‹ La généalogie des familles Richer de la Flèche et Hamelin; avec notes historiques sur Sainte-Anne-de-la-Pérade, les Grondines, etcChapitre 4 sur 104 · LA TERRE RICHER-LAELECHE A STE-ANNE · texte numérisé non relu

LA TERRE RICHER-LAELECHE A STE-ANNE

Vente par René Daudelin à Pierre Richer, le ^i mai 1688

Ce jourd'hui trente unième du mois de mai seize cent quatre vingt huit par devant moi soussigné en présence des témoins sousnommés fut présent en sa personne René Daudelin, habitant du cap de Varaines, lequel a aujourd'hui vendu, cédé et délaissé, et, par ces présentes vend, cède, quitte et délaisse à perpétuité à Pierre Richer habitant de Batiscan, scavoir, une habitation de quarante arpents de profondeur sur quatre arpents de large laquelle est située dans la seigneurie de Ste-Anne, au lieu nommé le Marigot laquelle confronte du côté du sud-ouest à celle de René Prévost et par-dessous à celle de Michel Roy, sans en rien retenir ni réserver et ce pour le prix et somme de quarante

cinq livres tournois payables comptant, s'obligeant le dit Daudelin de» lui acquitter les rentes jusques au jour présent comme aussi de la lui garantir de tous troubles et hypothèques, comme aussi de lui remettre le contrat de concession et le contrat d'acquêt passé entre lui et Pierre Cartier s'obligeant le susdit acquéreur de payer à l'avenir aux seigneurs de la susdite seigneurie les rentes et droits seigneuriaux comme il est porté parti au contrat de concession fait en présence de Mathurin Gouin et Joseph Gouin habitants de Ste-Anne et de René Prévost habitant de Varaines lequel a signé avec le dit Joseph Gouin les parties ont déclaré ne savoir signer ny Mathurin Gouin lesquels m'ont requis de passer le présent écrit.

(Signés) Desuève, Joseph G., René Prévost.

J'ai reçu de Pierre Richer dit Laflèche, la somme de quarante cinq livres en argent pour l'habitation que je lui ai vendue par le marché convenu en l'autre part dont je le tiens quitte ; fait en présence de Charles Lesieur et de Michel Fiset,* témoins, lesquels ont signé et déclaré ne savoir écrire ny signer {sic). A Batiscan, ce 2 juin 1688.

(Signés) Charles Lesieur (i), Michel Fiset, René Prévost.

(i) Charles Lesieur, sieur de la Pierre, qui figure comme témoin ici, est l'ancêtre de tous les Lesieur, Desaulniers, Duchesne, Coulomb, Lapierre, si nombreux encore, à Yamachiche et dans tout le comté de Saint-Maurice. Charles Lesieur, venu de la paroisse d'Osville, diocèse de Coutances, en Basse-Normandie, vers 1665, épousa vers le 11 octobre 1671, au Cap-de-la-Madeleine, Françoise de Lafond, nièce du

Aujourd'hui vingt deuxième octobre 17 12 a comparu par devant le notaire royal en la prévoté de Québec, soussigné y résidant Dorothée Brassard, femme du dit Pierre Richer acquéreur dénommé par l'écrit de vente ci-dessus laquelle nous a remis et déposé en les mains ledit écrit de vente sous seing privé ci-dessus pour être, par nous dit notaire, gardé et mis au rang de nos minutes pour y avoir recours toutes fois et quantes fois et lui en être délivré des expéditions à qui il appartiendra dont elle a requis acte à elle octroyé pour lui servir en temps et lieu ce que de raison. Fait au dit Québec, en l'étude du dit notaire, en présence des sieurs Etienne Mirambeau, marchand, et de François Boisseau, praticien, témoins demeurant au dit Québec qui ont avec nous dit notaire, signé, la dite Brassard ayant déclaré ne scavoir écrire ny signer de ce enquis.

(Signés) Boisseau, Mirambeau, CHAMBALON, notaire.

L'importance du document qui précède n'échappera pas à l'attention des amateurs de travaux généalogiques, encore moins à celle des membres de la famille Richer. Il a été retrouvé aux archives du greffe de la Cour Supérieure, à Québec, et établit d'une façon in-

célèbre Pierre Boucher, gouverneur des Trois-Rivières. Après un séjour de quelques années au Cap, Charles Lesieur alla s'établir définitivement à Batiscan où il mourut le 15 janvier 1697, à 50 ans. Sept de ses fils allèrent s'établir à Yamachiche, vers 1702, et Charles et Julien Lesieur, deux d'entre eux, sont considérés comme les principaux fondateurs do cette paroisse, avec les trois frères Etienne, Pierre Gélinas et Jean-Baptiste Gélinas-Bellemare. Ce dernier ancêtre direct de tous les Bellemare d'Yamachiche.

contestable la prise de possession, dans la paroisse de Sainte-Anne-de-la-Pérade, du coin de terre oti sont nés et où ont vécu les enfants issus du mariage de Pierre Richer et de Dorothée Brassard. Et, chose bien digne de remarque, depuis 1688, par une chaîne non interrompue, de père en fils, ce terrain n'a pas cessé d'appartenir aux descendants directs du colon Pierre Richer. Ils sont plus rares qu'on serait porté à le croire les vieilles familles canadiennes-françaises qui peuvent ainsi retracer la possession du domaine familial, depuis le commencement de la colonie.

L'an dernier, à l'occasion de la célébration mémorable du tricentenaire de la fondation de Québec, on a eu l'heureuse idée d'accorder des médailles aux propriétaires de la terre ancestrale depuis au moins deux cents ans. A cette occasion, une démonstration grandiose fut faite dans la grande salle de promotion de l'Université Laval. La réunion fut brillante, autant par le grand nombre de personnes décorées, que par la foule de personnages distingués qui y assistèrent. Il est à regretter qu'aucun membre de la famille Richer n'ait eu la pensée de faire les démarches nécessaires pour faire conférer à un ou deux de ses membres cet insigne honneur.

La famille Richer avait parfaitement le droit de prendre une part active à la fête. En faisant la présente généalogie nous avons pu trouver la preuve concluante que, depuis 1688, ce sont toujours, et cela sans la moindre interruption, des descendants du colon qui ont été successivement propriétaires de la terre ancestrale, achetée par Pierre Richer.

Cette preuve, la voici, par dates de mariages:

1671, (i5 oct.) Québec.

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