‹ La galerie des oiseaux (volume 3)Chapitre 230 sur 236 · GOURAS · texte numérisé non relu

GOURAS

Le Faisan huppé des Indes, Brisson , Ornith., tom. 1, pag. 270, n° 6, pl. 26.

Idem , Buff., Hist. nat. des Ois., tom. 2, pag. 354, pl. enl., n° 118.

Le Goura de la Nouvelle-Guinée, Sonnerat, Voy., pag. 169, pl. 104.

Columba coronata, Lénn., Gm., Syst. nat., edit. 13, n° 17.

Idem, Lath., Index , n° 0.

Great Crowned indian Pigeon, Edwards, glan., pl. 338.

Idem, Lath., Synopsis, tom. 2, pag. 620, n° 9.

Cet oiseau semble s'éloigner des Pigeons par sa grosseur, qui est presque celle d’un Dindon femelle. Aussi Brisson l’a-t-il présenté comme un Faisan; cependant on ne peut disconvenir qu'il appartient à la famille des Pigeons, et qu'il doit en faire une section. On le trouve à Banda, à la Nouvelle-Guinée, dans plusieurs îles de l’Archipel des Moluques , dans celle de Waigion, et à Tomogui, où il porte le nom de Matutu; les Papons l’appellent Manipi; il est connu à Java sous celui de Goura, et les Hollandais le nomment Crown Wogel (oiseau couronné). Lorsquele mâle peint à sa femelle la vivacité de ses désirs, et l'invite à leur répondre, 1l incline sa tête sur sa poitrine, et fait entendre une voix mugissante, triste et plaintive. On apporte quelquefois en Europe cette espèce vivante; mais jusqu’à présent elle n’a pas produit en France ni en Hollande. Ses œufs sont aussi gros que ceux de la Poule, et le nid est composé de foin et de paille.

Tout son plumage est d’un cendré bleu, rembruni sur les pennes des ailes et de la queue; les couvertures supérieures des aïles sont d’un marron pourpré, et une partie des grandes est bleue; un trait d’un noir velouté part du bec et traverse l'œil. La huppe est composée de plumes à barbes désunies et un peu frisées, longues de cinq à six pouces; elle est, dans l'état de repos, aplatie sur les côtés, et elle prend alors la forme d'un croissant; mais quand l'oiseau la fait jouer, elle se présente comme une belle aigrette large et circulaire; l'iris est rouge; les pieds sont cendrés ou noirâtres. Longueur totale, 27 pouces.

YACOUS. 337 23% FAMILLE. ALECTRIDES, Ælectrides.

Bec un peu voüté.

Gorge nue et caronculée, ou seulement les joues glabres.

Doigts antérieurs réunis à leur base par une membrane; le postérieur articulé au niveau des autres.

1ère prvisron. YACOU, Penelope.

Bec nu à sa base, convexe en dessus, médiocre, un peu voûté ; mandibule supérieure couvrant les bords de l’inférieure, courbée à sa pointe. PI. Q, n° 4.

IVarines à moitié closes par une membrane, ovales, latérales et ouvertes en devant.

Langue charnue, entière, pointue.

Gorge garnie d’une caroncule longitudinale, ou seulement le tour de l'œil et les lorums nus.

Tarses allongés, glabres et réticulés.

Doigts antérieurs réunis à leur base par une membrane. PI. CC, n° 7.

Ongles courbés, pointus, robustes , et comprimés latéralement. :

Ailes concaves, arrondies, courtes; première rémige très-courte ; cinquième, sixième, septième à peu près égales entre elles et les plus longues de toutes.

" Les six espèces, dont cette division est composée, se trouvent dans l'Amérique méridionale. Elles offrent de grands rapports avec les Gallinacés, dans leur corps épais, dans la forme de leurs ailes et de leurs pieds; mais, de même que les oiseaux Sylvains, elles ont le pouce posé sur le tarse au niveau des doigts antérieurs, et portant à terre sur toute la longueur; tandis que chez les Gallinacés il est articulé plus haut que les autres doigts et ne porte à terre que sur le bout; ce qui m’a déterminé à les classer avec les premiers, et à en faire la dernière famille de leur ordre,

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338 YACOU.

sous un nom qui indique leur analogie avec les Gallinacés. De plus, elles se rapprochent des Sylvains par une grande partie de leurs habitudes, et des Pigcons par leur manière de boire, par la position et la construction de leur nid; ce qui me fait soupçonner qu'elles y nourrissent aussi leurs petits, et que ceux-ci ne la quittent qu’en état de voler. Comme on ne les rencontre le plus souvent que par paires, on peut croire qu’elles sont monogames.

