‹ La gardienne du phareChapitre 4 sur 32 · LE SAULE · texte numérisé non relu

LE SAULE

L'obscurité planail sur le mont du Calvaire, Une obscurité morne et profonde à la fois, Car afin d'apaiser le courroux de son Père, Le Rédempteur venait d'expirer sur la croix.

Sous le souffle de Dieu, jusqu'à terre, s'inclinent

L*orme, le peuplier, les saules, les sapins

Les arbres ont frémi jusque dans leurs racines Devant ce grand forfait qu'ont commis les humains.

Mais, lorsque la clarté reparaît, incertaine,

On voit les géants verts, soudain se redresser

Le saule, anéanti cependant sous sa peine, Vers le sol, humblement, reste le front baissé.

Jusqu'à la fin des temps, courbé, sans lassitude. Restera, jour et nuit, le satiïr adorateur. Toujours se compta' sant dans son humble attitude Et pleurant constamment la mort du Rédempteur.

" — Oh! que c'est joli! s'écria Claire. *Tour surmonter ma répulsion, je me répéterai tout bas la légende des saules. Merci, de me l'avoir racontée."

Mais Madame Dumond ne parla pas du projet de la jeune fille concernant le jardin; même elle détourna la conversation totalement et Glaire s'en voulut un peu d'avoir abordé le sujet.

Mais le lendemain soir, une caisse arriva aux "Saules" à l'adresse de Claire. La jeune fille fut fort surprise et sa surprise devint un véritable bonheur quand, ouvrant la caisse, elle y découvrit des paquets de graines et de plantes de toutes sortes et d'espèces rares. Claire se rendit à la bibliothèque où se tenait Madame Dumond:

" 0 Madame, que vous êtes bonne!" s'écria la jeune fille. "Je viens de recevoir une caisse de plants de toutes sortes. O merci, merci. Madame !"

— "Je suis contente de vous avoir fait tant de plaisir, Claire. Demain, un homme viendra labourer la clairière et plus tard, le cocher fera le reste de la besogne d'après vos ordres."

— " Comment vour remercier, Madame," dit Claire, "vous m'avez rendue si heureuse que je ne trouve pas de paroles pour vous exprimer ma reconnaissance ! !"

— " C'est bien, c'est bien, ma chère enfant; je suis contente de vous avoir fait un si grand plaisir à si peu de frais. Bonsoir."

Deux jours plus tard, après le dîner. Madame Dumond dit h Claire :

" Je n'ai pas besoin de vous cet après-midi. Vous pouvez aller travailler à votre jardin."

Quelque temps après, quand le jardin fui en tleurs, Claire décida Madame Dumond à venir le voir. Et vraiment, cette bonne dame fut émerveillée de ce qu'elle vit; elle avoua à la jeune fille que cela faisait une agréable variante d'avec les éternels saules. Deux ou trois bancs avaient été placés en face du petit lac; c'était d'un joli effet.

" N'est-ce pas, Madame, que c'est un vrai paradis terrestre ici?"

Bientôt, Madame Dumond prit l'habitude de passer l'après-midi dans le jardin de Claire, la jeune fille apportait un livre et elle faisait la lecture à haute voix. Un jour, un autre cadeau parvint à la jeune fille: c'était un joli canot. Claire le trouva un beau matin amarré au bord du lac. Comment n'aurait-elle pas été heureuse?.... Malgré les crises d'irritation et d'énervement de Madame Dumond, la vie s'écoulait paisiblement aux '*Saules" endroit qui était devenu un vrai home pour Claire.

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