I.'EGI,I5S ACTUEI^I^E DE SAINTE-ANNE-DE-I.A-PÉRADE
iif heures du matin, une secousse de tremblement de terre excessivement forte qui dura environ une couple de minutes. Les oscillations allaient du nord au sud. Elles furent assez fortes pour détacher du haut de la colonne du sud, colonne qui supporte le portique de l'église, un morceau de pierre de taille travaillée en pointe, de deux pieds de hauteur sur une base de un pied et demi de larg-eur et le lancer à une distance de cinquante et un pieds dans la direction du sud.
— En 1865, forte inondation du fleuve St-Laurent. Le mercredi saint, 12 avril, l'eau entrait dans la vieille église, entourait le vieux presbytère et s'élevait jusqu'au pied des marches du perron de l'église actuelle.. Note — Voir inondation de 1896.
Anciens curés — 'MM. Nicolas Deleuze, 1693-1712; Chs-J.-B. Rajeot-Morin, 1713-1714; Jacques Bizard, 1714- 17; Jean-Bte Arnaud, 1717-1720; Jacques Lesclache, T720-1722; Joseph Voyer, 1722-1742; François Rouillard, 1742-1760; Jacques Hingan, 1760; Ls-Michel Guay, 1760-1784; Pierre Huot, 1784; Jos. -Marie Morin, 1784- 1821 ; Claude Gauvreau, 1821-1822; Joseph Moll, 1822- 1828; Marc Chauvin, 1828-1840; Marc-Michel Brien- Durocher, 1840-18^2 ; Ls-Edouard-Adolphe Dupuis, 18^2- 1882; Jos.-Théoohile Sicard de Carufel, 1882-1884; Benjamin-Cvrille Bochet, 1884- looo; Jos.-Télesphore Richer-Laflèche, 1900, curé actuel.
Anciens vicaires — T. Larouche, 1846-1847; T. Aubert de Gaspé, 1847-1849; Léandre Gill, 1849-1851 ; Ovide Brunet, 185 1 ; Narcisse Pelletier, 1851-1852; A.- T. Lacoursière, 1855-1857; N.-E. Ricard, 1857-1858; N. Larue, 1858-1859; Arthur Sicard de Carufel, 1859-1861 ; Jean-Baptiste Leclair, 1861-1862; Majorique Marchand, 1862-1863; Octave Lépine. 1863-1864; Onés. Bellecourt, 1864-1866; Amable Charest, 1866-1868; Pierre-H. Marchand, 1868; P.-A. RoberR-e, 1868-1869; Isidore Beland, 1869-1870; Jean-Baptiste Leclair, 1870- 187 1 ; Napoléon
Caron, 1871 ; E. Nobert, 1871-1873; Denis Gérin, 1873; Hercule Trottier, 1873-1875 ; F.-E. Connollv, 1873-1875; P.-O. Landry, 1875-1876; Désiré Houde, ' 1878 ; l^héophile Lemire, 1878-1881 ; Félix Beaudet, 1881-1882; Prudent Proulx, 1882-1886; L.-O. Tri^anne, 1886; Noé Villeneuve, 1886; Athanase Biron, 1886-1887; Ernest Béland, 1887; Auguste Gouin, 1887-1888; Joseph Perron, 1888-1891 ; Honoré Lacerte, 1891-1893; Honoré Brousseau, 1893-1897; A. Lamy, 1897-1898; Henri Gouin, 1898-1899; Ovide Baribault, 1899-1900; Hormisdas Trudel, 1900-1902; Joachim Caron, 1902,1903; Côme Carbonneau, 1903, vicaire actuel.
— Le 2S mai 1880 eut lieu, à Sainte-Anne, l'ordination de M. l'abbé Tos. -Antoine-Edouard Richer-Laflèche, curé actuel de Saint-Paulin, comté de Maskinongé, par Mgr L.-F. Richer-Laflèche, et. le 16 aoiît 1891, MM. les abbés Gaudiose Laquerre, curé actuel de Saint-Charles-de-Mandeville, et Ernest Poirier y reçurent aussi l'onction sacerdotale des mains du même évêque.
