‹ La généalogie des familles Richer de la Flèche et Hamelin; avec notes historiques sur Sainte-Anne-de-la-Pérade, les Grondines, etcChapitre 6 sur 104 · VII. RICHER, M. L'ABBÉ Edouard · texte numérisé non relu

VII. RICHER, M. L'ABBÉ Edouard

R.-i,AFLÈCHE.

Du côté de Joseph Richer et de Marguerite d'Orvilliers la succession est directe, de père en fils. Il n'en est pas de même du côté de Louis Richer et de M.-Anne Joubin-Boisvert. Pierre Richer a acquis la propriété de Louis, son frère, par échange "change pour change". Antoine Richer, neveu de Pierre mort sans enfants, l'a eue par donation. Elzéar Richer, fils d'Hector, qui était cousin germain d'Antoine, l'a eue par achat. Enfin, M. l'abbé Edouard Richer-Laflèche, frère d'Elzéar, l'a également acquise par achat.

M. l'abbé Edouard-Laflèche et M. Wilfrid Richer- Laflèche sont cousins germains et propriétaires de la terre ancestrale. Si le comité québécois des anciennes familles, en a encore le pouvoir, il ferait acte de justice en leur faisant tenir la précieuse médaille commémorative. Car, dans la paroisse de Sainte- Anne il n'y aurait qu'une voix pour applaudir à pareille décoration si bien méritée.

Avant de finir ces remarques, il aurait bien été à propos de donner un précis historique des phases successives par lesquelles est passée la terre paternelle de la famille Richer, depuis 1688 jusqu'à nos jours. Mais outre que ce travail eût été très difficile à mener à bonne fin, il n'eut pas réussi à faire constater autre chose que la constance des anciens à coloniser et cultiver ce sol béni qui fut le berceau d'une famille respectable et honnête ayant fourni à la Province un très grand nombre d'excellents cultivateurs, plusieurs membres du clergé, des religieux, des religieuses et un assez bon nombre de membres des professions libérales qui ont fait leur marque dans la société.

Notre tâche va donc se borner à publier les lignes qui suivent. En 1723, les aveux et dénombrements, pour la paroisse de Sainte-Anne, ou mieux pour le fief Sainte- Anne, nous disent qu'après dix-sept années d'un dur labeur, le colon Pierre Richer avait réussi à défricher vingt-cinq arpents de terre labourable et six arpents de prairie ; qu'il s'était construit une maison, une grange, une étable et une écurie. C'était déjà un actif appréciable à son crédit de colonisateur.

Maintenant, vers 1777, d'après l'aveu et le dénombrement faits par le seigneur Charles Tarieu de la Pérade, sieur de LaNaudière, Joseph Richer possédait cent trente arpents de terre en culture et autant de terrain

en bois debout. A cette époque la terre ancestrale était donc à moitié défrichée. Si l'on se reporte, par la pensée, à cette époque reculée de notre histoire, avec les instruments primitifs alors en usage pour défricher la terre, on peut se former une idée assez exacte du travail herculéen accompli par Pierre Richer et ses fils dans le but de coloniser cette antique propriété.

Au commencement du siècle dernier nous trouvons le patrimoine ancestral en possession de Modeste Richer, quatrième propriétaire depuis le colon Pierre Richer. Les souvenirs, conservés dans la famille, vont maintenant nous faire connaître les diverses phases par lesquelles la propriété a passé à venir jusqu'à M. l'abbé Edouard Richer-Laflèche et son cousin, M. Wilfrid Richer-Laflèche.

Laissons parler ces souvenirs. Modeste Richer avait quatre fils à établir, savoir: Louis, marié le 3 février 1807, à Marie- Anne Joubin-Boisvert ; Joseph, marié le 15 juillet 1806, à Marguerite d'Orvilliers ; Joachim, marié le 23 octobre 1815, à Marie-Adélaïde Hamelin, et enfin Pierre, marié le 2 février 1818, à Madeleine Baril.

Voulant établir ses quatre fils, il divisa la terre paternelle en deux parties, et donna à Louis les deux arpents de l'est (où se trouve la maison ancestrale), et à Joseph, les deux arpents de l'ouest. Plus tard, vers 1816. Modeste Richer, se sentant vieillir et dans le but de se rapprocher de l'église, acheta dans le village, près de cette dernière, une terre de trois arpents sur laquelle il vint résider avec son autre fils Pierre, le quatrième, Joachim, étant devenu navigateur. Rendu à sa nouvelle résidence. Modeste Richer "se donna" à son fils Pierre. L'année suivante, le 22 juillet 181 7, devenu veuf, le père Modeste résolut de se remarier avec Marguerite Bigué,

