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La Caramanie, d’où venait également la cnllaïs

Vous devez, ce me semble, vous faire déjà une idée de la manière dont la Gaule a été peuplée.

A part les premières tribus, parmi lesquelles quelques-unes ont pu venir du sud-ouest, étant originaires d’Afrique ou de la mythologique Atlantide à laquelle on prête aujourd’hui une existence réelle, tous nos ancêtres sont venus de l'est et du nord-est, les uns par mer, les autres le long des côtes de la Baltique, les derniers par la vallée du Danube.

Les uns et les autres paraissent avoir été des constructeurs de dolmens, et il est possible que ceux du Caucase soient les brachycéphales de la Lozère.

Au congrès de Stockholm, une opinion a été émise suivant laquelle les dolmens ne seraient que le développement des cavernes sépulcrales, dû aux population indigènes de l’âge du renne. On y soutenait la non-existence d’un peuple des dolmens.

Je ne puis que répéter ce que je répondis à cette communication. Je copie le procès verbal :

« M. Bertrand, répondant à la communication précédente, dit que si l’on jette les yeux sur une carte, on suit la marche des dolmens de l’Orient à l'Occident. Mais en constatant ce fait, il n’a pas voulu dire que le peuple des dolmens ait parcouru ces contrées en semant partout des monuments. On peut seulement affirmer que ce ne sont pas les hommes des cavernes qui ont inventé les dolmens. C’est une race nouvelle qui en a apporté l’usage, en même temps que la pierre polie et les animaux domestiques...

« Dans quelle proportion sont intervenus ces nouveaux éléments ethniques? Nous ne sommes pas en mesure de le dire, et il se peut très bien qu’ils fussent dans le principe peu nombreux, s imposant plutôt par leur supériorité morale que par le nombre, et que beaucoup de dolmens aient été élevés à leur imitation par les anciennes populations. »

Je n’ai rien à changer, rien à ajouter à cette opinion que j’exprimais en 1874, que je soutenais déjà en 1802. Peuple ou hommes de dolmens est une expression abrégée remplaçant

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cotte périphrase un peu trop longue: « Hommes nouveaux importateurs en Occident de l’usage des dolmens. » Je dirais aujourd’hui des dolmens, des céréales et des animaux domesti([ues. En ce qui concerne les animaux domestiques, nous pouvons en effet nous montrer plus' explicites. Les faits parlent assez haut. Si le rôle des indigènes antérieurs aux races causasiques a été incontestablement très grand dans la révolution qui a fait passer les populations de la Gaule de l’étal chasseur à l’état pastoral et agricole, leur éducation n’en a pas moins été faite par les immigrants des contrées asiatiques.

Nous sommes, à cet égard, complètement d’accord avec MM. Sanson et Piètrement; nous dirons avec eux :

« Tout tend à démontrer que ce sont les populations primitives de l’Europe occidentale qui ont domestiqué les races animales propres à celte région , avec l’aide et les conseils, sous l'impulsion de leurs éducateurs les constructeurs de dolmens, beaucoup moins nombreux; incontestablement possesseurs de bétail, puisqu’ils étaient agriculteurs, mais aussi certainement arrivés avec des troupeaux numériquement trop faibles pour couvrir les pays où ils vinrent s’installer.

e II est clair, en effet, que si les hommes des dolmens eussentpossédé assez de chevaux, de bœufs, de moutons, pour remplir l’Europe occidentale de leurs troupeaux, ils ne se fussent pas donné lapeine de domestiquer les races animales sauvagesqui en foulaient le sol telles que le cheval percheron, le chevalbelge, l'àne européen, h* bœuf des Pays-Bas, le bœuf vendéen, le bœuf du Jura, le bœuf des Alpes, et que si quelques individus appartenant à ces diverses races s’étaient ralliés à l’homme supposé possesseur des nombreux troupeaux venus avec les constructeurs de dolmens, le type de ces espèces perdues au milieu du troupeau aurait vite disparu par suite de leur croisement avec leurs congénères plus nombreux.