— Le 19 aoijt 1891 eut lieu, sous la présidence de l'honorable M. Honoré Mercier, seigneur de Tourouvre et alors premier ministre de la province, la distribution solennelle des médailles bcne merenti aux zouaves canadiens pontificaux. Ce fut une fête grandose, par le grand nombre de personnages distingués, tant religieux que laïques, qui y prirent part.
— Le 9 juillet 1893, eut lieu, dans l'église, l'inauguration du corps de Saint- Vincent et d'une statue de Saint- Pierre, en même temps que la bénédiction du calvaire du bas de Sainte-Anne.
— Le 22 septembre 1895 se fit la bénédiction de la pierre angulaire du pont de fer actuel de Sainte-Anne, et la bénédiction solennelle de ce même pont terminé eut lieu le 27 mai 1897, par Mgr L.-F. Richer-Laflèche. Le journal "Le Trifluvien", a publié le compte-rendrt suivant de cette imposante cérémonie :
Comme nos lecteurs le savent, Sa Grandeur Mgr Laflèche est allé, jeudi dernier, à Sainte- Anne-de-Ia-Pérade, pour y bénir le nouveau pont jeté sur la rivière
Sainte- Anne. Nous avons déjà noté cet événement, mais nous allons donner aujourd hui, à ce propos, de plus amples détails.
Le pont actuel est le quatrième qui ait été établi sur cette rivière. Le dernier a été rompu par les débris que charroyait la rivière au lendemain de la catastrophe célèbre de Saint-Alban. Ces débris s'accumulèrent sur les piliers jusqu'à ce que l'un d'eux succomba et se brisa faisant crouler deux arches du pont. C'était le 28 avril 1894 et ce pont datait de 1862. Il avait été construit par M. Normand, père de notre concitoyen M. T.-E. Normand, député.
Le pont nouveau se compose de trois arches de 210 pieds chacune, ce qui fait un ensemble c-e 630 pieds. Il est en fer. La construction en a été commencée au mois de juillet 1895 et il devait être livré au public au mois de novembre de la même année, mais des difficultés imprévues obligèrent les entrepreneurs à retarder cette livraison jusqu'au mois d'avril dernier, M. Georges Beaucage, de Saint-Alban, comté de Portneuf, était chargé des travaux de maçonnerie, et M. Antoine Rousseau, de Montréal, de la charpente métallique. Le travail a été fait sous la surveillance de M. L.-A. Vallée, ingénieur du gouvernement provincial. Le coût total du poui est de $16,000 sur lesquels le gouvernement provincial a lourni $9,500, et la municipalité de Sainte-Anne-de-la-Pérade, le reste. Ajoutons que sa largeur est de dix-huit pieds, et qu'il est bâti en face de l'Eglise.
Jeudi matin, les drapeaux flottaient partout au vent dans le village de Sainte- Anne ; la belle et vaste église était splendidement décorée et le pont lui-même était pavoisé d'une multitude de drapeaux, au milieu desquels se remarquaient trois grands étendards aux couleurs pontificales. Enfin, c'était, et avec raison, jour de fête pour cette paroisse.
La messe de l'Ascension fut célébrée par M. le chanoine P)éland, chancelier du diocèse, qui accompagnait Sa Grandeur. Mgr Laflèche était au Trône, assisté de M. le chanoine Bochet, curé de la paroisse, et de M. l'abbé
Ed. R.-Laflèche. Il y eut de très beau chant et de très belle musique. Le choeur chanta la messe du second ton, sous la direction de Mlle Laura Marcotte, avec accompagnement d'harmonium par M. Firmin St-Arnault. Il fut aussi chanté un certain nombre de beaux cantiques, accompagnés par Mlle Marcotte.
La bénédiction du pont eut lieu immédiatement après la messe, en présence d'une grande foule. En quittant l'autel, le clergé a chanté le psaume Nist Dominus aediûcaverit domum, puis à la tête du pont, Sa Grandeur a récité les prières de la bénédiction. Ensuite, le clergé et les chantres, ayant à leur tête le vénérable prélat, ont traversé tout le pont chantant en allant le psaume Miserere et, en revenant, le cantique d'actions de grâces, T^ Deum, pendant que Sa Grandeur aspergeait la construction nouvelle.
