‹ La Gaule avant les GauloisChapitre 36 sur 121 · Dictionnaire publié sous lu direction du Ür Decliainbre · texte numérisé non relu

Dictionnaire publié sous lu direction du Ür Decliainbre

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I espèce de ceux (Joui nous parlons. Les rennes dont les débris sont associés à ceux de I industrie humaine et qui ont été euxmemes les instruments de cette industrie ne me paraissent avoir été ni sauvages ni entièrement libres, comme on l'a

supposé. Je suis plus porte a admettre qu ils étaient dans un état de domesticité comparable à celui sous lequel nous trouvons de nos jours les rennes qu'emploient les Lapons et les Groenlandais, et qu’après avoir rendu pendant leur vie des services analogues à ceux que les hommes de race hyperboréenne tirent encore à présent de leur espèce, ils étaient uti-

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lises de la même manière après leur morl par les anciens habitants de l’Europe centrale, que leur race (1), ainsi que leurs mœurs, peuvent faire comparer aux llyperboréens et aux Touraniens. L u fait considérable peut être invoqué à l’appui de cette manière de voir, c est la grande analogie que les instruments, les dessins sur pierre et os et les autres objets travaillés, laissés parles hommes primitifs, montrent avec les produits de l'art et de l’industrie rudimentaire des peuples les plus septentrionaux. »

J’ajouterai que la prédominance du renne dans certaines cavernes, dans des proportions inouïes, puisqu'il est des stations d'oii sont sorties plus de quatre mille (2) mâchoires de rennes, est un fort argument en faveur de la domestication.

Pourquoi, si le renne était sauvage, aurait-il été préféré par les chasseurs au cerf, au bouquetin, au chamois, au daim, au chevreuil qui ne faisaient alors aucunement défaut.

Il est encore un autre argument qui n’est pas sans \alcur.

M. Ed. Dupont a remarqué, vous l’avez vu, que les chasseurs de gros gibier ne transportaient dans leurs autres que les parties comestibles de l’animal. Il en était autrement du renne dans le Périgord. Ed. Lartet a retrouvé bien souvent dans les stations qu’il a explorées avec tant de soin toutes les parties du squelette. Le renne devait être tué à proximité de l’habitation.

Enfin comment les sauvages de l’ûge du renne auraient-ils eu tant de loisirs, s'ils n'avaient eu sous la main ces admirables troupeaux suffisant amplement à tous leurs besoins ?

Mais, messieurs, le temps presse. Résumons-nous.

Il me semble que nous pouvons émettre et que vous pouvez admettre les propositions suivantes : ce sont les conclusions d’Edouard Lartet. Aucun fait n'est venu les infirmer.

1° Une race humaine aborigène ou non a vécu en (ianle, en

1. Paul üervais paraît adopter l’opinion de Pruuer-Bey, qui laisuit de la majeure partie des hommes des civerncs des mingolnUrs.

2. Carlailhac dans Conjivs <uxh> il. de l'K imposition de l’iris, 1878. Discours d’ouverture.

LES TROGLODYTES

même temps que le renne, l'aurochs, le bouquetin, le chamois, etc., animaux aujourd'hui émigrés ou réfugiés dans les hautes vallées de nos montagnes.

2° Ces peuplades ne connaissaient pas l'emploi des métaux ; leurs armes et leurs outils étaient tantôt en pierre simplement taillée et non polie, tantôt en os ou en cornes solides d’animaux façonnées pour divers usages.

3° Ils vivaient des produits de la chasse et de la pêche. Ils mangeaient les mammifères que nous venons de citer comme leurs contemporains, et aussi le cheval, qui paraît avoir été pour eux un animal alimentaire de prédilection. La chair des oiseaux et des poissons entrait également dans leur nourriture.

Aucun animal (autre que le renne, ajoutons-nous) ne parait avoir été domestiqué par eux, pas même le chien.

Fig. 34. Petit couteau en ivoire de morse, avec gravures, des TiiUagiuioutr.-

de l'ile St- Michel, Norton Sound. (Musée d'Ethuograçlne. Coll. Pinarl .

4° Outre la chair des animaux ils utilisaient aussi leurs peaux. On remarque au bas de certaines cornes de renne, la où la peau est très adhérente, les traces des incisions qu’ils y pratiquaient pour l’en détacher. Pour rejoindre ces peaux entre elles ou pour les façonner en vêtements, ils devaient les coudre. On retrouve leurs aiguilles faites aussi de bois de renne et percées pour recevoir le lil de couture. Au bas des os de la jambe de ces mêmes rennes d’autres incisions très signilicatives nous révèlent qu’ils y coupaient les tendons pour les fendre et les diviser en lils, comme le font encore de nos jours les Esquimaux.

5° Leurs objets de parure, leurs ustensiles ornés de façon si diverse et quelquefois avec une régularité symétrique, témoignent de leurs instincts de luxe et d'un certain degré de culture des arts. Leurs dessins et leurs sculptures nous en fournissent

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