‹ La gastronomie, poëme en quatre chantsChapitre 1 sur 26 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

BIOGRAPHIQJJE ET LITTERAIRE

N France, ou les grandes conceptions poétiques fatiguent aisément, et où elles dépassent la mesure de notre attention si vite déjouée ou moqueuse, on demande surtout aux poètes ce genre d'imagination et de fertilité qui n'occupe que peu d'instants. A ce compte-là Berchoux doit être un de nos auteurs favoris. Par ses saillies de franche et de bonne gaieté, par son style du meilleur aloi, par ses vers de bonne structure, tt dont plusieurs sont devenus proverbes, par une douce

ironie, qui lance sa pointe quelquefois, l'aimable poëte égayé, rejouit toujours et ne fatigue jamais.

La Gastronomie, qui parait aujourd'hui dans la collection des Petits Chefs-d'œuvre, et dans laquelle Berchoux a semé toute la fleur de son esprit et de son talenty eut une vogue extraordinaire. Elle fît les délices de la France entière, surtout à cette époque du Consulat et de l'Empire où les esprits, enchaînés par les préoccupations politiques toujours croissantes de l'heure présente, dédaignant les vastes pensées, les larges horizons en littérature, accordaient de joyeux bravos aux poètes qui déridaient leur front par des badinages charmants et, provoquant un doux rire, leur faisaient oublier leurs ennuis.

Berchoux vint donc en un bon tenips, et pendant que, dans le monde un peu remuant et remué de cette époque, on lisait avec autant d'avidité un article de l'impitoyable Geoffroy qu'un bulletin de la grande armée, le poème de la Gastronomie,, bien que jeté au milieu de nos triomphes et de nos victoires, sut exciter une admiration universelle au sein d'une société qui, d'ailleurs, ne comptait pas les plaisirs de la table parmi ses dernières occupations. A ce moment-là nous avions encore de joyeux rires, assaisonnés de plaisanteries charmantes et parfaitement gauloises; et, pour les provoquer, le bon Désaugiers, ce chanson-

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