FORMES DE MOYENNE INTENSITÉ
Observation VI.
Éclatement de l'extrémité inférieure de l'humérus gauche.
Le nommé Mohammed B. M..., 17 ans,
Blessé le 26 septembre au milieu de la nuit par une balle. Passe la nuit sans pansement dans une tranchée. Relevé à 7 heures du matin le 27, est transporté à l’'ambulance où ilest pansé pour la première fois (teinture diode). Évacué aussitôt par le train, arrive le 27 au soir dans une autre ambulance où il passe la nuit après nouveau pansement (teinture diode). Part le matin du 28 arrive le soir à une ambulance près de Paris où il passe la nuit. 1
Entre le 29 septembre à l'Hôtel-Dieu, service de M. Hartmann.
Examiné et opéré dès son arrivée (D'P. Cruet).
On constate un orifice d'entrée d’une balle à la partie tout à fait supérieure du bord externe de l’avant-bras gauche au ras de la face postérieure. Par cet orifice s‘échappe du pus roussâtre mélangé à des bulles de gaz,
On fait une incision cutanée de 15 centimètres environ, ayant pour centre l'orifice de la balle. On passe entre les
muscles épicondyliens plus ou moins dissociés et on arrive au niveau de la tête radiale qui paraît saine. Au contraire l'extrémité supérieure de l humérus est fracturée et onrelire suCCessivement :la trochlée humérale avec la plus grande partie de sa Joue externe, et À ou » fragments osseux de volume variable, correspondant à l'extrémité fracturée de l’ humérus.
On pénètre donc largement dans l'articulation.
Du côté interne on trouve l’orifice de sortie, vaste, déchi: queté, présentant un mauvais aspect gangreneux. Prenant pour centre cet orifice on incise de 15 à 20 centimètres à cheval sur le bras et l’avant-bras, l’incision correspondant au bord interne de celui-ci. On passe entre les muscles. Ligature veineuse. On tombesur le bord interne de l'articulation :
l'extrémité supérieure du cubitus est fracturée et comme elle est encore très adhérente à la diaphyse ù a bon aspect on . la laisse en place.
On révient du côté externe; on passe un drain d'un côté à l’autre
Finalement on reconnaît que du côté externe l'incision de
débridement est insuffisante et on continue en ouvrant un trajet fistuleux, d'aspect gangreneux jusqu'au niveau de la parte moyenne de la région deltoïdienne.
Lavage à l’eau oxygénée avec le bock : pas d'eau phéniquée. Drainage.
Ensuite pulvérisations deux fois par jour à l’eau oxygénée.
Au bout de quelques jours, ayant constaté la présence de pus bleu, on remplace dans les pulvérisations l'eäu DER
par l'eau '‘phéniquée.
Le 9 octobre; on reprend les pulvérisations à l'eau oxygénée, . le pus bleu‘ayant disparu.
Le 12 octobre, suppression des pulvérisations.
DE 00 oëlobre, suppression des drains.
Le 4 novembre, ‘plaies en bonne voie de cicatrisation.
Observation VII.
Vaste plaie gangreneuse du bras et crépitation à son pourtour.
Le nommé A. G..., 31 ans.
Blessé le 27 seplembre à Craonne, dans la matinée.
Pansement individuel immédiat. Reste sur le champ de bataille jusqu’au soir ; fait ensuite à pied 26 kilomètres.
Arrive dans une ambulance où on lui fait un pansement. 3 heures plus tard est évacué sur Paris.
Entré le 29 septembre à l'Hôtel-Dieu, service de M. Hartmann.
À la jonction de la face postérieure et de la face externe du bras, à la partie inférieure de la région deltoïdienne, on constate un orifice d'entrée de schrapnell, ayant la dimension d'une pièce de 5 francs, à bords abrasés, et par lequel s'échappe du pus mélangé à de petites bulles gazeuses. Le fond de la plaie est constitué par du tissu musculaire verdâtre, sphacélé. La partie de la région delloïdienne située audessus de l’orifice est de couleur rougeâtre et présente de la crépitation gazeuse. La pression à ce niveau fait sourdre un pus verdâtre horriblement fétide. Température : 39°,2.
Opération le même jour (D' P. Cruet).
On agrandit l’orifice par deux coups de ciseaux en haut et en bas dans l'axe du membre. On met ainsi à nu une cavité remplie de détritus sphacélés au milieu desquels on reconnaît le triceps sectionné en travers, une branche du nerf radial, et des débris appartenant évidemment au delloïde.
Régularisation de tous ces muscles, et on termine, car il existe une fusée sous-deltoïdienne, par une contre-incision en dedans de la première, au niveau de la région deltoïdienne inférieure ; on passe un drain entre les deux.incisions. |
Lavage au bock avec eau oxygénée puis eau phéniquée forte. à
COLLET k
MTS (Ne
On fait ensuite, pendant une quinzaine de Jours, deux pulvérisations par jour avec eau oxygénée:
Le 21 octobre, on découvre une poche remplie du pus dans la région deltoïdianne supérieure. Incision. Drain .
Le ? novembre, suppression du drain.
Plaie en bonne voie de cicatrisation.
Observation VIII.
(Due à l’obligeance du D' P. Cruet.)
Plaie de la cuisse gauche par éclat d'obus.
Le nommé G. D...
Blessé le 13 octobre, par un éclat d'obus, à la face postérieure de la cuisse gauche. Ne peut pas marcher; se traîne dans une tranchée. Un camarade lui applique pansement individuel.
Blessé à 11 heures du matin, resté dans une écurie jusqu’au soir. Évacué le soir. Pansement chaque jour, pendant les 3 jours qui ont précédé son arrivée ici.
Le 16 octobre à son entrée à l'Hôpital auxiliaire 267 (Lutetia), dans le service du D' Cruet, on constate une vaste plaie anfractueuse de la face externe de la cuisse gauche, à la jonction du tiers inférieur et du tiers moyen. Cette vaste plaie mesure 20 centimètres en son grand axe, et 8 à 10 suivant le petit axe. Elle est de couleur grisâtre; les muscles sont nettement sphacélés ; et même sous la lèvre interne de la plaie il existe de la crépitation gazeuse. Celte plaie est l'orifice d’entrée du projectüle. Il existe une autre plaie anfractueuse et sphacélée (section du biceps) sur la face postérieure de la cuisse, séparée de la prémière par un pont cutané. Tout autour la plaie présente une coloration légèrement bronzée.
Température 39, pouls 108. Langue humide. Bon état général.