiquent leurs feux, et satisfont leurs désirs avec autant de plaisir et de sensibilité. Ils placent leur nid indifféremment au pied d’un buisson touffu , d'une haie très-fourrée, ou sur les branches basses d’un arbrisseau ; de la mousse et des buchettes sont les matériaux dont ils le composent. La ponte est de deux œufs blanchâtres, et plusieurs ont lieu dans la même année sous la zone torride.
Les Cocotzins sont moins sauvages dans l’état de liberté que notre Tourterelle : je les ai vus souvent à Saint-Domingue dans les babitations ne pas s’effaroucher du bruit et se laisser approcher d’assez près. Ils préfèrent les plaines aux mornes, habitent les Savannes, se promènent dans les chemins, et recherchent la fraîcheur des bosquets. Ils se nourrissent de diverses baies, particulièrement de celles du xanthoxillum (clava Herculis), de riz, de millet, de graines d’indigo et d’une espèce de pariétaire, mais le millet est pour eux un mets de préférence; c’est pourquoi ils dévastent en peu de temps les champs , s’il se trouve en maturité à l’époque où ils se réunissent en bandes nombreuses.
Le mâle a le front d’une teinte vineuse pâle; les côtés de la tête et le haut de la gorge d'un gris blanc, glacé d’un bleu très-clair ; le devant du cou et la poitrine du même gris et d’un brun vineux; le sommet et le derrière de la tête d’un bleu pâle, mélangé de pourpre; le dos d’un brun cendré ; les plumes scapulaires d’un pourpre pâle ; les couvertures supérieures des ailes grises et enrichies de taches isolées d’un bleu brillant, à reflets pourprés; les pennes secondaires pareilles au dos ; les primaires noirâtres et frangées de brun rougeûtre; le ventre d’un bleu vineux pâle ; les plumes du bas-ventre d’un cendré foncé et bordées de blanc; les deux pennes intermédiaires de la queue du même cendré; les autres noirâtres; le bec d’un jaune orangé à sa base et noir à sa pointe; l'iris orangé; les paupières et les pieds rouges. Longueur totale, 6 pouces
environ.