BARGES
viennent s’y distribuer et apporter le sentiment. Leur voix est grêle et chevrotante comme le bêlement étouffé d’une chèvre. Ce sont des oiseaux timides et soupçonneux qui se laissent difficilement approcher, qui prennent rapidement la fuite au travers des roseaux, dans les clavières des bois marécageux; ils se tiennent, pendant le jour, tranquilles et cachés dans les herbes humides. Leur vue est faible et basse, aussi ne peuvent-ils pas supporter la grande clarté du soleil , et ne sortent de leur retraite que dans le crépuscule* du soir ou vers l'aube matinale, On ne les rencontre qu’en bande , et, dans les contrées septentrionales , seulement en automne et au printemps. Ils passent l'été sous un climat froid et humide , et les rigueurs de l'hiver les ramènent dans les pays tempérés. Le moindre bruit les déconcerte; ils partent avec des cris de frayeur et s'élèvent dans les airs, surtout pendant les nuits d'automne; on les entend, au clair de la lune, s’abattre en troupes an bord des marécages ; rarement ils séjournent long-temps dans le même lieu, et s’écartent rarement des bords de Ja mer, pour s’avancer dans l’intérieur des terres.
LA BARGE MARBRÉE, Limicula marmorata.