Mgr Laflèche a prononcé à cette occasion un discours magnifique, et dont les citoyens de Sainte-Anne garderont le souvenir. Nous regrettons beaucoup de ne pouvoir donner que des notes très incomplètes sur cette pièce d'éloquence. Après avoir lu l'Evangile du jour et fait quelques commentaires sur la fête que l'Eglise célébrait ce jour-là, Monseigneur exposa l'importance sociale du pont, qui sert à relier les hommes ensemble, à faciliter les communications, les échanges et par conséquent la marche de la civilisation. Il dit que c'est pourquoi les hommes ont, de tout temps, accordé une grande importance à la construction des ponts, et donne ensuite l'explication du mot pontife, qui vient de pont. Le premier, dit-il, qui relia les deux rives du Tibre par l'une de ces constructions, fut un prêtre païen, Suplicius, et la reconnaissance du peuple lui donna le nom de faiseur de ponts, pontife, pontifex. Ce nom se transmit d'âge en âge, et ce fut là l'origine du titre que portait le chef religieux de l'empire romain : sumnius pontifex. Les chrétiens donnèrent aussi ce titre à leurs chefs spirituels, et voilà pourquoi nous appelons le Pape, Souverain Pontife, et nos évêques pontifes. Et ce mot est très bien choisi, car le Pape est, en réalité, le pont qui relie la terre au ciel,
comme chaque évêque est le pont qui relie son diocèse à la céleste patrie.
L'évêc[ue rappela ensuite que jusqu au moyen-âge, personne, ni les romains que rien n'épouvantait, ni le grand empereur Charlemagne, n'avait pu construire un pont sur le Rhône, en face d'Avignon, (où cette rivière mesure dix-huit cents pieds de largeur) à cause de la rapidité de son courant, et il dit la merveilleuse histoire de Bénézet, ce petit berger de douze ans, malingre et chétif, que Notre-Seigneur Jésus-Christ chargea de construire un pont à cet endroit et qui y réussit, gagnant l'aide du peuple par ses miracles. Pour préparer ses auditeurs à ces merveilleux récits, il leur avait raconté comment, en ce siècle de sciences physiques et d'incrédulité, la Vierge parla à de pauvres enfants et comment, sur la parole de ces enfants, de magnifiques cathédrales s'élevèrent à Lourdes et à la Salette, et d'iiimienses pèlerinages s'établirent. Et ces grandes démonstrations religieuses sont une magnifique réponse de Dieu aux incrédules qui croyaient en avoir fini avec la foi du peuple.
A la fin de son discours, Monseigneur rappela les malheurs qui ont visité la paroisse de Sainte-Anne en ces dernières années et leur dit comment ici-bas rieii n'arrive par suite du hasard, que la Providence dirige tout et a son but en tout. Quelquefois, ces malheurs sont envoyés ipour éprouver les âmes justes, comme hier à Paris, comme autrefois pour le saint homme Job; d'autrefois, c'est pour punir. Si les citoyens de Sainte-Anne peuvent se mettre la main sur la conscience et se dire qu'ils n'ont rien fait pour mériter ces châtiments, il les en félicite ; mais eux savent bien quelle division a existé dans la paroisse, quel manque de respect envers l'autorité religieuse ils ont commis.
Et il- termine par un appel à l'union, symbolisée par ce pont, à l'union qui fait la force.
Ce sermon fit une grande impression sur la foule.
Monseieneur Laflèche revint aux Trois-Rivières le même jour. Une grande foule se rendit à la p^are pour
assister à son départ, comme d'ailleurs eue était venue au-devant de lui, à son arrivée, la veille au soir.
La vieille église et ses cloches — Sur la vieille égalise de Sainte-Anne, il y avait deux cloches, la plus petite a été donnée au collège des Frères du Sacré-Coeur ; elle sert, actuellement, à indiquer les exercices de la communauté .
La grosse cloche a été placée sur l'église actuelle, dans la tour voisine du presbytère. Cette dernière cloche, du poids de 678 livres, a été jadis bénite solennellement, le 21 janvier 1830, par M. î'abbé F.-X. Côté, curé de Sainte-Geneviève-de-Batiscan et nommée Marie-Anne- Augushne, par sieur Augustin Trudel et dame Luce Trudel, épouse de sieur Casimir Dury, notaire. Furent présents : Moll, curé des Grondines, Loranger, curé de Champlain et Batiscan, Pépin, curé de Saint-Pierre-les-Becquets et Saint-Jean-Deschaillons, et Chauvin, curé de Sainte- Anne.