« La faiblesse numérique des troupeaux amenés dans l’Europe occidentale par les importateurs de l’usage de la pierre polie peut seule expliquer pourquoi la Gaule est couverte de

LES CITÉS EACL'STHES

ni

races domestiques la plupart naturelles à son sol, dont les x’aces domestiques étrangères n’ont pu les déposséder (1). »

La conséquence de ces faits paraît être aussi que les premiers immigrants Aryens durent être en petit nombre et que l’invasion de la nouvelle ou des nouvelle races fui lente et progressive.

Je crois qu’il ne peut plus y avoir maintenant d’obscurité sur nos idées à cet égard.

Mais, messieurs, comme en pareille matière, où les documents sont si rares, il ne peut être permis de négliger aucune source d'information, je vous demanderai la permission d'ouvrir un nouveau chapitre que nous ne ferons qu’effleurer, touchant les superstitions populaires relatives à la pierre polie.

Notre but, ici, n est plus de chercher des directions géographiques. Il faudrait pour cela choisir, comme exemple, un minéral dont la provenance fût bien connue et limitée. Or, les haches et instruments en pierre polie ont été fabriqués presque uniquement en pierres du pays, polies sur place. Nous en retrouvons partout les ateliers. Toutes les races, même les plus nobles, la race caucasique, comme les autres, ont passé par un âge de la pierre; aucune race n'a pu y échapper, la métallurgie, l’art de découvrir et de travailler les métaux n’étant pas un art inné, instinctif. L'humanité n’y est arrivée que par degrés. Nous ne pouvons donc pas nous aventurer dans une recherche des origines du polissage de la pierre.

Notre but est autre, nous voulons familiariser vos esprits avec deux vérités importantes et fécondes.

La première est la persistance de certains préjugés, à travers les siècles, même dans les pays les plus civilisés, persistance qui nous permet de traverser par la pensée toutes les couches dépopulations accumulées pour en voir le fond.

Les vestiges des temps primitifs sont si nombreux qu'un

1. Piètrement, Les Checuux dans les temps préhistoriques el historique s. p. 134.

LES CITÉS LACUSTRES

ethnographe que nous aurons souvent l'occasion de citer, AI. Edouard Tylor (1) a consacré tout un long chapitre de son curieux ouvrage sur la civilisation primitive à ce qu’il appelle la survivance des nations, c’est-à-dire aux superstitions et aux préjugés dont les racines se plongent dans le passé le plus lointain.

La seconde vérité est l’étendue géographique dépassant tout ce que l'on pourrait supposer à priori de ces superstitions anciennes.

Il y a là une preuve nouvelle et intéressante de la migration et du mélange des races.

Les préjugés attachés, de nos jours encore dans les pays les plus divers, à certains instruments de pierre polie mettant ces deux vérités en pleine évidence, nous avons cru devoir vous en dire un mot. Vous y trouverez également la preuve que le fond de nos populations n’a pas changé.

Nous prendrons pour principal guide AL Émile Cardailhac, auteur d’une excellente brochure sur L’âge de la pie ne dans les souvenirs et superstitions populaires.

11 est d’abord une superstition presque universelle dans la monde, à savoir que les bâches en pierre polie sont des pierres de tonnerre, des pierres de foudre, descendues de la nue sur la terre avec l’éclair.

AI. Émile Cartailbac a constaté cette superstition en France, en Angleterre, en Allemagne, en Hollande, en Suède, en Islande, en Hongrie, en Bohême, en Sibérie. Nous sommes toujours ici dans les limites de la zone de nos relations naturelles. Alais aussi au Brésil, au Japon, en Chine, à Java et à Aladagascar.

AI. de Cartailbac fait observer, il est vrai, que l’odeur particulière qu'exalent les haches de petro-silex quand on les brise peut avoir été l’origine de cette superstition. Elle aurait pu, par suite, naître sur plusieurs points du globe, d’une manière indépendante.

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