‹ La gastronomie, poëme en quatre chantsChapitre 10 sur 26 · XVI NOTICE · texte numérisé non relu

XVI NOTICE

tire, et qui tient, je crois, à ce que le genre beaucoup travaillé s'est un peu usé depuis, est donc à tous les points de vue bien regrettable. Elle mérite de vivre tant à cause de la manière tout à la fois spirituelle et aimable dont elle est écrite que pour les pensées fines et délicates qui y sont contenues. Kien n'a été conté dans ce genre avec plus d'aisance, d'esprit et d'agrément. Berchoux est comme le créateur du genre ; il a été imité depuis, mais il n'a jamais été surpassé ni même égalé. Sans doute Colnet, le bon Colnet, dans son Art de dîner ï.f^'viLLt, est gai, spirituel, aimable; mais son poème ne peut soutenir la comparaison avec la Gastronomie '.

Après les éloges il faut faire aussi la part à la critique. La Gastronomie n'est pas sans défauts. On y trouve des faiblesses, des longueurs, des redites, quelques vers malheureux, de la monotonie même parfois. L'auteur semble sommeiller par instant, épuisé par l'effet même du sujet. Mais le moyen de

I . Nous ne parlons pas de !a Physiologie du goùl, ce livre si savant, dans lequel Brillât-Savarin a déployé toutes les ressources de son talent fin et varié, et où, à côté des aperçus les plus enjoués, brillent des considérations philosophiques de la plus haute valeur. Entre cet ouvrage et la Gastronomie on aurait peine à trouver des points de ressemblance.

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