— On a commencé à chauffer, dans la vieille église de Sainte-Anne, le ler janvier 1842. Avant cette date, il n'y avait pas de poêle dans l'église. Ce détail est assez curieux, et vaut la peine d'être cité.
— Le 7 novembre 1897, eut lieu la bénédiction de la Croix de la montée d'Enseigne.
— En octobre 1900, au milieu de toute la population réunie fut prêchée, dans l'église de Sainte-Anne, une grande retraite par les RR.PP. Allard, Bischoff, Wittebolle et Gêna.
— Le 25 septembre 1857, M. le grand-vicaire L.-F. Laflèche, préside aux funérailles de Geneviève Baribeau, épouse de feu Michel Bureau, et, le 25 aoiit 1861, à celles de Marguerite Tessier, épouse de feu Pierre Perreault, de cette paroisse.
— Le 9 mai 1871, Mer Laflèche préside aux funérailles de sa soeur Lléonore, épouse de Uldoric .^ Lanouette ; le 9 juin 1875, à celles de son frère François- Augustin ; le 9 octobre 1885, à celles de sa soeur Marie- Anne, épouse de Antoine Charest; le 10 février 1887, à celles de sa belle-soeur Marie-des-Neiges Charest, épou-
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se de feu François-Augustin Richer-Laflèche ; le 20 novembre 1890, à celles de son beau-frère, Uldoric Lanouette; le 4 janvier 1892, à celles de son ami Pierre Le- Boeuf, maître-chante pendant 60 ans; et, le 8 juillet 1893, à celles de Messire L.-E.-Adolphe Dupuis, ancien curé de Sainte-Anne,
— Le 8 mars 1867, à Sainte-Anne, Mgr Laflèche a baptisé Marie-Philomène, fille de Louis Leduc, journalier, et de Aurélie Lefèvre. Parrain et marraine : Antoine Laflèche et sa femme. Ce fut le premier baptême fait par Sa Grandeur, après sa consécration épiscopale.
Incendie du vieux presbytère — Le vieux presbytère a été incendié le 8 février 1875, lundi gras, alors que M. le curé Dupuis était absent, en visite chez son confrère et ami, M. l'abbé Jean Prince, curé de Saint-Maurice. Le vent était nord-est. Le feu a origine dans la salle publique, en bas. Ce matin-là M. l'ablDé Hercule Trottier, vivaire, était occupé à célébrer trois mariages, savoir: 1° Ferdinand Germain et Marie-Delvina Laflèche ; 2° Venant Ilamelin et Marie-Anna Perrault; 3" Eugène Lacoursière et Marie-Augustine-Exilda Tessier.
Inondation de 1896 — En 1896, eut lieu la plus grande inondation du fleuve Saint-Laurent. Le mardi, 14 avril, il y avait un pied d'eau sur le plancher du soubassement du presbytère actuel de Sainte-Anne. On pouvait suivre, en canot, le chemin du roi, à partir du village de Champlain, traverser tout Batiscan et tout Sainte-Anne jusqu'à l'église des Grondines. Dans l'église de Batiscan l'eau s'élevait jusqu'à la hauteur des bancs et, au presbytère, elle atteignait le plancher de bas du premier étage. La Saint-Jean-Baptiste à Sainte-Anne., en 1902 — On lisait dans "La Presse" du temps :
La fête mémorable qui a été célébrée lundi dernier restera longtemps dans le souvenir du peuple de Sainte- Anne-de-la-Pérade, et dans les annales de son histoire.
La journée de la Saint-Tean-Baptiste s'annonça par un temns superbe. Le soleil était éclatant et le temps frais. C'était la température la plus favorable que l'on pouvait souhaiter. Celle du jour précédent ne l'avait au-
cunement fait prévoir et avait fait même redouter tout le contraire. La surprise n'en fut que plus grande.
A huit heures précises ,tout le monde entra au son des cloches dans l'église paroissiale qui, pour la circonstance, avait revêtu des ornements de la plus grande richesse.
