LES CS
Téte totalement emplumée ou seulement les tempes nues.
Turses glabres, longs, réticulés. ]
Doists extérieurs réunis à leur base par une membrane; l’interne libre.
Ongles courts, un peu obtus.
Ailes longues; première, deuxième, troisième, quatrième rémiges les plus longues de toutes ; les secondaires plus prolongées que les primaires.
Queue à douze rectrices.
Les deux espèces que renferme cette division se trouvent en Afrique. Le nom, qu'on leur a donné, est celui que les Grecs ont imposé à celle qu'on a décrite sous la dénomination de demoiselle de Numidie , d'après les gestes mimes qu'on la voit affecter. Cet oiseau, que les anciens ont appelé comédien ; d'après ses jeux et son adresse, doit la dénomination de demoiselle à son élégance, à sa parure, à la manière de s’incliner par plusieurs révérences, à sa marche qu’elle semble faire avec ostentation, à la gaîté qu'il manifeste par des sauts et des bonds, comme s'il voulait danser. Athenée l'appelle copiste de l'homme, et si, comme dit Buffon, cet oiseau à pris de ce modèle quelque faible talent, il paraît aussi avoir pris ses défauts; car il a de la vanité, il aime à s’étaler, il cherche à se donner en spectacle et se met en jeu dès qu'on le regarde ; il semble préférer le plaisir de se montrer à celui même de manger, et suivre, quand on le quitte, comme pour solliciter encore un eoup d'œil. On compare sa marche, ses postures et ses gestes aux danses des Bohémiennes.
L'autre Anthropoide, qu'on appelle Oiseau royal, est doux et paisible en captivité, na de défense que dans la hauteur de sa taille, la rapidité de sa course et la vitesse de son vol, qui est élevé, puissant et soutenu; il craint moins l’homme que ses autres ennemis, et semble même s'approcher de lui avec confiance, avec plaisir; il s'ennuie dès qu’on le laisse seul trop long-temps ; il aime qu'on lui rende visite, et , lorsqu’après l'avoir considéré, on se promène indifféremment, sans prendre garde à lui, il suit les personnes, ou marche à côté d'elles, et fait plusieurs tours de promenade ;
et si quelque chose l’ennuie et qu'il reste en arrière , 1l se hâte de rejoindre la compagnie.
144 ANTHROPOIDES.
L'ANTHROPOÏDE ROYAL, Anthropoides pavonina.
PI. CCLVII. (Jeune) :.
Crista setosa erecta ; temporibus palearibusque binis nudis. L'oiseau royal, Briss., Ornith., tom. 5, pag. Six , n° AA L'oiseau royal, Buff., Hist. nat. des Oiseaux, pl. enl., n° 1. Crowned african ram, Edwards, Ois., pl. 10.
Ardea pavonica, Linn., Gm., Syst. nat., édit. 13, n° 1.
‘Idem, Lath., Index, n 1.
Crowned heron, Lath., Synopsis, tom: 3, pag. 34, no 1.
Ainsi que le Paon cet oiseau se perche en plein aïr pour dormir; on prétend même qu'il imite son cri, ce qui, joint à l’analogie de leur aigrette, lui a fait donner le nom de Paon marin ou de Paon à queue courte. Son cri ressemble beaucoup à celui de la Grue; son ton, qu'on explique par le mot claugor, est assez semblable aux aceens rauques d’une trompette ou d’un cor; ce cri est bref et réitéré, lorsqu'il a besoin de nourriture, et exprime son inquiétude et son ennui. Il le fait aussi entendre le soir, lorsqu'il cherche à se gîter; il a encore une autre sorte de voix, comme un grognement ou gloussement intérieur, coque, cloque , assez semblable à celui d’une Poule couveuse, mais plus rude. Il se nourrit d'insectes, de vers de terre et de poissons. On le trouve sur la côte d'Afrique, au Sénégal et en Guinée dans les environs de la rivière de Pounny. Les Africains le révèrent et personne n'ose tirer dessus; c’est un de leurs fêtis; lorsque les nègres le voient voler, ils crient après lui; ils l’appellent le Léraut des Jétis , parce qu'il fait avec ses ailes un certain bruit désagréable, comme s’il donnait du cor.
Un bouquet de soies épanouies sur le sommet de la tête distingue trèsbien cet oiseau d'Afrique, qui doit à sa couronne le nom d’Orseau royal. Un large oreillon d’une peau membraneuse, blanche sur 1 tempe, d’un rouge vif sur la joue, enveloppe la face, descend presque jusque sous le
: L’adulte est figuré dans l’une des premières livraisons sous le nom d'Oiseau Royal.