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VITES GÉNÉRALES SUR LA GAULE AVANT LES MÉTAUX

(ve leçon)

Pendant les basses eaux de l’hiver de 1853 à 1854, des travaux importants s’exécutaient à Meilen sur le lac de Zurich. On fouillait la vase assez profondément. De ce limon noir que le lac avait momentanément laissé à sec étaient retirés par les ouvriers des pieux ou piquets à demi décomposés en quantité notable, et par ci par là des fragments de vieille poterie. Cette poterie très grossière était évidemment ancienne, mais elle n’était pas romaine, car elle était noire, imparfaitement cuite et façonnée à la main, sans l’aide du tour à potier.

Les ustensiles, les armes, les pieux qui l’accompagnaient avaient un air encore plus primitif ; ils rappelaient les objets analogues découverts dans les tourbières de la Scandinavie, et devaient par conséquent être d’une très haute antiquité.

Un homme de vraie science, de Dr Relier, vient à passer près des travaux : jusque là on n’avait vu dans ces découvertes que quelque chose de bizarre et rien de plus. Tout cela restait lettre morte. Relier saisit la liaison qui existait entre les pilotis et les armes et outils grossiers. Un monde nouveau se révèle à lui: l’existence des cités lacustres était démontrée.

Relier mit en effet en toute évidence que des habitations ou des magasins avaient existé à une époque inconnue mais très ancienne, habitations et magasins intentionnellement bâtis sur l'eau, à l’endroit indiqué par les pieux.

LES CITÉS LACUSTRES

Le nombre des ustensiles épars, d’accord avec l’épaisseur de la couche qui les renfermait, témoignent en faveur d’un séjour prolongé. Par conséquent il y avait eu une époque pendant lesquelle les habitants de la Suisse se construisaient des abris sur l’eau, si même ils n’y vivaient, c’est la période dite îles constructions lacustres ou des palafittes (1).

L’éveil une fois donné on se mit à la recherche de ces pieux dans tous les lacs de la Suisse. On en trouva presque partout. Le» objets découverts entre les pieux n’étaient pas, toutefois, partout les mêmes. A Meilen on n’avait signalé, à l’exception d’un seul objet en métal, que des ustensiles en os et en pierre. Ailleurs, et plus particulièrement dans les lacs de la Suisse occidentale, on découvrit à côté de stations, rappelant celle de Zurich, d’autres stations qui, au lieu d'objets en silex et en os recédaient tout un ensemble d’ustensiles en bronze. Ces objets témoignaient d’une civilisation beaucoup plus avancée.

Nous ne nous occuperons, aujourd'hui, que des stations où les objets en pierre dominent.

La présence dans ces stations d’objets identiques à ceux que nous avons signalés sous les dolmens en rend l’étude particulièrement précieuse pour nous (2) (fig. 56 et 57).

Sous les dolmens, en eiïet, nous ne pouvions nous attendre à trouver que des offrandes funéraires, c’est-à-dire une série d’objets d’un caractère tout spécial et très restreint. Dans les stations lacustres on avait l’espoir de retrouver tout ce qui intentionnellement ou par accident était tombé dans le lac pendant une longue suite d’années, ('.et espoir n’a pas été trompé.

Les stations dites de l’Age de la pierre sont assez nombreuses. Il en a été découvert dans les lacs de Constance, de Zurich, de Pfeflikon (3), de Lucerne, de Wauvyl (4) ; de

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