‹ La galerie du régent, Philippe, duc d'OrléansChapitre 65 sur 182 · LES PRIMITIFS · texte numérisé non relu

LES PRIMITIFS

Voici, par exemple, un Henri IV en son jeune âge que les inven-

taires attribuent à Francois Clouet et qui, d’après M. Dimier, semble

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tout simplement être de François Bunel; il est donc postérieur à la date de 1557 indiquée sur la toile. Le futur roi est debout, emprisonné dans un justaucorps de cuir clair, il s'appuie d’une main à une table et de l’autre tient une épée. Ce portrait, trouvé au Palais-Royal en 1794 par la « Commission temporaire des arts », fut envoyé au Muséum d’où il passa à Versailles, sous le règne de Louis-Philippe. La peinture est fruste et sans fraicheur. C’est un travail de seconde main. L'on reconnaît dans ce document iconographique l'attitude même de la statuette de Henri IV enfant par Bosio, exécutée sous la Restauration, à l’époque où, faute de mieux, on faisait revivre la populaire figure du bon roi.

Au Salon de 1822, il n’y avait pas moins de dix tableaux consacrés à ce monarque et, quelques années après, des peintres comme Ingres, Bonington et Devéria cherchaient dans la vie du prince des scènes pittoresques ou anecdotiques; telle la visite de l'Ambassadeur d’Espagne fondée sur ce dialogue fameux : « Avez-vous des enfants, Monsieur l’Ambassadeur ? — Oui, Sire. — En ce cas, je puis achever le tour de la chambre. » Et l’on voyait Henri IV faisant le cheval et portant le Dauphin sur son dos. Cela était moins ennuyeux que les tableaux officiels qui suivirent : les inaugurations, toujours les mêmes, les visites aux malades, aux inondés, et cela en sculpture, en peinture ét même sur des verrières, comme à Saint-Denis.

C’est le duc d’Aumale qui hérita d’un autre primitif français. La Gabrielle d'Estrées au bain fait penser à l’école de Fontainebleau, on l’a même inventoriée sous le nom du Primatice, lequel, mort en 1570, n'avait pu peindre Gabrielle, née en 1571. La présence des enfants dans cette composition intime, — l’un César, duc de Vendôme, âgé de trois ou quatre ans, l’autre, Alexandre de Vendôme, encore au sein de sa vieille nourrice, — permet de fixer la date approximative de l’œuvre, vers 1597. Elle n’est pas sans défauts, comme toute imitation; nos peintres, remarque Gruyer, avaient beaucoup perdu sous l'influence des Italiens dégénérés dont ils se faisaient les disciples. Ce tableau est signalé seu-

lement dans l'inventaire du duc d'Orléans, père de Philippe-Égalité (1785),

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