veuve d'Alexis Rocheleaii. Pierre Richer, son fils, qui voulait également se marier et qui ne semblait pas devoir vivre en parfait accord avec la future belle-mère, ne voyait pas d'un bon oeil le second mariage de son père. Alors, pour éviter toute difficulté avec son père et la future belle-mère, Pierre Richer vendit la moitié de son bien à son frère Joachim qui se chargea bien volontiers de loger le père Modeste chez lui. D'un autre côté, voulant se débarrasser de la demi-tpension qu'il était encore obligé de payer à son père, Pierre Richer offrit à son frère aîné Louis, qui demeurait sur la terre des ancêtres, de changer de terre "change pour change", ce qui fut en effet mis à exécution, le premier janvier 1818. Alors Pierre Richer se maria, le 2 février 1818, et le père Modeste, le 20 septembre 1819. Ce dernier changement de terre explique comment il se fait que Mgr Louis-François Richer, né le 4 septembre 1818, vit le jour sur la terre voisine de l'église, tandis que ses frères et soeurs plus âgés, étaient nés sur la terre paternelle, au bas de Sainte- Anne.

En résumé, la moitié de la terre ancestrale donnée par Modeste Richer à son fils Louis, devint successivement en possession de Pierre Richer-Laflèche, d'Antoine Richer-Laflèche, d'Elzéar Richer-Laflèche, et enfin de M. l'abbé Edouard Richer-Laflèche, le propriétaire actuel en 1909.

Et l'autre moitié de la même terre, donnée par Modeste Richer à son fils Joseph, passa successivement aux mains d'Alphonse Richer-Laflèche et de Wilfrid Richer- Laflèche qui la possède encore, en 1909.

Ces explications sont peut-être un peu longues ; cependant elles avaient leur place toute marquée à cette place d'honneur du présent travail. Il est bon que les

membres de la famille Richer, dispersés un peu partout aujourd'hui, aux quatre coins de la Province, même aux Etats-Unis, soient bien au fait des diverses phases par lesquelles a passé la vieille terre paternelle de Sainte- Anne-de-la-Pérade, depuis 1688 à nos jours. Car, ils ne sauraient l'oublier, c'est ce petit coin de terre qui a servi de berceau à la grande famille Richer ; c'est là que Pierre Richer, le colon, s'est établi, a vécu, est mort. Cette terre a été arrosée de ses sueurs et ses enfants ont aussi largement contribué à compléter son défrichement. Et, si nous osions formuler un voeu, ce serait d'inviter les membres de la grande famille Richer à élever un monument commémoratif à la mémoire du séjour de Pierre Richer, dans Sainte-Anne, à cet endroit trois fois cher à ses nombreux descendants. Aux intéressés de mettre ce projet à exécution. Si ce souhait trouve un jour écho quelque part, les Richer feront alors ce que feu M. Raphaël Bellemare, de Montréal, a réalisé pour perpétuer la mémoire de ses ancêtres à l'endroit appelé la "Petite-Rivière", tout près du villaee d'Yamachiche. Le rang appelé encore aujourd'hui "le Marigot" est tout désigné pour site du futur monument de la famille Richer.

I. RICHER-LAFLECHE, Pierre, b 1645, fils de Jean et de Marie Galar, de Thouarcé, paroisse Saint-Pierre, diocèse d'Angers, département de Maine-et-Loire, tailleur; s 3 mai 1722, à Sainte-Anne-de-la-Pérade (i).

(i) On ne trouve aucune trace du premier mariage de Pierre Richer avec Catherine Durand, dans les greffes de Québec et Trois-Rivières. Nulle trace, non plus, dé la sépulture, en Canada, de cette Catherine Durand. La seule conclusion à tirer, c'est que Catherine Durand est morte, en France, avant l'arrivée de son mari au Canada.

Avant de venir se fixer définitivement à Sainte-Anne-dela-Pérade, Pierre Richer a demeuré quelques années à Québec, peut-être à Champlain où il a fait baptiser plusieurs enfants. Comme il acquit une terre à iSainte-Anne, en 1688, c'est à cette époque qu'il ^int s'y fixer définitivement

M. Phileas Gagnon, conservateur des archives judiciaires de Québec, a bien voulu, sur Pierre Richer, nous adresser les notes importantes qui suivent:

Vers 1668, il est mentionné comme tailleur et habitant de la Rivière Saint-Charles, près Québec, et sait bien signer son nom (greffe du notaire Rajeot, 18 avril 1668). Une concession de terre lui est faite, le 15 janvier 1671, dans la seigneurie de Saint-Gabriel (Rajeot), tout près de Québec.

Pierre Richer achète 1'^ terre de René Daudelin, à Sainte- Anne, le 31 mai 1688. (Chambalon, 22 octobre 1712). Il ne signe pas alors dans cet acte. La terre en question est mentionnée comme étant située au lieu appelé "Le Marigot", dans la paroisse de Sainte-Anne. Cet endroit est encore désigné sous le même nom, aujourd'hui.

Un nommé René Richer assiste au contrat de mariag-e de René Branche, le 23 octobre 1667 (Rajeot).

On lit, dans les registres de Sainte-Anne:

L'an mil sept cent vingt-deux, le troisième jour de mai, a été inhumé dans le cimetière de Sainte-Anne, près Batiscan, Pierre Richer âgé d'environ soixante dix-sept ans, ayant les marques d'un bon chrétien, (signé) J. Lesclaches, missionnaire.

