‹ La gaudriole de 1860Chapitre 14 sur 112 · MADEMOISELLE MUSETTE · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE MUSETTE

CHANSON

Poésie de M. Henry Murger « Musique d'Alfred Vf anis

Hier, en voyant une hirondelle Qui nous ramenait le printempSy

Je me suis rappelé la belle

Qui m*aima quand elle eut le temps;

Et, pendant toute la journée,

Pensif je su» resté devant

Le vieil almanach de Tannée

Où nous nous sommes aimés tanti

Non, ma jeunesse n'est pas morte, Il n'est pas mort ton souvenir, Et si tu frappais à ma porte, Mon cœur, Musette, irait t' ouvrir.

Pulsqn'à ton nom toujours il tremble, Muse de l'infidélité Be viens encor manger ensemble Le pain bénit de la gaité.

Les meubles de notre chambrette.

Ces vieux amis de notre amour, Déjà prennent un air de fête Au seul espoir de ton retour.

Viens, tu reconnaîtras, ma chère, Tous ceux qu'en deuil mit ton départ..

Le petit lit, et le grand verre Où tu buvais souvent ma part. '

Tu remettras la robe blanche Dont ta te parais autrefois^ Et comme autrefois le dimanche

Nons irons courir dans les bo;3...

Assis, le soir, sous la tonnelle, Nous boirons encor ce vin clair Où ta chanson mouillait son allô Avant de s'envoler dans Tair.

Musette, qui s^est souvenue, Le carnaval étant fini, Un beau matin est revenue, Oiseau volage, à l'ancien nid.

Mais en embrassant Vinfidèle, Mon cœur n'a pas senti d'émoi, Et Musette, qui n'est plus elle, Disait que je n'étais plus moi.

Adieu, va-t'en... pauvre adorée!

Bien morte avec l'amour dernier, Notre jeunesse est enterrée Au fond du vieux calendrier...

Ce n'est plus qu'en fouillant la cendre.

Des beaux jours qu'il a contenus, Qu'un souvenir pourra nous reudre La .clef des paradis perdus !

La mnsiqne se trouve à Paris, chez M.M. Heugbl et G^i éditears, S &i«, rue Yivienne.

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