CE QU'UN MARI NE PEUT SOUFFRIR
^ CHAKSOKNET'ra
Paroles de Marc Gonstantik»
Masique de M. L. Aiiat.
Pour vous guider en mariage, Si vous daignez me consulter, Prenez, mesdames, du courage.
Veuillez de grâce m'écouter :
Plus d'un époux, c'est triste à d re, Est querelleur, jaloux, grondeur, Chez lui jamais il ne sait rire,
C'est un tyran qui vous fait peur !...
Etre joyeuse et fuir l'orage Qui sur son front vient s'assombrir, V oilà ! voilà ! dans son ménage, Ce qu'un mari ne peut souffrir !
Si vous voulez, mes pauvres anges, Lorsqu'il fait beau sortir un peu...
Sortir, fi donc ! souhaits étranges :
N'avez-vous pas le coin du feu?
Vous aimeriez, c'est peu de chose, Voir l'opéra qui fait fureur, Pour essayer le ruban rose Qui vous parait le plus flatteur.. .
Rien que cela, pas davantage, Que pourrait-on moins obtenir?
Voilà ! voilà ! dans son ménage, Ce qu'un mari ne peut souffrir !
Si vous parlez chiffons, toilette, A peine s'il vous répondra!
Il vous dira : Tu perds la tête, Ou bien : La tête te perdra !
Modes, concerts, bal ou parure, Rien ne lui plaît, tout va très-mal, Et peu poëte en sa nature, Il n'a de foi qu'en son journal.
De recevoir le moindre hommage, Il faut encor vous garantir...
Voilà ! voilà ! dans son ménage, Ce qu'un mari ne peut souffrir!
Sitôt qu'il rentre, il est maussade :
Le tête-à-tête est ennuyeux; L'air de chez lui le rend malade, C'est au cercle qu'il sera mieux.
Il veut toujours être le maître, En toute chose avoir raison , Puis, il voudrait vous voir peut-être Son humble esclave en sa prison.
Mais par bonheur votre finesse De tout écueil vous fait sortir !
Voilà ! voilà ! sans qu'il paraisse.
Ce qu'un mari ne peut souffrir !
La BiDsiqiie se troave chez MM. Heugel et G«, éditeurs, 2 ois, me Vivienne, à Paris.