NINI TROP-TOT-FAITE
Paroles et musique de Charles Golmancb.
Dieu! la jolie p'tit* gueule!
Ah ! vraiment, c'est la seule,
La seule {bis) Dont je sois jaloux.
Tout le monde en raflble; Elle est, sur ma parole, La seule, voyez- vous.
Qui nous plaise à tous.
SI je suis tant soit peu benêt, C'est devant Nini Trop-tôt-Faite;
■ i,L.I.WIBI. 'ilH'Jl IJ.i . . ' ^P^9^f^
Rien que Tombre de son bonnet Me cause une stupeur complète.
Quand je la vois au point du jour
Gentillette
Et coquette, Je retire, en tremblant d'amour,
Ma casquette :
Mamzcir Nini, bonjour.
Dieu ! la jolie, etc.
Nini promène sous le ciel ,
Du quartier du Temple à Lourcine,
Une tournure au naturel
Qui fait honte à la crinoline.
Son regard, des plus agaçants,
N'est pas louche
Ni farouche, Et l'amateur, en tous les tempa^
Dans sa bouche Compte trente-deux dents.
Dieu ! la jolie, etc.
Nini, sans façon quelquefois, Du particulier qui veut plaire, Accepte le poulet bourgeois Ou le jambonneau populaire.
L'écre visse entre dans ses goûts,
Elle fête
La poulette ; •
Mais elle préfère, entre nous, La galette Qa*arrose le vin doux.
Dieu 1 la jolie, etc.
Nini chante les airs nouyeanx Mieux que Torg^e de barbarie Elle aime surtout les morceaux Quatrième catégorie, aie est tout autant que Gris!
Attrayante
Et touchante 1 Mais devant un cercle choisi,
Qu'elle chante U Sir^ de Franc-Boiayl
Dieu l la jolie, etc.
Kini tient ce qu^elle promet ; Mais de sa sagesse elle est fière; Les libertés qu'elle permet Ne passent pas sa jarretière.
D'un bal, d*un souper clandestin,
On suppose
Quelque chose; Mais en la voyant le matin
Fraîche et rose,
On dit, j'en suis certain.
. Dieu I la jolie, etc.
De lui confier mon secret.
Souvent la langue me démange; Mais pour aborder ce sujet, Il faut l'orner de fleur d'orange.
Qu'importe qu'un monde méchaut
Mécanise
Ma promise Pourvu qu'un ami bienveillant,
Dans l'église.
S'écrie en la voyant :
Dieu! la jolie; etc.
La musique se trouve, à Paris, chez L. Vieillot , éditeur, 32, rue Notre-Dime-de-Nazareth.
LES ADIEUX A LISETTE AiB : Dans un grenier qu*on est bien à vingt ans.
Adieu! je pars! 6 ma tendre Lisette!
Je vais au loin rêver à nos plaisirs ; Ta douce image, adorable grisette.
Longtemps encor charmera mes loisirs.
Si pour ton cœur mon absence est trop vive, Suis sans rougii ce conseil délicat :
Fête au besoin un ami, s'il t'anive; Mais souviens- toi de celui qui s'en va.
Je soupçonnais dans tes beaux yeux de femmet Des passions, la dévorante ardeur; Mais ces éclairs qui pénétraient mon âme, D'un noble amour trahissent la ferveur.
En attendant que ma lyre, inactive.
Fasse vibrer les vers qu'il m'inspira, Tu peux chérir un ami, s'il t'arrive ; Mais souviens-toi de celui qui s'en va.
De l'opulent, la trompeuse caresse, Peut, en passant, s'étendre sur ton front , Parfois aussi, la coupe de l'ivresse Poujrait, Lisette, y répandre l'affront...
Du libertin ne sois jamais captive :
Refuse Vot que sa main t'offrira *, Et méprisant cet amant, s'il t'arrive, Souviens-toi bien de l'ami qui s'en va.
Si quelque jour le vent de l'indigence, A ta chambrette apportait des haillons ; Si, par malheur, Timplacable souffrance, Sur ton visage imprimait ses sillons ; Pour consoler ta beauté fugitive, Et partager ton modeste grabat.
Daigne accepter un ami, s'il t'arrive ; Mais souviens-toi de celui qui s'en va.
L]é0N ROGIER.