L'autel était étincelant de lumière et d'or.
Des banderoles tricolores couvraient la voiîte de la vaste église, tandis que la nef disparaissait sous une forêt de jeunes érables émaillés d'oriflammes et de petits drapeaux aux couleurs variées.
Au milieu du choeur, sur un trône spécial et richement décoré, était assis le petit Saint-Jean-Baptiste. C'était un jeune enfant, d'une beauté ravissante, vêtu de la toison d'un agneau. Il est âgé de cinq ans et a nom François Beaudry. Il tenait à la main droite une petite hampe au bout de laquelle se trouvaient écrits sur un oriflamme les mots : Bcce Agniis Dei.
Bientôt le saint sacrifice de la messe commença.
Le choeur puissant de la société Sainte-Cécile a chanté d'une manière admirable la messe du second ton harmonisée.
Après l'évangile, M. l'abbé Dusablon, du séminaire des Trois-Rivières, monta en chaire et fit un éloquent panégyrique du saint patron de la race canadienne-française et ouvrit la voie aux autres orateurs qui ont pris la parole, sur la place publique, au retour de la procession.
La quête fut faite par MM. P.-G. Beaudry, N.P., Jos. Marcotte, J.-E. Lanouette et Dr Marcotte, accompagnés respe,ctive>n£nt de Mesdames G. Lacoursiàre, G.-T. Paradis, Dr Marcotte et J.-E. Lanouette.
L'office divin terminé, la procession qui s'était formée sur la Place du C.P.R., se mit à défiler.
Tous les chars allégoriques étaient admirablement décorés.
Les rues ornées de verdure étaient encombrées d'une foule immense venue de toutes les paroisses environnantes. De distance en distance, la procession passait sous des arcades élevées pour la circonstance.
Au retour de la procession sur la place publique, la foule s'y porta en masse et les discours commencèrent.
Plusieurs orateurs firent d'heureuses improvisations écloses sous le soufle patriotique canadien.
Dans l'après-midi, il y eut de magnifiques courses au trot et au galop et autres amusements sur les terrains de l'Exposition, où tout Sainte-Anne était convié.
Le soir, il y eut concert en plein air et le tout s'est terminé par un beau feu d'artifice qui a été le "Bonsoir" de la Société Saint-Jean-Baptiste de Sainte-Anne-de-la- Pérade au peuple canadien-français.
Concert sacré à Saintc-Annc, en 1906 — "La Patrie" , ù la date du 5 août, publiait les lignes suivantes :
Dimanche, le 5 août, à l'église de Sainte- Anne-de-la- Pérade, avait lieu un grand concert sacré, donné par les membres de l'Union Chorale Sarto, formée des demoiselles de cette paroisse.
Voici le programme qui fut exécuté :
Orgue — Marche SolennellCj Al. Guilmant; Tombée du jour, choeur, Jouret ; clarinette, Faust, Gounod ; Galba — quartette, Gounod ; orgue, Scherzo en ré, Widor ; Orage et Prière, choeur, Trojelli; Pater in manus tuas, quartette, Th. Dubois ; Musique, parfum et prière, duo, Jouret ; Clarinette, Délecta, Rollinson ; Au bruit des armes, trio, Coucone ; Orgue, Elégie, Ch. Lemaigre ; Les croisés devant Jérusalem, J.-R.-D. Lannoy ; Sortie, grand choeur. Th. Dubois.
Ce programme artistique a été exécuté d'une manière tout à fait impeccable. Sous le bâton magique du distingué directeur, M. l'abbé Joseph Paquin, ex-maître de chapelle au Séminaire de St-Sulpice, à Montréal, l'Union Chorale Sarto, dont il est le fondateur, a enlevé chaque pièce avec un ensemble et un brio tout à fait digne d'éloges.
La pièce "Orage et Prière", a été surtout appréciée et goûtée. Dans son solo de la "Prière", Mme T. Carie, s'est particulièrement distinguée.
"La tombée du jour", "Gallia", "Pater", "Au bruit
des armes", "Les Croisés", qui sont autant de chefsd'oeuvre ont été enlevés avec chaleur.