Les Yacous ont le vol bas, horizontal et de peu de durée; ils habitent dans les forêts les plus grandes et les plus fourrées de l'Amérique méridionale, depuis la Guyane jusqu’à la rivière de la Plata : ils se perchent sur les branches inclinées des arbres, et marchent , en s’aidant de leurs aïles , avec tant de légèreté, qu'un homme ne peut les atteindre. Ils passent la journée cachés sur les arbres touffus; mais le matin et le soir ils sont en mouvement, et ils se montrent à la lisière du bois, sans néanmoins entrer dans les campagnes ni dans d’autres lieux découverts. Ils composent leur subsistance de fleurs, de bourgeons et de fruits. Tous font entendre la syllabe pi d’un ton aigre, mais bas sans ouvrir le bec et comme par les narines. Ils portent la queue un peu baissée et ouverte ; presque à chaque pas elle fait un petit mouvement, en s’élargissant horizontalement. Lorsqu'ils boivent , ils plongent leur bec dans l'eau , remuent quelquefois la mandibule inférieure, remplissent d'eau la gorge et une partie du jabot, et pour l’avaler, ils lèvent la tête. Ils construisent leur nid avec des petites branches, et le placent sur un arbre touffu. Leur ponte est peu nombreuse, et très-rarement elle est de huit œufs. Leur attitude pour dormir est d'appuyer la poitrine sur leurs jambes pliées; on les rencontre ordinairement par paires; mais le plus souvent on les voit réunis en famille. Ils ont tant d'affection les uns pour les autres, que souvent on en tue, sur le même arbre, jusqu’à sept ou huit de suite. Ces oiseanx sont aussi disposés à la domesticité que les -poules, et ils se nourrissent des mêmes subsistances ; mais quoiqu'ils avalent des grains de maïs , ils ne les digèrent point, et les rendent tout entiers avec leurs excrémens. C’est à M. de Azara que nous devons tous ces détails historiques, et qui jusqu'alors étaient inconnus.

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YACOUS. 339

L’'YACOU MARAIL , Penelope Marail. -

PI. CXCVIITI.

Virescente—nigra ; arcd oculorum , gutture subnudis ; collo pectoreque albo punctatis.

Le Marail, Buff., Hist. nat. des Ois., tom. 2, pag. 300, pl. enl., n° 338, sous le nom de Faisan, verdätre de Cayenne.

Penelope Marail, Linn. , Gm., Syst. nat. , édit. 13, n° 5.

Idem, Lath., Index, nr 4.

Marail, Lath. ; Synopsis, tom. 2, pag. 682, n° 5.

Les colons de la Guyane, entraînés par les ressemblances que cet oiseau présente au premier aspect avec les Faisans, ne lui donnent pas d’autre nom; c’est aussi celui que lui applique Montbeïllard; mais il se trompe en le présentant pour la femelle de l'Facou-guan. La dénomination de Marail, ou plutôt de Maraye, est du langage des naturels de la Guyane.

Les Marails habitent les forêts solitaires de cette contrée, y vivent rarement en troupe, et presque toujours par couple. Ils se nourrissent de graines et de fruits sauvages qu'ils ramassent à terre. Hors le temps où ils recherchent leur nourriture, ils restent perchés sur les arbres les plus touffus, et y placent leur nid. Leur ponte est de deux à cinq œufs.

Cet oiseau a le dessus de la tête couvert de plumes assez longues, qu'il redresse en forme de huppe, lorsqu'il est agité; la gorge nue et rouge, ainsi que les côtés de la tête; tout le plumage d’un noir verdâtre à reflets cuivrés, avec quelques mouchetures blanches sur le cou et la poitrine; les couvertures supérieures des ailes légèrement bordées de blanc; leurs pennes roussâtres ; le ventre d’un gris mêlé de brun; le bec noir; l'iris jaune; les pieds d’un beau rouge. Taille d’une poule.

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