LES LARMES DES FLEURS
La fleur est admirable, Dans son corps embaumé Est une âme capable De souffrir et d'aimer.
Or, elle semble se complaire Sous le soleil ardent, Elle aime la brise légère Qui l'effleure en passant,
Lorsqu'arrive l'automne Elle souffre vraiment; Voyez-la qui frisonne Et s'incline en tremblant.
Alors, de souffrance, épuisée.
Elle verse des pleurs; Les gouttelettes de rosée Sont les larmes des fleurs.
Tous applaudirent en criant: ''Encore! Encore!'* Tous, excepté Hervé, qui avait légèrement pâli et dont les yeux s'étaient remplie de larmes .... Claire ! Sa bien-aimée ! !
L'orcîiestre exécuta une marche triomphale. Les matelots vinrent souhaiter bonne nuit à leur commandant, qui resta seul avec Claire. Tous deux montèrent sur le pont.
"Claire, ma bien-aimée", murmura Hervé, "j'ai failli éclater en sanglots quand je vous ai entendu chanter cette exquise chanson de votre composition. Nous la ferons publier un jour, ma chérie, et vous la signerez : Claire, Comtesse d'Arles."
" Cher Hervé," répondit la jeune fille, "je suis contente que vous ayez aimé ma petite chanson; je l'ai composée exprès pour votre fête."
"Chère adorée, chantez pour moi seul, "Les larmes des fleurs," voulez-vous?"
Sa main dans celle d'Hervé, Claire chanta, sa voix s'élevant, douce et pure dans l'air du soir.
Et ainsi se termina cette fête, que ni Claire ni Hervé n'oublieraient jamais.
Six semaines plus tard, le bateau de ravitaillement s'arrêtait en face du " phare des glaces ".