Nous ne pouvons passer sous silence notre jeune clarinettiste M. Real Gravel, qui a su nous charmer par son jeu brillant et sûr. Nous n'avons plus à faire l'éloge de M. A. J. Young le brillant ténor dont la réputation est faite. Inutile d'ajouter que la partie musicale a été tout de science et de virtuosité. M. Z. Faquin était à l'orgue; c'est là tout dire.
Ce concert, dont on garde un gai souvenir et qui réveille en nous les goûts musicaux, était sous le patronage distingué de M. le chanoine J.-T. R.-Laflèche, curé de la paroisse.
Inauguration d'orgue à Sainte-Anne, le 12 janvier igo2 — Le journal "Le Trifluvien'' , des Trois-Rivières, a publié le rapport suivant, sur cette belle cérémonie :
La foule se pressait compacte, attentive et respectueuse, dimanche soir, en l'église de Sainte-Anne-de-la- Pérade : car c'était un événement tout à fait artistique que cette inauguration d'orgue.
Le programme a été suivi en entier et intégralement.
La bénédiction de l'orgue a été chantée par Mgr Richard, Protonotaire Apostolique ,assisté de MM. les Chanoines Pierre Marchand et Charles P)ellemare, et admirablement secondé par le choeur des élèves des Frères du Sacré-Coeur.
Dans la matinée, Mgr avait officié pontificalement.
M. Jos.-Dan. Dusseault, organiste à l'église Notre- Dame, Montréal, a prouvé au public que la réputation qu'on lui a faite n'était point surfaite ; il a magistralement exécuté les pièces qui étaient au programme. Deux heures durant, il a fait valoir ce superbe instrument et en a clairement démontré toutes les belles ressources.
C-et orgue a 30 registres parlants distribués sur trois claviers, mais avec les accouplements le nombre des registres se trouve porté à 40. Il y a en tout près de 2000 tuvaux de toutes dimensions, le plus gros étant de 16 pieds.
Comme charpente, c'est une masse imposante qui sied bien à l'église de Sainte-Anne.
Le R. P. Allard, rédemptoriste, a prononcé avec toute l'éloquence qu'on lui connaît, un chef-d'oeuvre d'allocution circonstantielle. Une fois de plus, il s'est révélé philosophe profond, littérateur agréable, poète harmonieux et orateur distingué. Somme toute : magnifique soirée littéraire, musicale et religieuse.
Paroisse de Champlain — Deux prêtres, dont le nom est connu, ont fait les fonctions curiales à Champlain, avant François Dupré, qui en était curé en 1679.
1° Nicolas Goblet, comme le prouve l'extrait^ de baptême suivant trouvé dans les minutes du notaire Danré de Blanzy : "Extrait des registres des baptêmes faits en la paroisse de la Visitation de Champlain, le quatrième jour de mars mil six cent soixante-neuf (i66g) l'e, Nicolas Goblet, prestre faisant fonction de curé à Champlain av baptisé Marie-Madeleine, fille de François Chorel dit St-Romain et dame Anbuchon, sa femme; née d'aujourd'huy, ses parain et maraine ont esté Pierre Dysi et Marie-Madeleine Hertel, femme de sieur Louis Pinard. Je soussigné prêtre missionnaire de la Visitation de Champlain, certifie que le dit acte est conforme à l'original, à Champlain, ce 11 aoiit ly^^i-
BOIMOREL MORISSEAUX, Ptre."
2° Germain Morin. Au contrat de mariage de Jean Jalot, avec Marie-Antoinette Chouart, passé à Champlain, le 13 novembre 1677, devant Adhémar, était présent Messire Morin, prêtre, faisant les fonctions curiales au dit Champlain.
Nicolas Goblet, arrivé le 2 aoiît 1668, partit le 6 octobre 1680. De 1678 à 1680, il a du exercer son ministère ailleurs.
François Chorel Dorvillier, sieur de St-Romain, établi à Champlain, s'"st marié le 27 novembre 1663, à Trois-Rivières ; sa fielle, Anne-Charlotte, v a reçu le baptême, le 15 décembre 1664. Les autres enfants de Chorel ont été baptisés à Champlain, Edmond en 1666, par le prédécesseur de Nicolas Goblet.
La paroisse de Champlain, fondée vers 1665, aurait eu, au moins trois curés ou missionnaires avant François Dupré.