MUST ES
Au moyen de quelle profession de foi, les chirurgiens, en général, expliquent-ils ou excusent-ils une telle inclination ? Ils nous disent, en toute sincérité, ce que J. Duvar, du Havre, a résumé dans ces mots : « La gastrectomie pour ulcère est une opération bénigne ».
En effet, en considérant certaines stastistiques encourageantes, on peut se convaincre du bien-fondé de cette opinion. Nous ne pouvons que féliciter certains chirurgiens qui, en toute sincérité, nous ont communiqué les chiffres suivants :
— environ 1 % de mortalité dans le service hospitalier de CHARRIER.
— un peu plus de 4 % en clinique privée de DE- MIRLEAU à Tunis (6 morts sur 127 gastrectomies depuis 1937 ; et, en outre, sur les 110 derniers malades opérés, la seule mort à déplorer est redevable d’une pleurésie putride).
— moins de 1 %, dans la statistique d’AMELINE, révélée lors d’une récente communication de notre maitre le Docteur HILLEMAND, à la Société de Gastro- Entérologie,
— par ailleurs, en ville, la statistique de notre maitre le Docteur HILLEMAND comporte, en ces dernières années, 28 gastrectomies pratiquées par le même chirurgien sans aucune mort,
Pour notre part, nous ne croyons pas que ces derniers résullals, qui émanent de chirurgiens spécialisés dans la chirurgie gastrique, représentent la mor-
talité moyenne de cette opération. Celle-ci est beaucoup plus élevée.
Déjà, Loupras dans sa thèse élaborée en 1939, dans le service du Professeur BRULE, sous les directives de notre maître le Docteur HILLEMAND, rapportait à cette date, 18e % de mortalité ; ceci, entre les mains d’un seul chirurgien, dans un service hospitalier.
Quant à nous, nous avons été impressionnés par le nombre des décès survenus parmi les malades opérés
de la Consultation de Médecine de notre maître le …
Docteur HILLEMAND, à l'Hôpital Saint-Antoine, durant les 2 années 1943 et 1944.
En effet, le taux de mortalité atteint le chiffre
énorme de 22,4 %. Et bien entendu, nous passons sous silence les nombreux malades pour lesquels nous avons tremblé durant les jours ayant suivi l'intervention, et qui‘ont fini par guérir.
Nous sommes évidemment loin, des magnifiques sta-
tistiques que nous avons rapportées.
Ce qui fait, de plus, l'intérêt de notre statistique, c'est qu’elle n’est pas le résultat opératoire d’un seul
chirurgien mais, en vérité, échelonné pendant une
période de 2 années dans le même hôpital, celui d’une quinzaine d'opérateurs. |
Frappés des écarts considérables de ces différentes
statistiques, nous voudrions, sur les conseils de notre maître le Docteur HILLEMAND :
— d’une part, essayer d'étudier les causes de cette divergence ;
— d’autre part, essayer de diminuer, à la lumière
de nos observations, cette terrible mortalité opéra-
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