Le sept novembre mil sept cent trente-huit, j'ai inhumé

1° Durand, Catherine, de Saint-Eustache, Paris.

2° Brassard, Dorothée, b 30 juillet 1656, fille d'Antoine et de Françoise Méry, de Québec ^ ; m 5 oct. 1671 ; s 7 nov. 1738, à 86 ans. Issus: Btiennette, b ^ 18 juillet 1673. — Catherine, b ^ 2 juillet 1674; m 12 oct. 1693, à Joseph Pineau-Laperle (Pierre et Anne Boyer), à Batiscan ^. — M. -Thérèse, b ^ 6 mai 1676; m ^ 10 fév. 1692, à Jacques Grignon (Jacques et Jeanne Tessier, de St- Philibert, diocèse de Luçon)'. — Pierre b 17 janv. 1680, à Champlain ^ ; 1° m 12 oct. 1716, à Marguerite Hébert (François et Geneviève Jacques) ; 2° m 1726, à M.- Charlotte Hamel (s 24 déc. 175a) s 3 nov. 1735. — Christine, b * 5 mai 1682 ; s ^ i sept. 1688. — Michel, b ^ 13 fév. 1686; m 1714, à Louis-Charlotte Pilote (Jean et M.- Françoise Gaudr}?) ; s 23 fév. 1727. — Jean-Bte, b ^ 11 déc. 1688; m 171 5, à M.-Françoise Pilote (Jean et M.- Françoise Gaudry) ; s 4 nov. 1748, aux Grondines. — Marguerite, b ^ 24 mai 1691 ; m 7 mars 1707, à Charles Ricard (Jean et Madeleine Pineau) ; s 23 aoiît 1761. — M.-Josephte, b ^ 3 août 1693 ; m 20 août 1714, à Michel Frenet (Michel et Olive de Lavoie). — M. -Thérèse, b 8 déc. 1697; m 7 janv. 1722, à Jean-Bte Houde (Louis et Marie Lemay). — Antoine, b ^ 22 mai 1698. — M. -Anne, b 14 av. 1700; m 14 août 1719, à Simon Lemay (Charles et Louise Houde, de Sainte-Croix).

1716, (12 oct.')' Sainte-Anne.

L RICHER, Pierre, s 3 nov. 1755. Pierre L

1° HÉBERT, Marguerite, b 1692; s 14 fév. 1723. Issus: Françoise, h 1718 ; m 17 fév. 1744, à Jean-Louis Maniel

dans le cimetière de cette paroisse de Sainte-Anne, près Batiscan, le corps de Dorothée Brassard, veuve de feu Pierre Richer-Laflèche, décédée en sa maison, en notre dite paroisse, après avoir reçu avec piété tous les sacrements, étant âgée d'environ quatre-vingt-six ans, la cérémonie ayant été faite en présence de plusieurs des gens de Sainte-Anne et entre autres de Joseph Baril et de Pierre Baribeau, lesquels ont déclaré ne savoir signer, de ce enquis, suivant l'ordonnance, (signé) J. VovER, prêtre curé.

(Georges, conseiller du département de Metz, et Françoise Gaiimé, de Sainte-Croix, de Metz, Lorraine). — M.- Genevicve, b i8 mai 1719. — Pierre, b i juin 1721 ;, 1° m 27 oct. 1749, à M. -Charlotte Normandeau-Deslauriers (Pierre et Marguerite Rancour, et veuve de Charles Tousignant-Lapointe) ; 2° m 27 janv. 1772, à M.-Josephte Trudeau (Toussaint et Michelle Dubuc, et veuve de Joseph-Pascal Thuot, de Saint-Denis-sur-Richelieu), à Longueuil. — Joseph, b 13 fév. 1723; m 22 janv. 1753, à Marguerite Lupien-Bélair (Jacques et Geneviève Petit- Bruneau), à Maskinongé (i). — Frs-Xavier, b 13 fév. 1723; m 7 fév. 1752, à Marguerite Cadot (f René et M.-Louise Proteau).

2° HameIv, M.-Charlotte, b 1690; m 1725; s 24 déc. 1750. lssvLS,:M. -Louise, b 31 aoiit et s 7 sept. 1726. — Charles, b 11 janv. 1729; m ^ 28 sept. 1761, à M.-Geneviève Maheux (Pierre et M. -Antoinette Guèvremont) ; s ^ 30 nov. 181 1. — M.-Charlotte, b i déc. 1730; m 20 janv. 1755, à Etienne Bronsard-Langevin (Etienne et M^-Madeleine Papleau-Perigny. — Ls-Xoachinv b 7 pet. 1732 ; s 29 nov. 1750. — Jean-Bte, h 28 oct. 1734. — Ls- Antoine, h 8 sept. 1736; m ^ 28 sept. 1761, à M.-Elisabeth Maheux (Pierre et M. -Antoinette Guèvremont).

1714, Sainte-Anne.

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